La difficile situation du marché automobile n’a pas le même impact sur les entreprises et j’en veux pour preuve les dernières informations en provenance de Renault et de Toyota.

D’un coté Renault et le site de Sandouville où l’on assemble les Laguna et Espace où les salariés viennent d’apprendre que la semaine du 27 février au 2 mars 2012 sera un semaine chômée. Bien sur pas question de vacances offerte par Carlos Ghosn mais un semaine de chômage partiel en raison d’un manque de commandes pour les Laguna, Laguna Estate et l’Espace. Du coté de la direction de l’usine et du constructeur on explique que la situation est du à la faiblesse du niveau de commandes sur le marché automobile européen. Et comme pour se dédouaner on ajoute « l’installation de la production du Trafic suit son cours normalement ! »…. Du coté des syndicats, on met en avant l’abandon de la ventes des Laguna et Espace en Grande Bretagne (mais pas en Irlande) et les choix fait par la direction de Renault qui visent à laisser le bas de gamme à Dacia et surtout le haut de gamme à Samsung Motors. On explique aussi que depuis 2007, il y a eu à Sandouville 220 jours chômés et qu’à l’avenir les 2500 salariés restant sur le site vont vivre au rythme du chômage partiel en attendant le lancement du futur Trafic dans 18 mois environ. Peu réjouissant pour les salariés du site normand mais aussi un peu inquiétant pour Renault.

Et pendant ce temps là le PDG de Toyota Motor Europe assure que produire en France n’est nullement un handicap, ce serait même un vrai atout si l’on en croit les propos de Didier Leroy. D’ailleurs chez Toyota, on embauche, certes en intérim mais on annonce 800 nouveaux emplois pour la création d’une troisième équipe de production pour la Yaris. Ces embauches vont porter à 4300 le nombre de salariés qui sont sur le site d’Onnaing. Toyota précise même qu’il y a désormais plus de 3000 CDI sur le site nordiste. La nouvelle Yaris qui fait d’excellents début européens devrait voir sa position renforcée avant la fin d’année par l’arrivée de la version hybride et cela fait dire à Toyota que quelques centaines d’intérimaires pourraient voir leur contrats précaires transformés en CDI si la bonne forme de la Yaris perdure. On rappel aussi chez Toyota que le site est globalement profitable depuis sa création malgré de lourds investissements qui ont plombés les comptes des deux dernières années. Chez Toy on vise le retour aux profits dès cette années 2012 avec un production de l’ordre de 235.000 voitures avant une année 2013 qui pourrait dépasser l’année 2007 qui fut une année record avec 267.000 exemplaires produits.

Chez Toy’ on réfute presque le problème très français des coûts salariaux en expliquant que selon les emplois et les modèles cela ne représente que 7 à 15 % du prix HT d’une auto et le pdg français de Toyota Europe de poursuivre en expliquant si une voiture est conçue pour être simple à assembler, elle demandera moins de temps de montage, donc moins de temps de main d’oeuvre et donc moins cher en salaire … et ce sans que le salarié ne soit pénalisé !

Chez Toyota on explique aussi que 80% des achats nécessaires à la fabrication de la Yaris proviennent d’Europe de l’ouest et 43% des fournisseurs sont français. On dit aussi chez le constructeur japonais qu’il ne sert à rien de produire une voiture à bas coût à l’autre bout du monde si les  coûts d’acheminement mangent une bonne partie de la marge. Ainsi Didier Leroy poursuit l’explication en disant que : Pour vendre en Europe de l’ouest une auto produite en Europe de l’est ou centrale, les coûts de logistique et de transport peuvent représenter bien plus que 50% des coûts salariaux. Donc quand on vend un auto destinée au marché de l’UE, on produit dans l’union européenne puisque c’est là qu’est le marché. Le PDG de Toyota Europe poursuit en expliquant que Valenciennes dispose dans un rayon de 350 km autour de l’usine d’une zone de chalandise avec quelques 130 millions de clients ce qui n’est pas rien.

Enfin pour assurer la « bonne ambiance » à Onnaing, le constructeur lance un système de tombola réservée aux salariés qui permet à l’un d’entre eux de gagner à chaque tirage une Toyota… Yaris.

Voilà deux points de vue à la française, auxquels on ajoutera celui de PSA, sur la situation de la production automobile en France en période de crise économique.

Via LaVoixduNord, AFP, LesEchos.