Robert Kubica a été victime hier d’un accident lors du rallye Ronde di Andora, en Italie, dimanche dernier. Il est sorti de la route lors de la première spéciale de la seconde journée, au bord d’une Skoda Fabia S2000. Alors que son coéquipier Jakub Gerber s’en est sorti indemne, Robert Kubica a été grièvement blessé, et du être désincarcéré avant d’être transféré vers l’hôpital Santa Corona à Pietra Ligure, près de Gênes. Heureusement, ses jours ne sont pas comptés, mais personne ne sait encore s’il pourra piloter a nouveau : il présente de multiples fractures, et sa main droite a été particulièrement touchée.

C’est lors de la première spéciale de la seconde étape que l’accident à eu lieu : la voiture de Kubica a glissé dans une courbe rapide, et l’avant s’est encastré et a glissé contre une glissière de sécurité. Malheureusement, cette glissière était en deux parties, séparé d’un petit mètre, et c’est au niveau de ce raccord que la Skoda S2000 s’est « empalée » : le rail a totalement traversé la voiture. Alors que Jakub Gerber, le copilote, s’en est sorti indemne, Robert Kubica est lui sévèrement touché à la jambe droite, le bras droit ainsi qu’à la main droite.

Jakub Gerber raconte l’accident : « Nous savions que la route était glissante à cause de l’humidité ambiante, mais nous étions prêts. Après un dérapage, la voiture a touché un rail puis elle s’est écrasée dans le rail suivant. Un rail a complètement traversé la voiture. Je me suis tout de suite rendu compte que c’était sérieux. J’ai vu que Robert avait une ecchymose à l’oeil, car sa tête avait heurté le volant. Robert a perdu connaissance et moi je suis sorti par la fenêtre, car ma porte était coincée. L’ambulance est arrivée immédiatement et ensuite sont arrivés les pompiers. Ils ont mis près d’une demi-heure pour sortir Robert de la voiture. La première équipe qui est arrivée sur place n’avait pas les outils nécessaires et ils ont dû attendre une deuxième équipe. En outre, l’hélicoptère ne pouvait pas se poser à cet endroit et il a fallu déplacer Robert, ce qui a encore coûté du temps. »

Une vidéo montrant l’état de la voiture après désincarcération :

Alors que les rumeurs les plus folles circulent (on l’annonce mort puis vivant, amputé puis entier), Robert Kubica est transporté vers l’hôpital Santa Corona à Pietra Ligure, près de Gênes. Il est immédiatement transféré en chirurgie, où deux équipes de chirurgiens vont alors s’occuper en parallèle de sa main et de sa jambe droite, totalement écrasés lors du choc, ainsi qu’une hémorragie interne : en effet, ses jours n’étant pas en danger, les médecins tentent de sauver ses membres. Le manager de Robert Kubica, Daniele Morelli, raconte alors que « les chirurgiens essayent de rétablir les fonctionnalités de la main droite. Ils ont déjà rétabli la circulation sanguine et réduit les fractures. Ils doivent maintenant penser aux fonctions musculaires, mais je suis persuadé que Robert est quelqu’un de très fort et qu’il s’en sortira. »

Après une opération chirurgical de 9h, Robert Kubica est plongé dans un coma artificielle, alors que les équipes du Pr. Rosello restent réservés sur l’état de la main du polonais, déclarant que le pilote a échappé de peux à une double amputation : « Il sera nécessaire d’attendre quelques jours pour savoir si le membre, d’un point de vue neurologique et vasculaire, sera en mesure de survivre. Si tel est le cas, pour que la main retrouve toutes ses fonctionnalités, cela pourra prendre jusqu’à un an. »

Aujourd’hui, les nouvelles sont plus rassurantes : Kubica a pu bouger les doigts, prouvant ainsi que l’opération est une réussite. Le Pr. Rosello nous explique d’ailleurs l’opération : « Le patient est arrivé ici avec un traumatisme extrêmement complexe, avec des lésions à différents niveaux de gravité. Notre priorité a été de sauver le membre, et nous avons atteint cet objectif. La main est chaude, vascularisée et n’est pas gonflée. La deuxième partie de l’opération a consisté à reconstruire le membre parce que les tendons avaient été sectionnés. Nous nous sommes ensuite occupés des lésions nerveuses et avons réussi à récupérer les deux principaux nerfs de la main, qui avaient eux aussi été sectionnés ».

Pour autant, le polonais devra encore subir plusieurs opérations, notamment pour ses fractures à son épaule droite, à son pied droit, à son coude et à son humérus, qui n’ont pas encore été réduites. Giorgio Barabino, le directeur du centre des soins intensifs de l’hôpital Santa Corona, a donc donné des nouvelles plutôt rassurantes : « Ses conditions s’améliorent et sont bonnes, si on considère la gravité de son accident. Aucune infection n’est survenue après la phase chirurgicale. Ses membres sont bien vascularisés et tous ses paramètres vitaux dans la norme. Son évolution médicale est bonne, à la vue des traumatismes subis. Nous sommes confiants pour le moment de la bonne évolution de son état. Kubica doit encore rester en soins intensifs pendant 48 à 72 heures, durant lesquelles tous les tests sur son bras et sa main seront effectués. On est optimiste concernant son temps de rétablissement, le patient réagit parfaitement. D’ici une semaine de la chirurgie pourra être faite sur son coude et son humérus, qui n’ont pas encore été traités. Hier, il a pu rester un peu éveillé même s’il ressent de la douleur. Il a pu notamment parler avec son manager et le personnel. Il est capable de boire et d’exécuter de petits mouvements avec sa main. »

De nombreuses voies se sont levés pour dire qu’il était absurde d’avoir donner la permission au polonais de courir en Rallye, considèrent cette liberté comme un risque inutile qui peut priver les écuries de leurs meilleurs pilotes. Pour autant, Eric Boullier s’en défend : « Le rallye, c’est vital pour Robert. C’est un équilibre pour lui. A partir de là, c’est un commun accord. On connaissait les risques. Lui aussi. Mais on n’avait pas envie d’avoir un pilote robot, un pilote corporate ». L’ex-pilote de F1 Jacques Laffitte a lui aussi soutenue cette décision : « On se posera longtemps la question de savoir s’il fallait laisser la possibilité à Kubica de faire ce rallye. Moi je crois que, presque paradoxalement, l’écurie a agi de manière ’humaine’, en pensant avant tout à l’épanouissement de son pilote, véritable mordu des rallyes, d’autant plus qu’il est toujours préférable pour une écurie de récupérer un pilote heureux et donc à 100% de ses moyens. En tout cas, c’est aussi la confirmation qu’en F1, il y a toujours cette part d’incertitude, de risque, d’indécence, et il faut malheureusement accepter cette fatalité« . Il faut néanmoins rappeler que la F1 est aussi un sport dangereux, même si d’énorme progrès ont été réalisés. Pour preuve, cette vidéo du crash de Kubica lors du Grand Prix de Montréal 2007.

Robert Kubica devrait rester trois semaine à l’hôpital Santa Corona à Pietra Ligure, et devra ensuite subir une rééducation qui devrait durer au minimum un an. Les médecins sont confiant, car il est « rare de trouver un patient aussi fort ». Kubica ne devrait plus piloter en 2011, au minimum : personne ne peut savoir aujourd’hui s’il retrouvera la totalité des fonctions de mains, et s’il pourra subir plusieurs G au bord d’une Formule 1. Pour la saison 2011, Lotus Renault GP commence a réfléchir à son remplacement. Alors que Bruno Senna a était nommé troisième pilote de l’écurie, devant Romain Grosjean, il n’est pas assuré de monter dans le baquet de la R31 en course, même si le « sponsor » Group Lotus insisterait dans ce sens : Genii Capital, propriétaire de l’écurie, chercherait un pilote ayant la stature d’un champion du monde. En effet, Genii place énormément d’espoir dans leur nouvelle monoplace. De nombreux pilotes ont été cités, dont Nick Heidfeld, Nico Hulkenberg, Vitantonio Liuzzi et Kimi Raikonnen. Le nom du remplacent de Kubica sera assez vite connu, afin qu’il puisse rapidement s’acclimater à la nouvelle voiture.

Le copilote de Robert Kubica, Jakub Gerber, demande à la FIA de réfléchir pour améliorer la sécurité en rallye : « Cette ouverture entre les deux séries de rails n’avait aucun sens. Mais ce qui est plus important encore, c’est que nous ne devrions pas rouler avec des voitures qui ont si peu de protections à l’avant. Ce n’est pas la première fois qu’un accident de ce type arrive. La FIA devrait réfléchir à faire quelque chose pour protéger le cockpit ». En espérant que le polonais ne payera pas de sa carrière pour qu’une avancé sécuritaire arrive en rallye. On lui souhaite en tout cas de très vite se remettre de cette accident, et on espère le revoir un jour en Grand Prix.

Via youtube, nextgen-auto forum, Lotus Renault

Crédit Photo : Julien « PixelRallye »