Entre janvier et août 2012 le nombre d’infractions enregistrées par les radars automatiques a augmenté de 14.3% par rapport à la même période l’année précédente. 

Ainsi c’est essentiellement le nombre d’excès de vitesse qui a permis cette hausse sensible du nombre de contravention mais aussi du nombre de points perdus. L’ANTAI (Agence Nationale de Traitement Automatisé des Infractions) située à Rennes confirme bien cette tendance lourde qui laissent à penser que les conducteurs ont renoué depuis quelques mois avec le « démon » de la vitesse. Entre le 1er janvier et le 31 août cette année ce sont 13.81 millions de courriers qui ont été envoyés aux automobilistes français. Cela représente une jolie hausse de 14.3% par rapport à 2011 puisque sur la même période 12.09 millions de contraventions avaient été envoyés.

Juillet 2012 et l’A10 sont les grands gagnant de la période car on trouve deux radars sur l’autoroute A10 dans le top 10 avec respectivement 135.188 et 94.903 infractions relevées en 2012. Le 21 juillet fut une journée record en matière d’infractions routières puisque 100.000 messages d’infraction on été enregistrés en une seule journée.

Selon les études, enquêtes et analyses faites les services de l’état, on note que les radars précédés d’un radar pédagogique flashent bien plus que ceux qui sont précédés d’un panneau ou de… rien ! Il semble donc qu’un très grand nombre d’usagers de la route n’ont pas compris que ces appareils pédagogiques annoncent le plus souvent un dispositif de radar « sanction » et beaucoup confondent radar pédagogique et radar automatique. Ainsi d’après les éléments recueillis dans les études, on note que les conducteurs réaccélèrent plus après un radar préventif qu’après un radar répressif, étrange tout de même ! Il est aussi assez vrai que l’installation de radars pédagogiquse sur certaines routes sans être suivis d’un vrai radar est un moyen de brouiller (à priori efficacement) la perception des vrais dispositifs  automatisés de sanctions. Mais il n’y a pas que ces radars pédagogues qui soient la cause du relâchement des chauffeurs, l’assouplissement de certains barèmes et du temps de récupération des points est aussi une cause tout à fait plausible (le délai pour reconstituer le capital de points est passé de trois à deux ans et le délai pour récupérer un point perdu est tombé de un an à six mois).

Selon le Ministère de l’intérieur cette hausse du nombre de PV dressés est quasi mécanique comme l’explique le porte parole des services ministériels : «  Plus on installe de radars sur le bord des routes, plus on a de chance d’augmenter le nombre de messages d’infractions ». Ainsi à la fin de cette année 2012, il y aura quelques 3883 radars divers et variés d’installés ou d’utilisés en France mais sachez qu’ils seront au moins 4250 à la fin de l’an prochain. Cette augmentation importante du nombre de contravention est une jolie source de revenu pour l’état puisque les recettes vont bien augmenter en 2012 pour atteindre ou dépasser les 700 millions d’euros. Cette manne financière devrait donc augmenter en 2013 car dans le cadres d’accords bilatéraux entre les pays, les conducteurs belges et probablement espagnols vont recevoir chez eux dès le mois de janvier prochain les PV liés à des infractions routières relevées en France. Ces conducteurs européens viendront donc rejoindre les suisses et les luxembourgeois déjà soumis à cette réglementation.

Le dossier est loin d’être refermé quand on sait que les radars tronçons commencent vraiment à se mettre en place en cette fin d’année et qu’ils viendront augmenter le nombre de contraventions dressées qui sont liées à la vitesse. Heureusement que le nombre de morts diminue encore (-8.3% entre 2011 et 2012) et cette affaire de hausse du nombre des PV montre bien que les excès de vitesse relevés sont minimes. Reste que l’on attend toujours des vraies mesures pour lutter ou favoriser :

-contre l’alcoolémie, la drogue et les médicaments au volant
-contre l’utilisation du téléphone et d’internet en conduisant
-la prévention de la somnolence
-la formation des jeunes conducteurs
-l’entretien des routes secondaires
-la protection des motards et des cyclistes

Un dossier toujours chaud et qui appellera pendant encore longtemps des commentaires, des débats en attendant quelques actions de l’état en dehors de la simple gestion des radars.

Via LeFigaro.