Alors que le patron de PSA réclame haut et fort une importante baisse du coût du travail (NDLA : ce qui, à mon avis,  ne changera rien à la situation), on découvre petit à petit le détail du plan Varin pour PSA. Je ne ferais pas de retour sur Aulnay ou Rennes mais nous allons regarder en direction des autres sites du groupe automobile.

Ainsi, on pprend que sur les 8000 suppressions de postes annoncées, le constructeur automobile envisage d’en supprimer quelques 702 sur le site de Poissy (Yvelines), 273 à Mulhouse et 93 en Moselle. Ces chiffres ont été divulgués à l’occasion de comités d’entreprise tenus vendredi matin et il s’agirait de départs volontaires. Michel Prost, secrétaire FO au CE explique que contrairement à Aulnay et Rennes où il s’agit d’un plan de sauvegarde de l’emploi, sur les autres sites dont Poissy, il s’agit d’un plan de redéploiement des compétences et des métiers basé sur le volontariat de chacun avec des mesures d’incitation au départ volontaire”. On apprend ainsi selon plusieurs sources syndicales qu’à Poissy sur les 702 suppressions de postes prévues sont concernés  :

446 ouvriers, 189 agents de maîtrise, 67 cadres

Toujours à Poissy, la la porte-parole de la direction ajoute qu’une baisse de la cadence sur la ligne de production de la 208 est prévue à l’horizon d’octobre 2012.

En Moselle, ce sont les deux sites de PSA qui sont concernés, à savoir l’usine de Tremery et celle de Metz Borny. Ainsi Tremery va perdre 52 emplois et Metz 42. Ces suppressions de poste qui se feront sur la base du volontariat touchent essentiellement la R&D, les services tertiaires et l’encadrement. La grande usine de Mulhouse est elle aussi concernée par un plan qui concerne 273 départs “volontaires” ou accompagnés hors service de production. Comme en Moselle ce plan n’est pas destiné aux services de production mais concerne les emplois de dits structures dans les services de R& et les services administratifs.

On notera que ces suppressions de postes sont essentiellement faites dans le cadre du volontariat et/ou de départs accompagnés et on pourrait se dire que c’est moins difficile ou moins brutal qu’à Aulnay ou Rennes mais hélas une note interne de la direction est sortie (en douce) il y a quelques minutes et l’AFP a pu se la procurer. Elle précise que la direction de PSA envisage de procéder à des licenciements si les départs volontaires ne sont pas assez nombreux ou si les contraintes sont trop importantes.

Enfin, sachez que le cours de l’action est en forte baisse de 7.65% dans un marché en hausse de  0.45% en début d’après midi. Pourtant ce matin sur une radio F.St Geours, directeur des marques du groupe automobile français expliquait que les principes de ce plan du groupe étaient “indispensables et nécessaires. Il poursuivait en disant : “Dans le plan, il faudra que nous discutions de la mise en oeuvre des mesures mais l’ensemble de ces décisions est indispensable quand on sait que le groupe PSA brûle quelques 200 millions d’euros de trésorerie chaque mois depuis une année.” J’ajouterais au passage que cette trésorerie perdue n’a toutefois pas empêché le paiement des dividendes, des bonus et primes en fin d’année 2011.

Enfin pour clore provisoirement le sujet, l’agence Moody’s annonce qu’elle songe très sérieusement à dégrader la note de PSA dans les prochains jours ou prochaines semaines, comme s’il était besoin d’en rajouter une couche ! PSA et le direction d’Aulnay viennent d’annoncer que la production avait cessé sur le site suite aux débrayages qui ont commencé en fin de matinée ce vendredi.

Via La Tribune, Boursier.com, LeFigaro, AFP.