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Nous l’avions découverte et adorée en 2013 en version berline, re-voici la 308 dans sa version SW. Avec ce nouveau break compact, c’en est fini des grimaces pour ressembler à un monospace; Peugeot joue la carte de la tradition avec une ligne simple et racée, évocatrice de dynamisme autant que de volume. Sans surprise cette nouvelle version SW reprend à son compte la formule à succès de la berline couronnée par une avalanche de prix internationaux dont l’emblématique et très envié titre de Car Of The Year 2014. Fer de lance de sa reconquête et de sa montée en gamme, la Nouvelle 308 abat-elle une pièce maîtresse de Peugeot sur l’échiquier du segment B en Europe ? Direction le Touquet et la Côte d’Opale pour juger de ses qualités.

 

La Tradition ça a du bon !

Oubliez ce que vous saviez jusqu’alors d’une 308SW, cette nouvelle mouture 2014 n’a plus rien à voir avec le modèle qu’elle remplace, et c’est tant mieux ! Basée sur l’excellente berline 308 commercialisée en fin d’année dernière, le dérivé break qui sera en concessions le 24 avril prochain reprend bien évidemment la philosophie de la nouvelle compacte Peugeot : moins de poids,  un style sobre mais élégant, et un plaisir de conduire digne de la renommée maison. Avec 140kg de moins affichés par rapport au précédent modèle, ce nouveau break promet une agilité inédite dans la catégorie en reprenant à son compte les liaisons au sol de la berline.

Grâce à une gamme variée de crossover et monospaces qui répond aux attentes d’une clientèle éprise de nouveaux usages automobiles, Peugeot peut enfin renouer avec une tradition fortement ancrée dans son histoire, le dérivé break de ses berlines. La 508 avait montré la voie avec un version SW basse et classique, la 308 enfonce le clou en revenant aux fondamentaux de ce dérivé « utilitaire ».

 

 

Un break au style « simple et attractif ».

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C’est en ces termes que Gilles Vidal en qualité de Directeur du Design qualifie le look de son dernier rejeton. Et c’est vrai que la ligne générale ne fait pas dans la démesure, chaque détail est élégamment conçu pour former une allure distinguée, bourgeoise et un rien dynamique. La rupture avec la précédente génération est totale. La voiture est large, basse, cossue, et distille un pouvoir de séduction sans aucun artifice malvenu. Surtout, elle ressemble à un vrai break, et, au contraire de certaines rivales comme la Mégane Estate, elle n’hésite pas à laisser deviner sa longueur de chargement avec, de profil, un vitrage très étiré souligné de chrome. Avec la 308SW pas de méprise possible, nous sommes bien en présence d’un break compact. Peugeot applique à la lettre tous les codes du segment mais commet malheureusement l’erreur d’une identité visuelle arrière presque trop banale. Sans le Lion apposé fièrement au centre du hayon, difficile pour les plus novices d’identifier son constructeur. Où sont passées les feux griffés de Leds de la berline? Ils sont une des caractéristiques fortes de la gamme Peugeot actuelle et ici ils sont remplacés par des feux sans grande distinction qui m’ont fait penser à une Ford Mondeo. Un détail peut être, en tous cas la seule faute de style relevée sur un tableau par ailleurs très réussi.

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La seule évocation du modèle précédent est l’immense toit vitré qui chapeaute la carrosserie de ce bel engin : une verrière désespérément fixe (plainte récurrente pour les modèles du Lion!) d’ 1.64 m2 soulignée de fines barres de toit chromées intégrées dans le prolongement des montants de caisse. L’habitacle repris intégralement de la berline est envahi de lumière et l’impression d’espace disponible est amplifiée par cet éclairage zénithal. Le dessin du tableau de bord plaît toujours autant. La pureté et le dépouillement des lignes n’a d’égal que le soin apporté au choix des matériaux et à leur assemblage. On retrouve ici les mêmes qualités et défauts du concept i-cockpit de la berline : un parti pris stylistique fort et osé, un petit volant offrant des sensations de conduites inédites mais aussi une ergonomie discutable. Je n’arrive toujours pas à me faire à l’idée de devoir quitter la route des yeux pour agir sur la ventilation ou la température de l’habitacle. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si un minimum de commandes de clim’ était accessible « à l’aveugle » via des commandes rotatives ou à push sous l’immense écran tactile …

Au chapitre de l’ habitabilité, la 308 SW est un break bien dans son époque : à l’arrière, la place est suffisante pour accueillir confortablement deux adultes, mais dans la « vraie vie » ils seront sans doute plus souvent des enfants ou adolescents. Qui peut le plus peut le moins. La soute est facilement accessible grâce à une ouverture large et basse du hayon. Pas de seuil en aluminium en série mais un passage au rayon accessoires devrait corriger cet oubli. Au moment de charger généreusement l’immense coffre dont la capacité varie de 660 à 1775 litres nul besoin de contorsions grâce au système Magic Flat qui permet d’obtenir un plancher plat en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Pour la blague et en guise de défi potache, nous nous sommes entassés à 9 blogueurs dans cet immense coffre ! La 308 SW sait recevoir ! Elle détient le record de volume utile de sa catégorie.

 

Un break qui se conduit comme une berline …

et mieux encore, comme une berline 308 ! Tout est dit. Au volant de ce grand volume, on retrouve les sensations de conduite qui ont fait de la 308 LA référence actuelle de son segment en mix confort/tenue de route.

Pour mettre en valeur les qualités routières de son nouveau break, Peugeot m’a permis d’essayer deux nouvelles motorisations.

La première est le nouveau diesel Blue-HDi 150CH que j’avais testé en avant première sur la berline alors en plein réglages. Depuis ce premier contact, un gros effort d’insonorisation a été fourni, et on peut solliciter virilement la mécanique sans craindre de perdre le contact auditif avec ses passagers. La boîte de vitesse automatique de ma version d’essai est à la fois discrète en conduite coolée et réactive en cas de besoin. Cette version diesel ravira les très gros rouleurs par ses qualités de confort et d’endurance.

Mais la grande nouveauté sous le capot de la nouvelle 308 SW c’est évidemment ce fameux petit 3 cylindres essence qui a permis à Peugeot d’établir de nouveaux records de consommation avec un véhicule standard. En conduite ordinaire ( c’est à dire avec toutes les contraintes de trafic, de climat ou de chargement …) il est très facile de profiter de la vaillance des 130ch disponibles sans dépasser les 7 litres/100. Une halte à la Française de Mécanique, aujourd’hui filiale à 100% de PSA, où est fabriqué le petit THp, m’a permis de prendre la mesure de l’enjeu de reconversion de ce site d’où sont sortis tous les V6 français communs à Renault et PSA. Question d’époque … La naissance de ces petits moteurs augure une nouvelle ère en France ( et dans une moindre mesure en Europe) où le diesel s’est fait Roi ces trente dernières années et où il doit se renouveler face aux politiques internationales de green-washing. Aujourd’hui, et grâce entre autres à cette opération de down-sizing rondement menée par PSA, il est possible de rouler propre sans sacrifier au plaisir de conduite.

 

De plaisir il est aussi question via une nouvelle option inédite dans la gamme, le Driver Sport Pack. D’un push sur la console centrale, le conducteur agit sur l’exaltation de ses sens :

  • la vue : l’affichage des compteurs vire au rouge intégral
  • l’ouïe : la sonorité du moteur est amplifiée dans l’habitacle
  • le toucher : la direction devient plus incisive et la pédale d’accélérateur plus sensible.

Si ces deux derniers points mécaniques sont particulièrement intéressants pour pimenter le plaisir déjà grand de conduire une 308, j’avoue que l’amplification sonore du moteur, certes moins gadget que le R-sound de Renault qui propose de transformer le son de votre Clio diesel en celui d’une Formule 1 ( aïe !) , est assez superflue car au « naturel » le petit 3 cylindres essence émet déjà une sonorité excitante. Pire, au bout de quelques minutes, le bruit boosté devient franchement envahissant et lassant. C’est d’autant plus dommage que le système Driver Sport pack n’est pas paramétrable : ce sera donc TOUT ou …RIEN! A vous de choisir, selon votre propre sensibilité.

 

Déjà séduit par la 308, puis par la 308 SW, cette nouvelle motorisation, petite mais très volontaire, rajoute encore à l’intérêt que j’ai pour la berline compacte de Peugeot. Certes cette motorisation ne restera pas l’exclusivité de la 308 dans l’offre produits PSA, mais sa combinaison avec l’une ou l’autre des deux carrosseries disponibles en font un outil parfait du quotidien : de la puissance disponible à bas régime, des reprises volontaires, une consommation maîtrisée et ce feulement propre aux petits trois cylindres très agréable pour rythmer nos déplacements.

 

Chronique d’un succès annoncé ?

En reprenant les nombreuses qualités (et les quelques défauts) de la berline 308, Peugeot avait toutes les cartes pour réussir son break compact. Le résultat est largement à la hauteur des attentes. Cette nouvelle 308 SW devrait permettre à Peugeot de suivre et d’intensifier la pénétration de sa berline sur le segment C, le plus crucial du marché européen avec 4.5 millions d’immatriculations annuelles.  Les chiffres actuels sont déjà très bons : 70 000 commandes en sept mois de commercialisation et avec une gamme encore restreinte. 11% du segment est réalisé par la carrosserie break, soit environ 450 000 unités principalement écoulées au Danemark, en Slovaquie, ou en Suède. En France Peugeot estime qu’une 308 sur trois pourrait être un break SW. Avec seulement deux carrosseries disponibles, ce ratio est effectivement envisageable et pourrait vite se confirmer puis-qu’aucun autre dérivé n’est aujourd’hui envisagé. Où l’on pleure de ne pas voir Peugeot revenir aussi à la tradition sur le segment des petits cabriolets. Comment imaginer qu’une berline aussi équilibrée ne puisse pas être déclinée en un magnifique cabriolet ?

 

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Et comme un plaisir a toujours un prix, voici les premières infos disponibles :

Diesel :

1,6 HDi 92 Accès = 22 350€
1,6 HDi 92 Active = 24 050€
1,6 e-HDi 115 Active = 25 400€
1,6 HDi 92 Allure = 26 150€
1,6 e-HDi 115 Allure = 27 500€
2,0 BlueHDi 150 Allure = 29 500€
2,0 BlueHDi 150 Allure BVA6= 30 700€
1,6 e-HDi 115 Féline = 29 800€
2,0 BlueHDi 150 Féline = 31 800€
2,0 BlueHDi 150 Féline BVA6= 33 000€

 

Essence :

1,2 e-THP 110 Active = 22 750€
1,2 e-THP 110 Allure = 24 850€
1,2 e-THP 130 Allure = 25 950€
1,6 THP 155 Allure = 26 650€
1,2 e-THP 130 Féline = 28 250€
1,6 THP 155 Féline = 28 950€

 

Retrouvez toutes les caractéristiques techniques officielles ici :

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Merci à:

  • Peugeot pour l’accueil et la disponibilité de ses équipes, Anthony Roux pour sa sympathie et son professionnalisme.
  • Theophilus Chin pour les illustrations du cabriolet. (Pleeeeease Monsieur Peugeot !!!)
  • Mes amis et confrères blogueurs automobiles pour le soutien, l’entraide et la bonne humeur de nos essais
  • Le Temple de la Poterie à Attin pour sa participation aux photos.

 

Photos / illustrations : Philippe Kerleroux  et Peugeot Media.