Après l’euphorie qui a suivi l’annonce du retour d’Alpine, du repositionnement de Gordini, retour à la dure réalité économico-industrielle et sociale avec la tenue hier, de la seconde réunion prévue dans le cadre des négociations entre direction et syndicats.

Ainsi la direction de Renault a présenté un plan et des mesures qui visent à peut être maintenir des sites de production en France en échange d’une contrepartie qui s’appelle Flexibilité du temps de travail (et variations salariales). Lors de cette deuxième réunion prévue dans le cadre de la période de discussion et de concertation entre les deux parties, Renault se dit prêt à maintenir des sites industriels et de l’emploi en France mais demande à ses salariés français plus de flexibilité et d’accepter une réorganisation de certains services non productifs (back office).
Renault met en avant le plan 2014-2016 et les accords signés en Espagne en début de semaines qui prévoient :

– Augmentation du temps de travail annuel de une à trois journées
– Diminution de 27,5 % des salaires des nouveaux employés en CDD de 18 mois
– Mise en place d’un roulement pour produire 7 jours sur 7 dans n’importe quel site espagnol
– Baisse de 10 % des primes pour la nuit, les samedis ou les week ends (si besoin)
– En contrepartie, Renault s’engage à embaucher plusieurs centaines de salariés c’est à dire par 800 intérimaires qui passeront en CDD et par l’embauche de 942 salariés supplémentaires en CDD dans les prochaines années.

Le constructeur explique par ailleurs que le coût d’un ouvrier français est supérieur de 43% à celui d’un ouvrier espagnol faisant le même travail. On apprend ainsi que sur une année, un salarié espagnol coûte 35.000€ et un salarié français aux environs de 50.000€. La mise en avant du nouveau contrat espagnol vise essentiellement à mettre la pression sur les « partenaires sociaux » et à imposer des conditions plus drastiques aux salariés français.
D’autre part Renault expose son projet de restructuration qui vise à la création de deux grands pôles industriels français (Nord ouest + Est) qui doit entrainer la rationalisation des services productifs mais aussi non productifs. Cette restructuration du groupe en France doit permettre de mutualiser les services comme la comptabilité, les ressources humaines, la gestion des achats ou les services annexes (CE, services médicaux, etc… ). La mise en place de ce back office mutualisé devrait permettre plus de mobilité de la part des salariés tout en autorisant les économies d’échelle mais aussi de personnel.

Renault d’ajouter par la voix du porte parole : « La direction de l’entreprise déclare  que dans le cadre de la mise en place d’un accord global sur l’ensemble des mesures proposées au cours du cycle de négociations qui s’ouvre, elle pourrait s’engager à ne pas fermer de site de production en France malgré un marché européen sans croissance à l’horizon 2016 et au terme du plan stratégique 2016″.

Rien n’est donc gagné même si les syndicats et les salariés de Renault acceptent et paraphent le futur contrat Renault. Les différentes parties vont reparler de cet épineux dossier industrialo-social dans une quinzaine de jours (29/11/2012) et tenteront de trouver un accord  notamment sur le difficile dossier de la mise en place de la flexibilité et des évolutions des salaires (éléments non abordés cette semaine).

Via Renault, AFP, LesEchos.