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Oui, c’est encore une journée qui commençait difficilement avec cette question « ça te dirait de te joindre à un rallye client Audi Sport? Tu conduirais une Audi R8 et Antoine aurait la sienne. »

Le genre de trucs auxquels tu peux pas vraiment dire non sauf à être complètement idiot. 

Qu’est-ce que c’est un « Rallye client Audi Sport »?

C’est un événement / voyage organisé par Audi – comme le font d’autres marques – pour ses clients, conviés à venir avec leurs véhicules. Ici comme on est sous le badge « Audi Sport », il faut montrer patte blanche et posséder un véhicule de la gamme RS ou une R8.

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L’occasion parfaite pour les propriétaires de ces chouettes voitures d’en profiter au mieux, vous comprendrez mieux avec le programme:

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Petit point de détail : techniquement Antoine et moi ne possédons pas de R8. Ni d’Audi RS. Maiiiis la chance sourit à ceux qui se lavent tôt, se lèvent tot, prennent l’avion tôt. Bref : 14h, nous étions à l’aéroport Charles de Gaulle prêts à voler pour Marseille. Oui. Faisons comme si 14h c’était tôt.

Retour aux sources. La dernière fois que j’ai conduit une Audi R8  remonte à l’an deux mil dix. Autant dire qu’après 6 ans d’attente et surtout la nouvelle version de la bête, j’avais un peu le droit envie de mettre les mains sur la génération « moderne » du haut de gamme sport d’Audi.

Programme di-ff-ic-ile : quand la première ligne du programme est « Circuit du Castellet » et la dernière est « Mégève ». Donc mélange parfait : commencer par des tours de piste sur le légendaire Paul Ricard pour rallier la station de ski par les routes de montagne qui vont bien. Dur dur dur. Voilà rien que d’y penser j’en avais déjà marre bien envie.

Chapitre 1 – L’Hôtel du Castellet

Parfois on a l’impression d’essayer plus d’hôtels que de voiture. Et notre première étape commençait par une nuit à l’Hôtel du Castellet. Au milieu d’un parc de 12 hectares et juste à côté du circuit, compliqué de faire mieux. Suite à un dîner qui fut pour nous l’occasion de rencontrer les clients, tout le monde part pour une bonne nuit de sommeil avant d’attaquer la piste.

Très franchement je n’avais pas super envie de partir 😀

Chapitre 2 : Le circuit du Castellet

Certains disent de ce circuit qu’on y vit le monstre du Loch Ness ou qu’un jour sur deux on peut y croiser Cédric Pinatel quand il ne fait pas du convoyage pour Aston Martin.

Le « Paul Ricard » (du nom du fondateur du pastis .. Ricard) a déjà 46 ans et ne démérite pas en tant que circuit d’exception: de très belles installations entretenues aux petits oignions. Vous pouvez retrouver un bref historique du lieu ici.

Pour nous y rendre nous prenons « nos » Audi R8 qui dormaient sagement sur le parking de l’Hôtel. Comme tout animal sauvage, il faut y aller doucement au réveil.

La veille elles ont été soigneusement nettoyées et « stickées » aux couleurs de l’événement .. Tout le monde est prêt, « chaud bouillant » pour aller en démordre avec le circuit voisin.

Les 2 R8 amenées tout droit d’Allemagne nous attendent, placées sous la surveillance d’un allemand (un peu effrayant au début mais qui s’est révélé super sympa..  je comprends sa vigilance quand il voit arriver 2 petits jeunes et qu’il doit leur confier à chacun des voitures à environ 210 000 euros). Antoine et moi prenons possession des petites merveilles qu’on nous a confié.

Après ces quelques kilomètres jusqu’au Paul Ricard nous devons déjà les laisser au parking car nos deux voitures n’iront pas sur le circuit pour des questions d’assurance. Fort heureusement il y a sur place d’autres R8.. et pas que.

Mon petit plaisir : voir le sourire de certains clients qui – mis entre les mains expertes des pilotes instructeurs d’Oreca – peuvent découvrir les joies du pilotage sur piste dans les conditions les meilleures. Le tout au volant de leurs véhicules mais aussi avec la possibilité d’essayer d’autres modèles de la gamme RS/R.

De mon côté j’ai pu faire un (en fait.. plusieurs) tours en R8 aux côtés d’Arnaud. Les pneus de sa voiture ont un peu souffert d’une conduite très « glisse » avec l’ESP désactivé 😀

Suite des opérations, j’embarque dans une RS 3 Sportback pour faire 2 tours de circuit. C’est bien mais frustrant puisqu’on a à peine le temps de prendre ses marques. Et puis d’avoir été dans la R8 juste avant rend tout beaucoup plus calme même si la RS3 et ses 367 chevaux ne sont pas ridicules, les 610 chevaux de la R8 « Plus » , le 0 à 100 en 3,2 s . . impressionnent.

Ce qui tombe bien c’est qu’après avoir roulé nous même nous avons eu le droit à un baptême en R8 par les instructeurs Oreca qui – il faut l’avouer – ont un meilleur coup de volant que nous :

La R8 – qui – depuis sa nouvelle version – a perdu sa déclinaison V8 et la boite manuelle – adopte un moteur 5.2 litres. Dans la version standard elle développe 540 chevaux et grimpe les murs à 610 dans la mouture « R8 V10 Plus ». Notre tour  dans la vidéo ci-dessus était dans la R8 Coupé 5.2 FSI Quattro de 540 chevaux.

Si la R8 et la Lamborghini Huracán partagent beaucoup … beaucoup de choses, on aurait pu craindre que l’Audi manque de personnalité [pour éviter de trop en avoir ce qui viendrait manger sur les plates-bandes de l’image plus agressive de Lamborghini], la petite aux anneaux se défend très bien.

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C’est un riche mélange de sportivité et de technologie: le Virtual Cockpit (un système développé avec NVIDIA), l’affichage totalement numérique du tableau de bord – et seul écran de la voiture – mélangé au Quattro qui gère la répartition de la puissance sur les roues.. et l’extérieur de la voiture d’où on aperçoit le moteur central et les nids d’abeille à l’arrière de la voiture à travers lesquels on distingue les tuyaux d’échappements. Tony Stark n’a qu’à bien se tenir.

La fusion de l’électronique  & de la cavalerie se sent aussi au niveau du volant puisqu’on y retrouve le « Drive Select » qui laisse choisir au conducteur : Confort, Auto, Dynamic, Individual. Le mode Dynamic est celui qui correspond au « sport » chez la concurrence et surprise, c’est celui que j’ai utilisé le plus. Pas de mode ‘éco’, sur un V10 ça aurait été une drôle de blague mais la voiture sait désactiver la moitié de ses cylindres dans certaines conditions pour faire baisser la consommation. On appelle ça Cylinder On Demand – COD. De son côté le Drive Select fait varier la personnalité de  la voiture : le comportement de la transmission (à quel régime passer les rapports de la boite automatique), amortissements, moteur et direction (à démultiplication variable en option).

Le Drive Select agit alors sur différents paramètres : moteur, amortissement, direction et transmission. En dessous, il est possible de sélectionner un mode performance qui agit en fonction des conditions climatiques : sec, pluie ou neige.

Sous ce bouton, l’autre encore plus intéressant et de série sur la R8 V10 Plus : le mode Performance, qui rend plus tolérantes les assistances à la conduite. Il devient possible de la faire glisser. Ce mode performance est réglable selon les conditions météorologiques (sec – mouillé – neige). Et pour encore plus de « ballet sur glace », on peut désactiver l’ESP.

Chapitre 3 : Le Géant de Provence

Bref! Après notre partie de plaisir sur le Paul Ricard, on enchaîne sur un déjeuner puis mettons le cap sur le mythique Mont Ventoux. Avec ses 1911 mètres d’altitude, il fait le bonheur des cyclistes, motards et automobilistes.

Le paysage calcaire est hallucinant, c’est ma première fois là bas et les sensations sont au rendez vous. Cette photo d’Antoine souligne bien le résultat :

L'ascension d'un mythe. #Audi #R8 #leagueofperformance #rallyeAudiSport #montventoux

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Nous ne croisons pas Christopher Froome sur la route mais des tonnes de néerlandais venus pédaler dans les environs et faire l’ascension. Eux fourniront plus d’efforts que nous !

A l’approche de l’Observatoire Météo qui mesure 62 mètres de haut, on ne peut s’empêcher de penser qu’on est sur une autre planète, en avance sur les plans de colonisation de Mars d’Elon Musk. C’est en tout cas une chose d’avoir « vu » des images du Mont Ventoux et tout autre chose que de s’y rendre!

Chapitre 4 : L’Hôtel de la Coquillade

Notre bivouac pour la nuit, la Coquillade, un 5 étoiles qui a des dimensions de village! Les clients – et nous – profitons de toutes les petites attentions. Bon certes ici c’est un blog sur les voitures mais je ne peux m’empêcher de partager quelques photos de ce lieu superbe :

Encore un endroit où on serait plusieurs à être resté sans rechigner. Mais le lendemain matin c’est retour à la conduite, et mine de rien nous sommes heureux de reprendre le volant. Côté traître : les routes sont très dégradées et pavées de dos d’ânes pour accéder à la Coquillade. Pas plus mal pour nous interdire de commencer à un rythme trop soutenu sans avoir laissé aux moteurs de la cavalerie le temps de chauffer.

Chapitre 5 : Vers Uriage, et l’eau .. de là

Après avoir abandonné derrière nous l’Hotel et ses domaines où y est produit du vin, nous mettons le cap vers Uriage-les-Bains , station thermale située à 414 m d’altitude. C’est notre étape intermédiaire avant l’arrivée à Megève notre destination finale.

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Sur cette note très « santé » et plaisir des sens, je dois vous parler des deux boutons qui se situent sur la droite du volant multifonction : il y a évidemment le bouton rouge pour démarrer et arrêter la voiture (qui bénéficie du système keyless, on garde la clef dans la poche) mais juste en dessous il y a le bouton « Echappement ». Celui-ci permet d’avoir un son plus sportif sur demande.

Pratique en mode « normal » pour ne pas réveiller tout le voisinage et en mode « Sport » quand l’envie de faire chanter le moteur vous prend. Ecoutez moi ça :

Certes c’est différent du son brutal d’une F-Type (et pas du tout le même type de moteur) mais ca envoie bien!

Les tracés qui nous emmènent à Uriage sont tout bonnement fantastiques, enchaînement de virages à en attraper un torticolis. Le coté plaisant de la chose pour moi qui profite du volant : c’est jouissif au possible, on ne se sent pas en danger et ce malgré le fait que la R8 puisse délivrer 100% de ses 610 chevaux aux roues arrières.

Les gens qui ont essayé la génération précédente de la voiture parlaient souvent du sentiment d’un « rail » sur lequel est posée l’Audi et dont elle ne sort pas, c’est peut être effectivement la meilleure façon de l’évoquer. En tout cas la R8 se révèle plus agile qu’on ne pourrait espérer sur un véhicule aussi imposant et qui pèse plus de 1400 kilos. Elle a perdu quelques kilos par rapport à la génération précédente et son châssis est annoncé comme 40% plus rigide.

Je regrette de ne pas avoir emmené de GoPro sur ce voyage car les petites routes de montagne – dans lesquelles passait notre convoi de plus de 20 voitures – étaient exaltantes. Peut être moins pour ma co-pilote Sabrina qui a fini par demander à changer de véhicule. Dans ces moments là on se retrouve face au dilemme suivant : être égoïste et continuer .. ce qui aide à suivre le rythme du groupe ou être un peu plus calme sur la conduite.

Après une pause café sur la route, un plan et une rencontre cordiale avec des gendarmes attirés par notre regroupement, j’emmène un propriétaire de 911 croisé en chemin faire un tour à bord de « ma » R8 V10 Plus. Il semble que parfois les mots nous manquent et s’y substituent les onomatopées « wow », « oulala » et leurs frères & sœurs ne sont pas laissés pour compte.

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Après un déjeuner à côté du centre Thermal d’Uriage, une séance photo (ci dessus.. « on va prendre les propriétaires devant leurs voitures.. » « oui mais c’est pas vraiment la mienne.. ») .. nous reprenons notre mission pour rejoindre la ville de Mégève. Et peu avant d’y arriver la météo déchaîne sur nous toute la pluie qu’elle avait en stock, j’en viens à me demander si la R8 est bien étanche ou si elle flotte.

Chapitre 6 : Mégève et l’atelier Quattro

Après tous ces efforts (oui, même quand vous passez un bon moment c’est important de le relater de façon dramatique, genre « on a souffert »), nous abandonnons le moelleux des sièges baquets (de série) de la R8 pour une pause à l’hôtel suivi d’un dîner. Encore une fois, dramatiquement compliqué.

Il ne nous restait alors plus qu’une étape : un atelier Quattro organisé le lendemain avec au programme les tous nouveaux Q7 dont quelques modèles e-tron.

Chapitre 7 : Suite et fin, l’électrique c’est fantastique

Profitant de notre immense fatigue (et donc faiblesse) les gens de chez Audi nous jettent dans une navette (bon… des Q7. OK y a pire comme navette) pour nous faire subir admirer les paysages de la région les capacités off-road de leur vaisseau amiral haut sur pattes (oui parce qu’en fait ils ont trois vaisseaux amiraux : la A8-S8,  la R8, le Q7).

Bref ça commence par la montée d’un chemin de montagne pas vraiment bitumé (mais pas non plus infranchissable) sur les pneus « route » classique dont sont équipées les voitures et là c’est vrai encore une fois le travail des ingénieurs rend la tâche facile puisque pour le conducteur il n’y a qu’à suivre le tracé du chemin (oui parce que bon sinon à côté c’est plutôt la chute garantie dans un dévers d’arbres et une pente qui ne garantit pas une descente paisible), ne pas mettre trop de gaz et laisser le Quattro répartir la puissance tout seul. Tu vois, c’est facile. On aurait tendance à se prendre pour des pros (un peu comme la R8 donne l’impression qu’on est pilote).

On conclut ces ateliers avec l’utilisation du Hill Descent Assist et après avoir fait passé le Q7 dans des trous qui permettraient presque de stationner une Fiat 500. Bon. Ok il faut donc l’avouer le gros bébé s’en sort pas mal dans ces situations où on a l’impression qu’il n’a de « 4×4 » que le Quattro et la stature mais qu’il est plutôt fait pour la ville . C’est encore plus surprenant de passer à ces ateliers avec le modèle plug-in Hybrid puisque de voir se déplacer ce gros véhicule tout en silence va encore me surprendre pendant quelques temps.

Sur le parking de l’atelier Quattro qui – le lendemain – s’apprêtait à accueillir du public, quelques passants nous posent des questions sur les voitures et une mamie toute mignonne s’approche de la R8 et s’extasie tandis qu’on lui explique les différentes particularités de l’auto. J’aime cet enthousiasme pour l’automobile et la technologie, accepté avec tant de curiosité presque enfantine.

Pa contre, comme moi (et son mari), elle s’étouffe en apprenant le prix. Oui.. d’une génération à une autre la R8 qui n’était déjà pas donnée a quand même vu son prix grimper de 20 000 euros.

Alors on en sort avec une voiture qui talonne sa sœur de chez Lamborghini, qui a l’avantage d’être plus polyvalente, moins tape à l’oeil, plus voiture que l’on peut utiliser tous les jours (sauf si on veut faire ses courses, rapport au coffre avant totalement minuscule). En tout cas la R8 V10 Plus et les magnifiques routes parcourues derrière son volant m’ont rappelé – si besoin il y avait) que l’automobile ça peut encore être exaltant.

Comme à chaque fois après ce type « d’essai » le plus dur c’est de retourner à la réalité et de reprendre le volant d’un truc plus classique. En l’occurrence à Paris, mon vélo !

Merci à Audi, et tout particulièrement à ma copilote Sabrina qui a subi ma conduite « machine à laver », à Florian qui s’est occupé de nous comme un père et une mère, et à Antoine dont le coup de volant et l’agréable compagnie n’ont plus rien à prouver