Toutes les marques possèdent une voiture exposant leur savoir-faire technologique et technique, et Audi fait de son nouveau Q7 sa vitrine. Après une journée passée à son bord, voici mes impressions…

 

8h00 du mat’, la tête dans les choux, je me rends au point de rendez-vous pour enfin contempler ce nouveau Q7. Je dois l’avouer, sur les photos officielles d’Audi, l’extase était loin d’être à son paroxysme, et au premier coup d’œil, rien n’a changé. Si son design est bien plus anguleux et prononcé que la précédente génération, il est tout aussi spécial… Et encore, je trouve le mot assez faible. Rien ne me choque sur ce Q7, comme les feux arrière qui me laissent une vague impression de déjà-vu. Un cul banal en somme. Rapide tour des véhicules : blanc, gris ou marron, les couleurs sont basiques, dommage. Un petit détail attire mon regard : l’inscription chromée « Quattro« , qui habille les portes, et est plutôt agréable à regarder en apportant un aspect dynamique à la caisse.

Je continue mon tour et m’attarde sur l’élément qui me rebutait, celui qui m’empêchait de me laisser séduire par le nouveau design de la gamme des Q : La calandre Singleframe. Quand je la regarde, j’ai l’impression de voir un… museau de renard, une analyse purement personnelle, mais le ressenti d’un museau en relief affinant la silhouette est constante. J’espere ne pas être malade… À première vue, rien de très perturbant sur ce Q7 : les anti-brouillards ont disparu au profit de caméras/capteurs pour les systèmes technologiques. Quant aux phares, un « bête » rectangle on ne peut plus classique est proposé en Matrix LED, Xénon Plus ou LED.

Je continue mon tour des modèles en me demandant lequel j’allais choisir pour la première partie de la journée. J’avais comme critère de sélection le système audio Bang & Olufsen, mais malheureusement aucune voiture n’en était dotée. Dommage, je me contenterai de Bose. Tous les Q7 proposés étaient dotés du V6 TDI de 272 chevaux. Le staff nous donne les informations complémentaires avant de commencer notre virée, et nous incite à choisir des modèles possédant le fameux Virtual Cockpit…

C’est parti ! Je monte à bord du brun argus métal doté de la finition S-line, et bien entendu du Virtual Cockpit. La planche de bord est très accueillante et apporte de la chaleur à l’ambience grise proposée par le thème S-line. La qualité d’assemblage semble irréprochable, et j’ai hate de voir où le Q7 va pêcher. Bref, je pars à la chasse aux défauts ! La première partie du voyage se fait en tant que passager…

Me voilà passager pour la première partie du voyage et, confortablement installé, j’ajuste les nombreux réglages électroniques proposés de part et d’autre des sièges : allongement de l’assise pour les « grandes jambes » ou encore position du dossier au niveau des lombaires. Ces réglages apparaissent sur l‘écran de la console centrale afin de savoir quel mode choisir. Dans le second véhicules essayé, les sièges étaient dotés d’un ajustement du maintien des hanches et même d’un mode de massage programmable à souhait. Les fesses peuvent toutes aussi bien être chauffées comme rafraîchies, très agréable en ces températures élevées. Le toit panoramique, lui, nous laisse profiter de l’air parisien puis rural…

L’apport de luminosité est appréciable et l’impression d’espace infini à bord de cette Q est un plaisir pour le passager. Quant à l’ergonomie, le co-pilote n’aura aucun mal à accéder aux commandes du GPS, en paramétrant la destination grâce au pad tactile. Il est bien sûr possible de brancher son téléphone par le biais d’une prise USB, alors que l’arrivée de CarPlay et d’Android Auto se fera courant juillet, accompagné de la charge par induction pour les appareils compatibles. Si jusque là, le Q7 n’a pas fauté, il est un point où la voiture pêche : les rangements. La boite a gants offre un volume assez faiblard et une bouteille d’un litre n’y rentrerait pas. Un petit rangement est également disponible sous l’accoudoir central, de quoi y placer téléphone, boite de chewing-gum et quelques friandises. Les places arrière se révèlent elles assez confortables, et ce malgré une assise plutôt ferme. L’espace aux jambes est suffisant pour un adulte et, pour les versions 7 places, l’espace proposé par les sièges du coffre ne suffira qu’aux enfants.

Petite pause sur notre parcours et mon camarade me passe le volant… Premier étonnement, la souplesse de la direction : le baroudeur semble aussi léger qu’une Twingo, et les 2 tonnes paraissent s’estomper au moment où le moteur démarre. Une excellente surprise puisque je m’attendais a plus de résistance à son volant. Le poste de conduite offre lui une position semblable à ce qu’une berline peut proposer. Le V6 se révèle gourmand en gasoil, mais offre l’agrément qu’un 4 cylindres ne pourrait délivré, surtout en s’alliant a la boite Tiptronic 8 vitesses. En mode confort, le Q7 trace son chemin sans un bruit, ou presque. Si le V6 reste très silencieux, à partir de 130km/h, les bruits d’air et de roulement sont un brun plus présents. Mais, rien de bien méchant pour une voiture de ce gabarit…

Si l’autoroute est sans aucun doute le domaine de prédilection de ce 4×4 (vous avez dit « logique » ?), il est temps de le quitter afin de tester les performances du gros bébé d’Audi sur route.

Parmis toutes les aptitudes qu’offre le Q7, nous réglons manuellement les option en Dynamic : les suspensions s’abaissent alors et les passages de vitesse, tout comme l’acclérateur, sont encore plus réactifs. Première accélération, et l’on reste scotché au siège par une poussée de couple impressionnante lors du 0-70 km/h. Ensuite, le confort s’impose et le V6 continue de monter dans les tours de façon linéaire, au point où l’on se surprend de n’avoir plus aucune perception de prise de vitesse. Si une part de l’accélération peut être brutale, les reprises sont elles d’un « calme » olympien, le Q7 vous offre ainsi performance et confort. La tenue de route est bluffante pour son gabarit, et les courbes s’enchainent sans encombre, même si l’arriere à tendance à « flotter » quand la voiture est faiblement inclinée. Il faut dire que le Quattro et la direction intégrale ne sont pas de trop pour aider à cette bonne tenue de route. On s’étonne même a prendre du plaisir à le conduire sur les routes sinueuses, et même si son gabarit n’est pas son point fort, l’agilité dont Audi l’a dotée est plus qu’appréciable.

Si des prototypes sont quasi-prets pour bénéficier d’une conduite autonome, la loi ne permet pas leur utilisation. Cela n’empêche pas les constructeurs de doter leurs modèles de leur dernières trouvailles qui rendent la conduite plus « sereine » et sécuritaire, au détriment peut-être du plaisir de conduire. Embarquant de série le limiteur de vitesse Audi Pre Sense City, il faudra toutefois aligner les euros pour s’offrir la panoplie totale…

Pas besoin de vous faire un dessin, le régulateur adaptatif de vitesse est déjà présent sur le marché, mais là, couplé au Line Assist, il permet au Q7 d’être capable de se débrouiller seul sur autoroute. Bien entendu, il n’entreprendra aucun dépassement, mais dès l’activation du clignotant la voiture accélèrera seule pour se remettre à la vitesse initialement configurée. Cependant, si vos mains ne sont plus en contact avec le volant, le système vous demandera gentiment de lui accorder de l’attention. Conduire avec le Line Assist est honnêtement très perturbant : la voiture corrige votre trajectoire alors que vous pensiez être bien installé dans votre voie, et vous l’êtes, mais sentir le volant « forcer » à devier la trajectoire que l’on souhaitait initialement n’est pas vraiment agréable.

Personnellement, je me passerais de cette option, contrairement au régulateur adaptatif qui se trouve être très sécuritaire et intuitif. En plus de savoir conduire seul, le Q7 sait lire (enfin, que les chiffres, mais c’est déjà ça). Cette lecture intelligente va de pair avec le régulateur de vitesse, et selon les panneaux lus ainsi que les coordonnées GPS, il saura s’adapter automatiquement à la vitesse en vigueur. Le système n’est pas encore parfait mais a le mérite d’être prometteur…

L’assistant a la conduite « efficient » permet, sans que l’on puisse s’en rendre compte, au moteur de passer en roue libre lors de phases de décélération, pente et freinage afin d’économiser du carburant.

L’assistant remorque permet lui de stabiliser les… remorques et, grâce aux quatre roues motrice, corrige la trajectoire en cas de manoeuvre.

Audi Pre Sens permet à la voiture d’anticipe un freinage brutal, ou diffèrents obstacles pouvant survenir sur sa route. Pour vous, cher lecteur, je l’ai testé sans vraiment le vouloir ! Une voiture a freiné fort devant nous sans que le conducteur (je n’étais que passager) ne la voit ; un son sorti des haut-parleurs et un message sont alors apparus dans le Virtual Cockpit et notre premier réflexe a été de regarder le cockpit et non la route. Une fois le message compris, le conducteur a freine et a ressenti le fait que la pédale de frein fut beaucoup plus sensible et efficace.

Pour ce qui est des systèmes d’avertissement de sortie de véhicules, de stationnement ou d’ouverture des portières, le Q7 utilise ses capteurs afin d’analyser la situation et l’environnement dans lequel vous vous trouvez. Il vous émet des avertissements sonores en cas d’alerte et peut donc aussi freiner par elle-même. Lorsqu’on est en ville et que des piétons ou vélos surgissent, le système nous indique par une bande rouge lumineuse dans la portière si un obstacle est en approche.

On ne va pas se le cacher : le Q7 ne plaira pas a tout le monde. Au fur et à mesure du trajet, on s’habitue à son design et à ses lignes un peu grossières. D’autant plus que le plaisir ressenti au volant influe un peu sur la vision que l’on a de lui…

Si je dois résumer ? Ce Q7 est tout d’abord une grande surprise au niveau de sa conduite avec le fonctionnement synchrone du Quattro et des 4 roues directrices. L’utilisation de nouveaux matériaux l’ont même fait maigrir de 325 kg ! L’apport des nouvelles technologies, qui s’implanteront dans le monde auto dans les années à venir, ainsi que les moteurs encore plus respectueux de l’environnement (pour le V6 TDI 272 chevaux, le rejet de CO2 n’est que de 149g/km pour une conso’ moyenne un peu en dessous de 10 L en conduite dynamique) sont un vrai plus.

Parlons gros sous… « L’entrée de gamme » est affichée à 63 500 € ! La gamme s’étend sur quatre niveaux de finitions (Q7, S-Line, Ambition luxe et Avus) et culmine à plus de 90 000 euros. L’arrivée d’une motorisation HYBRID est prévue, tout comme un plus petit bloc de 218 chevaux et un SQ7, doté d’un gros diesel bien entendu…

Je remercie Audi France ainsi que l’équipe Double2 pour leur chaleureux accueil et l’organisation de la journée.