C’est Renault Samsung Motors à Busan en Corée du sud qui est concerné par ce plan qui va concerner 4700 des 5667 salariés du site industriel dans les semaines à venir.

Renault entend tailler sévèrement dans les effectifs de sa filiale sud-coréenne dont les ventes chutent lourdement face à la concurrence de Hyundai-Kia. Le constructeur automobile français peine à redresser la tendance malgré un plan d’économies lancé depuis le début de cette année 2012. Ce sont donc 80% des employés de Busan qui sont dans le collimateur du nouveau plan industriel mis en place par la direction de l’Alliance. Une porte-parole de Renault en France expliquait ce vendredi que ce plan concerne tous les salariés de Renault Samsung Motors, sauf les 1000 qui travaille dans les services de recherche et développement (R&D) et de design. Les départs se feront sur la base du volontariat, avec une prime pouvant aller jusqu’à deux ans de salaire en fonction de l’ancienneté.

Le site de Busan RSM fabrique des moteurs, des QM5 (Koleos), des SM3 (Fluence) et des SM5 (Latitude) aussi bien pour le marché local que pour les exportations. Mais il subit en Corée du sud une vive concurrence de la part du géant sud-coréen Hyundai et de sa filiale Kia, le groupe est depuis l’an passé n°5 mondial du secteur et il domine totalement le marché du pays. Résultat, même si Renault Samsung Motors exporte une bonne partie de ses véhicules, les ventes ont baissé l’an dernier de 27% à 118.135 unités. Au premier semestre, elles se sont encore effondrées de près de 41% ce qui n’est pas rien et pour la direction de Renault il faut arrêter l’hémorragie économique, industrielle et financière. L’usine de Busan tourne actuellement au quasiment ralenti (60% de ses capacités) et devrait produire cette année 180.000 voitures pour les marques Nissan, Renault et Samsung Motors alors qu’elle dispose d’une capacité de productive dimensionnée pour 300.000 véhicules/an.

Ainsi la Corée du Sud qui était le troisième débouché pour le groupe (Renault, Dacia, Renault Samsung Motors) en 2010 a rétrogradé à la septième place l’an dernier ce qui est insupportable aux yeux de Carlos Ghosn. Pour tenter de redresser la barre et sous la houlette d’un nouveau patron, François Provost, l’Alliance a lancé en début d’année un vaste plan pour la filiale sud-coréenne. Il prévoit d’augmenter le taux d’approvisionnement en pièces de rechange fabriquées localement à 80% d’ici à 18 mois plutôt que de les acheter à l’étranger, de réduire les coûts, d’augmenter la rentabilité et de se lancer dans la voiture électrique même si pour ce dernier projet on peut avoir de très sérieux doutes quand on regarde la situation des VE en Europe et aux USA.

Enfin on oubliera pas qu’il y a 15 jours environ, la direction du groupe automobile annonçait un investissement de quelques 160 millions de dollars destinés à installer les moyens de production  d’au moins un 4×4 Nissan dans l’usine de Busan. C’est le Juke qui devrait être assez rapidement produit en Corée afin d’éviter à Nissan les affres d’une monnaie japonaise forte et pénalisante pour les exportations. L’arrivée de Nissan chez Samsung Motors devrait aussi permettre à moyen terme à Samsung de proposer une gamme plus étoffées et plus séduisante que l’actuelle qui n’est composée que de 4 modèles pas vraiment « sexy » face à une concurrence Hyundai-Kia toujours en mouvement, des gammes renouvelées et séduisantes pour les clients.

Sale temps pour Renault Samsung Motors dont les modèles peinent à séduire à l’exportation notamment en Europe où les Koleos, Fluence et Latitude ne connaissent pas vraiment le succès. Une affaire suivre même si la Busan n’est pas Flins ou Douai !

Via Reuters, Renault.