Mariage Renault-Mitsu

L’Alliance Renault-Nissan et Mitsubishi Motors ont annoncé hier officiellement leur rapprochement pour jeter les bases d’une coopération internationale étendue.

Il existait déjà depuis 2011 une coopération étroite entre Nissan et Mitsubishi via la coentreprise NMKV, mais c’est bien un rapprochement global et surtout mondial que l’Alliance et Mitsubishi nous annoncent cette fois-ci. Les deux groupes mettent ainsi en avant « leur intention commune d’explorer plusieurs nouveaux projets portant sur des produits communs » et précisent même qu’il est question de partager des technologies ainsi que des capacités de production.

Cette coopération se présentera en plusieurs étapes, la première étant de reprendre celle déjà effective entre Nissan et Mitsubishi au Japon sur les « Kei-Cars » pour produire un véhicule de ce type qui ne sera plus uniquement réservé au marché domestique mais diffusé de manière mondiale en précisant au passage que l’une de ses versions sera électrique. Les trois marques, Renault avec sa gamme ZE, Nissan avec sa Leaf et Mitsubishi avec sa i-Miev, ont décidé depuis quelques années de s’investir fortement dans ce marché des véhicules électriques avec des résultats il est vrai mitigés mais cette annonce semble démontrer la volonté de poursuivre dans ce sens, au moins partiellement car il s’agira bien de développer avant tout un véhicule thermique et non un véhicule spécifique. Néanmoins le rapprochement avec Mitsubishi se veut également stratégique sur ce domaine de l’électrique et le communiqué de presse souligne « l’intention de réaliser un partage de technologies sur le véhicule électrique et les plateformes de dernière génération« .

La deuxième étape, ou plutôt la première de ce nouveau rapprochement, portera quant à elle sur la production de deux berlines tricorps d’origine Renault qui seraient commercialisées sous le logo Mitsubishi et diffusées notamment sur le marché nord-américain (doit on y voir un retour caché du Losange chez l’oncle Sam ?). Le premier modèle appartiendra au segment D et devrait être produit dans l’usine Renault-Samsung de Busan en Corée du Sud, les modalités de production et de diffusion du deuxième modèle, du segment C pour sa part, sont encore en discussion.

La stratégie mondiale de l’Alliance Renault-Nissan se poursuit donc mais on ne peut en contrepartie que s’inquiéter un peu plus pour un troisième (quatrième ?) larron, en l’occurrence le groupe PSA qui a collaboré avec Mitsubishi à plusieurs reprises ces dernières années, notamment pour proposer lui aussi une « gamme électrique » avec les C-zéro et iOn dérivés de l-i-Miev et qui risque bien dans cette affaire de se retrouver une fois encore très esseulé…

Via Renault-Nissan