Que l’on soit où non pro ou anti Renault pour des raisons diverses et variées, on ne peut rester insensible à la mauvaise santé du constructeur automobile national qui reste, ne l’oublions pas, encore un grand employeur sur le territoire français avec tout ce que cela implique et notamment du coté humain !

Un coté humain dont on ne semble rien avoir à faire chez Renault ( suicides, cadences infernales, non respects des personnes et du travail, affaires diverses et variées pour cacher la réalité des choses, objectifs inatteignables pour diverses raisons que nous connaissons tous et j’en passe… )

Même les actionnaires petits et moyens qui sont majoritaires chez Renault ne sont pas écoutés. Je ne reviendrais pas sur l’affaire des ZE et leur farouche opposition à ce projet qui semble avoir été mené en dépit du bon sens et de la réalité du marché mais aussi des coûts de production, l’absence de clients à l’autre bout, des prix de ventes trop élevés, une filière électrique et des infrastructures inexistantes, le désengagement de l’état et je dois en oublier…. d’ailleurs cela tellement bien marcher que Renault qui avait annoncé en fin d’année 2010 qu’elle communiquerait sur les réservations de ZE ne le fait plus depuis longtemps ! C’est tout dire.

Mais il n’y a pas que les ZE, il y a aussi une gamme sans âme, des autos qui vieillissent, un design contreversé et sans quelques modèles qui se vendent correctement ( Clio, Scenic, Megane et Twingo dont on aurait pu attendre plus ), le reste de la gamme a vraiment du mal à se placer sur le marché. Et on ne peut pas dire que ce soit la faute à des erreurs techniques puisque les plateformes sont performantes tout comme une majorité des moteurs dCi et TCe, la finition a fait de réels progrès sur certains modèles mais pour le reste, il manque quelque chose qui fait que la clientèle ne va pas ou plus chez Renault lorsqu’il s’agit d’acheter une auto.

On a l’impression que l’on laisse vivoter la marque au losange, que l’on a poussé les ZE ( et le greenwashing ) de façon à cacher la misère et les décisions industrielles, économiques et stratégiques inapropriées. Le cas Dacia et la montée en gamme de la marque roumaine en est la preuve avec notamment le Duster ( 10 Duster pour 1.25 Koleos ) ou le futur mono-ludospace  qui va venir « taper en plein dans les cleintèles des Kangoo et Scenic.  Renault n’est plus de l’ombre de ce qu’il a été et il nous faut peut être regarder du coté des choix et des modes d’action de la direction du constructeur français qui est ne moins en moins important au sein de l’Alliance au profit des autres marques et surtout Nissan. Carlos Ghosn, de Cost killer ne serait il pas entrain de devenir Renault killer, on peut le craindre quand on voit comment tout cela est géré et quand on voit le peu de cas que l’on porte aux actionnaires dont l’état français à qui l’on fait des ronds de jambes par devant et dont on se moque par dérrière. Inacceptable quand on connait les enjeux financiers, sociaux et industriels que cela engage.

Je ne fais que poursuivre un débat qui apparait au grand jour depuis quelques mois et la fumeuse affaire d’espionnage qui reste, selon moi, un coup de diversion pour masquer les errements du programmes ZE et évincer les opposants en interne à ce projet qui, je le crois devais exister mais à une toute autre échelle et sans menacer notamment les grands sites industriels français du groupe.

On relèvera ici et là les Latitude fabriquées en Corée et stockée à Sandouville, le retard ( ou l’abandon déguisé ) des chaines de production à Flins, moins importante mais révélatrice d’un état d’esprit, on peut aussi parler des salaires de Carlos Ghosn, un abandon de bon nombre de segments du marché avec des justifications parfois limites, des autos pas très réussies et pas très bien finie ( cf Wind ), un management qui n’existe qu’en pressant les gens jusqu’au bout  et je sais que vous aurez encore d’autres éléments à ajouter au triste sort de Renault. D’ailleurs, n’est il pas venu le temps de reparler de la situation du PDG de l’Alliance, n’a t-il pas fait son temps, n’a t-il pas trop tiré sur la corde, n’est pas plus en phase avec le marché , les clients, ses choix esthétiques finaux ne sont ils pas aussi discutables que ceux de Le Quément ( sur les dernières années car il y a eu du très bon qui aurait du passer en série ! ). Tout cela fait que nous sommes inquiet pour l’avenir de cette grande maison qu’est Renault qui ne semble plus être gouvernée qu’à vue ( même si il n’y a aucune visibilité ) et avec entêtement même si cela doit à moyen terme fragiliser la survie de l’entreprise au profit de Dacia et de Nissan qui ne sont là, il ne faut pas l’oublier, que parce que Renault et un homme, Louis Schweitzer, étaient là.

Pour enrichir le débat qui promet d’être long, je vous invite à poursuivre avec la lecture de l’excellent sujet de Capital à propos de la situation de Renault et c’est ici

http://www.capital.fr/enquetes/derapages/renault-les-dessous-d-une-sortie-de-route-611950

 

 

Via Capital.