Nous ne reviendrons pas tout de suite sur le cas Aulnay sous Bois (laissons les élections passer) et prenons le direction de la Bretagne et plus particulièrement le site de Rennes La Janais en Ille et Vilaine. D’après plusieurs sources mais aussi sites économiques, c’est ce site qui pourrait à terme être menacé par les effets de l’alliance PSA-GM qui vise à rationaliser, simplifier et harmoniser les chaines de production et les gammes de produits à venir.

Selon des sources internes et syndicales, la troisième génération de C5 qui était attendue pour fin 2015 ou courant 2016 est décalée d’un année au moins (certains parlent même de 18 mois) et les syndicats commencent à être inquiet au sujet de l’avenir du site industriel bretons qui emploie, je le rappelle, près de 5.900 personnes et qui est un des gros employeurs directs et indirects de Bretagne. Oui on est inquiet sur le site au sujet de l’avenir de la production locale. Si la C5 poursuit sa carrière à un train de quasi sénateur (ventes françaises : 26.019 ex en 2011, 27.932 ex en 2010, 32.032 en 2009), la récente Peugeot 508 déçoit vraiment la direction du groupe par ses résultats inférieurs aux prévisions (28.513 ex vendus en France en 2011) tant en France où elle ne décroche pas franchement les C5 et Laguna/Latitude et on ne parle pas des ventes à l’exportation. Quant à la C6, c’est une production quasi artisanale qui fait que les volumes très faibles (619 ventes en 2011 en France) n’ont dans l’absolu pas d’influence sensible sur le devenir du site. On apprend ainsi que la 508 ne sera remplacée que pour les millésime 2019 ou 2020 ce qui nous laisse le tente de venir et de voir de quoi sera fait PSA dans 8 ans (une période d’une longueur inimaginable en économie et finance quand on sait qu’il n’y a actuellement et du fait du système aucune visibilité au delà de 6-9 mois). On sait aussi que le site de Bretagne collectionne depuis plusieurs mois les jours chômés et on sait qu’il y en aura 6 en mai et 8 en juin avant de passer à ceux de l’été prochain.

Mais  sachez aussi qu’en vertu de l’accord capitalistique entre les deux groupes, le projet X8 (C5 Mk3 et 509), les futures grandes Citroën et Peugeot devraient délaisser la plateforme française « BVH2 prime » (adieu hybdraulique) pour profiter d’une plateforme GM dérivée de celle de l’Insignia actuelle (Epsilon III ? ). Ce n’est pas tout puisque ces grandes berlines du groupe ne devraient plus être produites en France mais en Allemagne dans une usine Opel…

Si les syndicats s’inquiètent, à juste titre, du devenir du site breton mais du coté de Philippe Varin et de la direction de PSA on se veut plus rassurant en expliquant que si Rennes perd la production des grandes berlines du groupe, le site pourrait accueillir la production de voitures de type citadines et/ou compactes pour Peugeot-Citroën mais aussi Opel (si PSA produit des citadines à Rennes, ça veut quasiment dire qu’Aulnay est déjà condamné). Ainsi à l’avenir on pourrait s’orienter vers une production française et PSA faite de petites voitures et de compactes alors que chez Opel, on retrouverait un peu la même chose plus les autres gammes disponibles aux catalogues des constructeurs. Malgré cette annonce qui se veut sécurisante, les doutes subsistent réellement et les syndicats craignent tout de même à moyen terme un fermeture du site et font savoir que les 4 ans à venir vont être longs. N’oublions pas que chez PSA, Aulnay est condamné tout comme pourraient l’être les sites de Madrid et Sevelnord dans les prochaines années (nous reparlerons de Sevelnord et du retour de la rumeur Toy’). On devine aussi qu’à l’avenir les petites voitures produites par GM-PSA seront développées autour de plateformes françaises et les autres modèles autour des plateformes Opel/GM.

Nous en saurons plus dans quelques mois, lorsque les groupes de travail communs mis en place par PSA et GM rendront en fin d’année leurs premiers arbitrages dans l’affaire du « qui fait quoi et où ? ». A cette période nous y verrons un peu plus clair au sujet de l’avenir des sites industriels PSA en France mais aussi en Espagne. Toutefois on peut avoir des craintes et ce malgré la non évolution de la présence de GM au capital durant les 10 prochaines années comme le prévoit l’accord de février 2012. Chez GM, on a souvent su mettre la main sur d’autres constructeurs et on sait tous ce qu’il en est advenu à moyen ou long terme. Il nous faut désormais attendre 2016 avant de voir sur nos routes et en concessions les premiers effets de cette nouvelle symbiose industrielle.

Via Boursier.com, LeFigaro.