Ca va mal chez le constructeur suédois puisqu’il a fait savoir ce jour par communiqué que toutes les chaines de production étaient désormais arrêtées faute de liquidités. Néanmoins le constructeur confirme qu’il poursuit les discussions cette semaine pour la mise en place d’un plan de refinancement de sa dette mais bon nombre d’analystes en doutent car les premières conditions imposées par l’office gouvernement suédois de la dette et surtout la BEI sont trop onéreuses sur le long terme pour l’entreprise.

Saab a reçu un accord de la BEI visant à lui assurer des liquidités mais le constructeur suédois estime que les conditions imposées par la Banque Européenne sont beaucoup trop sévères et irréalistes. Le porte parole de Saab a ajouté que la direction du constructeur faisait et allait faire le nécessaire pour obtenir puis décrocher les financements nécessaires. Le gouvernement suédois a approuvé ce jour le plan de refinancement mis en place mais il faudrait obtenir l’accord de la BEI pour que tout ceci soit effectif et permette de relancer la machine industrielle Saab. Selon le dernier plan proposé par la BEI, V.Antonov devrait racheter tous les actifs industriels et immobiliers de Saab puis les lui louer, par ailleurs dans ce plan on a bien la confirmation que le milliardaire russe souhaite devenir un gros actionnaire de Saab, si ce n’est le plus gros.

L’accord établit, Saab pensait que la BEI donnerait son feu vert rapidement, il n’en est rien car certains économistes et analystes auprès de BEI craignent que Saab ne soit pas en mesure de satisfaire les conditions imposées par la banque dans son avant projet de refinancement. Ainsi Lars Carlstrom, porte parole et représentant de V.Antonov rapporte qu’une des conditions imposées par la BEI était que Saab rembourse sous 90 jours l’intégralité des fonds déjà versés par la banque d’investissement ( 218 millions sur 280 millions car le montant du prêt à été réduit de 120 millions ), ce qui est totalement dénué de sens, de réalité car si Saab a besoin d’argent rapidement ce n’est pas pour solder un prêt récemment mis en place par la dite banque. L.Carlstrom d’ajouter : « si on se plie aux conditions ridicules de la BEI, on met immédiatement la clef sous la porte. Cette lettre d’intention de la BEI est donc ridicule de la part de la BEI qui, en agissant ainsi, détruit totalement l’activité de Saab ». Donc rien n’est gagné en ce lundi soir et les jours à venir seront cruciaux pour le futur du cosntructeur car c’est essentiellement la BEI qui bloque le processus de relance de la marque puisque les parties ( Saab, Etat suédois, Antonov ) sont d’accord sur le plan de relance et de refinancement.

Cette semaine ou les 10 jours qui viennent devraient voir une prise de position ferme de V.Antonov sur le sujet mais pourraient aussi permettre au chinois BAIC de se remettre en selle dans l’affaire Saab car le groupe automobile chinois a les moyens de devenir incontournable ou même majoritaire. Reste que cette situation pèsera inévitablement sur les chiffre s de Saab en 2011 ( si le constructeur redémarre son activité ) car le peu de confiance qui revenait va vite disparaitre tant du coté des acheteurs qui vont aller voir la concurrence « plus solide » que de celui des investisseurs ( concessionnaires ) qui vont douter du bien fondé d’un incvestissement pour le constructeur suédois. Qui dit moins de clients , dit moins de ventes, qui dit moins de ventes dit moins de C.A donc moins d’investisseurs, qui dit moins d’investisseurs, dit moins de relais auprès de la clientèle dit moins de ventes et donc moins d’argent, qui dit moins d’argent dit moins de moyens pour travailler et perdurer… et c’est un cercle vicieux qui  semble attendre Saab si rien n’est fait rapidement. Nous avions raison il y a quelques semaines d’être inquiet et le « coup de gueule » du directeur de Saab France ( qui a oublié que nous avons toujours soutenu Saab ! ) sur le site parait bien dérisoire et langue bois aujourd’hui lundi 25 avril 2011 alors que le constructeur entame une troisième semaine non pas de production partielle mais sans aucune production de 9-3 ou de 9-5.

Vraiment dommage que V.Muller soit mis en difficulté mais entre le départ à la retraite presque précipité du directeur de Saab, une ambiance morose sur le stand à Genève, un concept car peu séduisant, une nouvelle 9-5 Estate peu visible, peu de ventes sur les marchés européens, les signes annonciateurs étaient pourtant bien là mais je crois que nous n’avons pas voulu y croire car nous apprécions tous la marque au griffon. Il nous faudra désormais patienter quelques jours ou quelques semaines pour savoir ce que deviendra définitivement Saab… mise en faillite, rachat/absorption, aide européenne pour soutenir l’industrie et l’emploi, il est vraiment difficile de dire ce que deviendra Saab même si on sait désormais que ça ne rigole plus à Trollhättan puisque ça va très mal et qu’on ne produit désormais, et pour combien de temps, plus aucune voiture  Saab.

Via Reuters, AP.