Selon une enquête menée par l’institut TNS Sofres pour Axa Prévention du 12 au 24 décembre 2013 auprès d’un échantillon national représentatif de 1.200 automobilistes et d’un échantillon complémentaire de 350 jeunes conducteurs agés de 18 à 25 ans, un tiers des conducteurs de voiture téléphone lorsqu’ils sont au volant. N’attendez pas de surprise dans les résultats, cette nouvelle enquête confirme celles publiées en 2012 et 2013 !

Au volant on n'éssemesse pas

Alors que depuis des mois, on nous serine avec la limitation de vitesse à 80 km/h, que rien n’est fait pour le dépistage réel de l’alcool, des drogues et médicaments chez les chauffeurs, qu’on nous promet toujours plus de répression, l’étude TNS Sofres/Axa dévoilée ce début de semaine confirme que le téléphone est aussi un des éléments importants de l’accidentologie routière.

Selon cette étude, en 2013 ce sont 34% des automobilistes français qui utilisent le téléphone en conduisant c’est à dire deux fois plus qu’il y a une dizaine d’années. Parmi ceux-ci, plus de 42% n’utilisent pas de kit mains libres ou les fonctions intégrées (Bluetooth) à la voiture. Plus de 20% s’adonnent même au « plaisir » de la lecture mais aussi de la rédaction et de l’envoi de SMS au volant. Dans cette enquête on constate que l »usage du téléphone au volant est particulièrement répandu chez les jeunes conducteurs agés de 18 à 25 ans. On constate aussi à la lecture de cette enquête et de celle réalisée l’an passée que les dangers liés à l’utilisation du téléphone au volant sont de moins en moins perçus par les gens. Ainsi il y a 10 ans, plus de 9 personnes sur 10 pensaient que téléphoner en conduisant était dangereux, en 2013/2014, elles ne sont plus que 7.5 personnes sur 10 à penser la même chose. Ce nombre est encore inférieur avec les jeunes conducteurs qui ont toujours vécus avec un portable à la main !
Ainsi 57% d’entre eux déclarent téléphoner au volant sans se poser de question c’est 25 points de plus que pour l’ensemble des conducteurs (~32%). Toujours chez les jeunes qui utilisent le téléphone en conduisant, plus de 60% sont adeptes des SMS… Sachez aussi que 38% des conducteurs disent avoir le réflexe de regarder leurs smartphone lorsqu’ils reçoivent une notification de « texto ». Autres éléments 15% des conducteurs se sont « déjà fait une frayeur » en consultant leur téléphone tout en conduisant et ce chiffre grimpe même à 28% chez les moins de 35 ans.
On rappellera à ce sujet qu’écrire un message en étant au volant multiplie le risque d’accident par 23 et qu’il oblige le conducteur à détourner les yeux de la route par sessions  successives moyennes de 5 secondes pour rédiger le message. 

Mais l’enquête TNS Sofres/Axa ne s’est pas limitée au téléphone puisqu’elle s’est aussi penchée sur les autres comportements à risques sur la route.
On découvre ainsi que près d’un tiers des conducteurs reconnaissent faire des sessions de conduite longues de 4 à 5 heures alors que le bon sens et la Prévention Routière recommandent un maximum de deux heures par session. Cette situation entraine un manque de vigilance, de la somnolence et de la fatigue musculaire ou nerveuse propices aux écarts de conduites et aux accidents.

L’affaire de la vitesse va dans le bon sens sauf en ville. En 2004/2005, les conducteurs qui reconnaissaient rouler à plus de 170 km/h sur les autoroutes représentaient environ un tiers des personnes interrogées. En 2013, le nombre est passé à moins de 20%. Idem sur les routes où la vitesse moyenne est désormais largement inférieure aux 90 km/h imposés par la loi.
Par contre en ville les problèmes de vitesse sont persistants et en dix ans, les choses n’ont que peu évolué puisque 50% des automobilistes  reconnaissent rouler à 65 km/h ou plus ! Toujours en ville, ce sont près de 75% des personnes enquêtées qui admettent passer au feu orange. 

En matière d’alcoolisation avant de prendre le volant, les choses semblent évoluer dans le bon sens (au moins dans les réponses données !) puisqu’entre 2004 et 2013 les Français sont deux fois moins nombreux à prendre le volant après avoir bu de quatre à cinq verres d’alcool soit 6% au lieu de 12 à 13% il y a moins d’une décennie. 

Reste qu’à la lecture de cette enquête (ici résumée à ses principaux points), on constate que la Sécurité Routière se trompe une fois encore de cible et oublie les facteurs accidentogènes réels (téléphone, drogue, vitesse et comportement au volant en ville) pour ne s’intéresser, une fois encore qu’à ce qui rapporte de l’argent à l’état, les radars et la vitesse…
Dans trois semaines, lors du comité interministériel nous découvrirons à quelle sauce nous allons être mangés dans les prochains mois et il y a fort à parier hélas, que rien ne changera !

Y’aussi ça :

Et comme nous le disons régulièrement, pas de Rumikub au volant !

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Via TNS Sofrès, AxaPrévention, Youtube, PréventionRoutière.