Nous avions parlé de ce projet d’une usine Renault en Algérie en début d’année et à l’époque l’avancement de ce projet semblait être un peu comme un long fleuve tranquille et on voyait déjà des Renault algériennes sortir de chaine avant deux ans. Finalement il n’en est rien pour deux raisons que voici :

La première raison est liée au lieu proposé par l’état algérien. Le lieu était fixé à Bellara dans la région de Jijel et pas très loin du port de Djendjen qui permettait selon le gouvernement un accès facile aux moyens de transports maritimes. Mais après étude, le constructeur estime que le lieu proposé est loin d’un vrai bassin d’emploi (8000 emplois directs) et l’installation dans une région plus touristique qu’industrielle qui n’aidera pas à trouver des sous traitants dans un périmètre géographique raisonnable. Renault préférerait une possibilité d’implantation dans les régions d’Oran ou d’Alger.

La seconde raison est plus politique puisqu’elle concerne la gestion du pays et la volonté du gouvernement de l’Algérie de créer des équilibres entre les régions en matière d’investissement et d’industrie. Et là où l’affaire se corse c’est quand le ministre de l’industrie, Mohammed Benmeradi, fait savoir que l’Algérie n’est pas prête à changer d’avis en matière d’implantation industrielle et le Non à Jijel de Renult semble avoir surpris le gouvernement du pays qui n’a pas eu le temps de faire une contre proposition ou d’écouter le constructeur et ses doléances. Le ministre poursuit en expliquant que la région de Bellara qui est l’arrière pays de Constantine est une excellente proposition pour installer des industries de type automobiles ou mécaniques.

Selon l’état algérien, les discussions et les négociations vont reprendre et dureront le temps qu’il faudra même si du côté de Renault on confirme plus ou moins discrètement que ce projet n’est pas une priorité 2012. Reste qu’à l’avenir les négociations se feront directement entre Renault et l’état algérien sans passer par les bons offices et la « médiation » de l’homme du Poitou, JP Raffarin qui, en plus de jouer les intermédiaires entre Renault et l’Algérie, est aussi sénateur et professeur à la Skema Business School, c’est à dire très occupé et pas forcément disponible pour une négociation qui pourrait prendre de très longs mois pour ne pas dire de logues années. A suivre.

Via LaTribune, AP, ElWatan.