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Renault : Pour Sandouville, un investissement de 230 millions d’euros pour accueillir le futur Trafic, pour Carlos Ghosn une réforme de la direction de Renault

 

 

Vendredi dernier, Carlos Tavares, le directeur général délégué aux Opérations du groupe Renault, était en visite à l’usine normande de Sandouville pour constater de visu l’état l’avancement des travaux en vue de l’accueil de la production du futur Trafic. Comme nous l’avions dit il y a quelques mois la production de la prochaine version ne se fera pas en Grande Bretagne ou en Espagne comme c’est actuellement le cas mais bien en France sur le site industriel Renault de Seine Maritime.

Carlos Tavares s’est donc félicité de bon déroulement des travaux et de la mise aux norme de l’usine où sont actuellement produites les Renault Laguna et Espace. Le constructeur automobile investit quelques 230 millions afin que les modèles actuels soient produits à l’avenir sur 1 seule chaine au lieu de 2 actuellement. Ceci doit permet de libérer de la place pour installer la chaine de fabrication du futur Trafic. Par ailleurs, l’unité de tôlerie va voir sa surface réduite d’un hectare afin de dégager là aussi de la place pour l’assemblage du futur fourgon Renault. Toujours au chapitre des modifications du site, il faut aussi réhausser de plus de 60 centimètres la toiture afin de pouvoir construire les VU qui ont un autre gabarit q’une Laguna…

Le directeur délégué d’ajouter que l’arrivée du Trafic sur le site normand permettra de voir la production passer de moins de 70.000 veh/an à 100.000 veh/an dès 2014. Avec à cet investissement de 230 millions, Renault explique que la marque va d’ici à 2 ans produire 100% de ses VU en France aussi bien pour le marché hexagonal que pour l’Europe. Sandouville, Maubeuge et Batilly confirmeront la place de leader de Renault sur le marché des VUL en Europe, place que détient le constructeur depuis 13 ans.

Ces travaux de transformation de Sandouville mobilisent actuellement 1000 personnes dont la moitié sont des salariés de Renault et l’autres moitiés des salariés des 70 entreprises associées au chantier.

 

Et pendant ce temps là, Carlos Ghosn part à la reconquête de la direction de Renault en faisant savoir que le grand patron de Renault, c’est bien lui ! (on espère que pour le style ce ne sera pas lui… 😀 )

Alors que la semaine passé il était au Brésil, d’abord à Curitiba pour l’agrandissement du site Renault puis à coté de Rio de Janeiro pour la création d’un centre Nissan, Carlos a profité d’un moment avec les journalistes pour faire savoir qu’il était bien le grand patron de Renault et qu’il reprenait les choses en main après le fiasco de l’affaire d’espionnage, les critiques sur le style Renault, les remarques au sujet du choix du tout électrique sans parler de la délocalisation de certaines productions. Un ensemble d’affaires qui ont fait du mal à l’image de Renault et que Carlos Ghosn veut faire oublier en reprenant la main. Le patron veut ainsi réduire les intermédiaires entre lui et les acteurs de la vie de l’entreprise, il souhaite avoir une relation directe avec les services dit sensibles comme le sont la R&D, le service des audits, la maitrise des risques, la gestion du patrimoine physique et intellectuel de Renault ou même les services juridiques ou immobiliers. Autant dire qu’il y a du pain sur planche.

Le patron de l’Alliance réaffirme qu’il veut remettre Renault au sein du groupe automobile et que sa place est bien à la tête de Renault et il réaffirme, un peu à la manière d’un Chirac face à Sarkozy, “je décide, il exécute”, sa position face à celle de Carlos Tavares : ” je définis une stratégie, il la met en place, je fixe le budget et les objectifs, il gère et fait en sorte de les atteindre”. Carlos Ghosn admet aussi avoir trop délégué et il dit ne pas avoir passé assez de temps chez Renault ( ~ 35% de son temps de travail dans le groupe ), c’est du passé, les choses vont changer et il reprend ses prérogatives en matière de Haut de Gamme, de ressources humaines, de communication et d’éthique.

Un vaste programme qui montre que finalement les pouvoirs de Carlos Tavares sont bien plus limités que ceux dont disposaient Patrick Pelata jusqu’au printemps dernier. Un exemple pris par Carlos Ghosn est frappant: “je m’occupe des nouveaux modèles, il s’occupe du renouvellement des produits existants !” Tout est dit mais on se demande si les journées de 24 heures vont suffire à Carlos Ghosn pour remettre en selle Renault sur les scènes françaises et européennes tant l’image est hélas atteinte et malmenée tant dans la réalité que dans le monde industriel mais aussi la presse ou le web ! Vraiment dommage qu’il faille attendre que l’entreprise soit presque au bord du trou pour tenter de la remettre à niveau mais on ne peut que l’espérer tant pour l’entreprise, ses résultats que pour ses salariés et leur avenir. Un dossier à suivre avec intéret dans les prochains mois notamment avec le lancement des nouveaux modèles.

 

Via Boursier.com, LeFigaro, Reuters, Renault.