Il est des voitures où, sans qu’on ne sache vraiment pourquoi ni comment, on se sent bien dedans. Le Volvo XC40 Recharge T5 en fait partie.

Snob que je suis ! Malgré mes huit ans d’essais sur ce beau site, je me suis rendu compte que je n’étais jamais descendu en-dessous des séries 70 chez Volvo. Il fallait que cela cesse, aussi j’ai décidé de passer quelques jours en compagnie du “petit” SUV de la marque, le XC40. Et comme j’aime à peu près tout ce qui se branche, j’ai jeté mon dévolu sur sa toute récente version hybride rechargeable, poétiquement dénommée “Recharge T5”. C’est parti pour cinq jours à son volant.

Enfin, petit, c’est vite dit. Avec ses 4.42 m de long, le XC40 se place au niveau des Volkswagen Tiguan & Audi Q3 (4.48 m tous les deux) ou du Mercedes-Benz GLA (4.41 m). On est donc sur une classe de polyvalentes, se voulant être valorisantes sans pour autant faire d’ombre aux gammes supérieures. Ce qui tombe bien, vu que le XC40 est une très jolie voiture. Vous allez me répondre que c’est purement subjectif et vous avez bien raison, même si quelques éléments plaident en ma faveur : les volumes sont simples, rassurants ; l’agressivité n’est pas trop présente ; le Rouge Fusion de mon exemplaire est à tomber par terre. Vous l’aurez compris : je trouve que ce XC40 est un des plus beaux SUV de sa catégorie. Quant aux spécificités de cette version hybride…il n’y en a pas. A part la prise sur l’aile avant gauche, rien de diffère !

On va aller encore plus vite concernant l’habitacle : absolument aucun détail ne trahit la motorisation du XC40 Recharge. Même volant, mêmes boutons, même levier de vitesse, même habitabilité. La plateforme sur lequel repose la voiture, la CMA, ayant été conçue pour pouvoir recevoir des batteries dès le départ, aucune perte d’espace à l’arrière ou dans le coffre n’est à déplorer. Une bonne chose, puisque les deux sont dans la moyenne du segment.

Planche de bord identique, donc. Là aussi un soulagement, puisqu’elle est (de mon goût, toujours) d’une sobriété tout à fait plaisante. Pour contextualiser, je sortais juste d’une Peugeot e-208 quand j’ai reçu les clefs du XC40, et la différence saute immédiatement aux yeux : alors que la française propose un tableau de bord hyper chargé, avec des courbes dans tous les sens et un écran posé au sommet, la suédoise propose, à l’opposé totale, une ambiance d’un calme et d’une sérénité assez impressionnante. C’est sobre sans être froid, l’écran s’intègre à merveille dans l’ensemble, les aérateurs sont magnifiques, bref : j’aime beaucoup. Niveaux matériaux, on est évidemment sur quelque chose de moins recherché qu’une voiture de la gamme 90. C’est tout de même absolument logique, d’autant que, encore une fois, pas grand chose n’est à reprocher. Pas grand chose, si ce n’est la sombre affaire des contre-portes, quasi exclusivement garnis d’une moquette noire -il existe un original coloris “Lava”, un rouge orangé que ne renierait pas une 205 GTi, mais pas disponible sur beaucoup de couleurs extérieures- absolument dégueulasse. C’est pas très beau, c’est rêche, ça chope la poussière ; non, vraiment, l’équipe couleurs & matières s’est bien foiré sur le coup.

Bon. Assez causé chiffons, il est temps d’ouvrir le capot. Pour se mouvoir, le Volvo XC40 Recharge T5 fait appel, d’une part, à un trois cylindres essence de 180 ch & 265 Nm de couple, et d’autre part à un moteur électrique de 82 ch & 160 Nm de couple, alimenté par une batterie de 10.7 kWh. En cumulé, on se retrouve donc avec 262 ch & 425 Nm de couple, exclusivement transmis à la route via les roues avant. 262 ch, ça commence quand même à causer ! Mais le 0 à 100 km/h trouble un peu : 7.3 s, c’est certes honorable mais pas non plus la grosse folie. Un coup d’œil à la fiche technique règle rapidement le problème : avec tout son attirail de batteries, “mon” XC40 pèse 1 871 kg !

Du coup, quand on voit qu’on a “que” 10.7 kWh de batterie pour alimenter le machin, on commence à avoir peur pour l’autonomie électrique. La norme WLTP affiche tout de même 45 km, un score dans la moyenne de la catégorie. Bonne nouvelle cependant : j’ai pu à plusieurs reprises accrocher les 50 km en une charge ! De quoi soulager le réservoir au quotidien. Sur les plus grandes distances, je suis allé prendre l’air du côté de Noirmoutier et j’ai, en partant aller comme retour avec la batterie pleine, consommé un respectable 6.0 l/100 km dans les deux sens. Au final, l’ordinateur de bord m’indiquera une consommation moyenne de 5.8 l/100 km après 1 100 km d’essai. N’oublions cependant pas la chose capitale à se rappeler avec une hybride rechargeable : votre consommation moyenne ne dépendra que de la fréquence à laquelle vous brancherez votre voiture. A voir selon votre usage, donc.

Terminons la partie chiffres avec la tarification : si la gamme du Volvo XC40 débute à 29 950 € avec un essence de 129 ch, l’acquisition d’un modèle Recharge T5 de 262 ch vous reviendra à 48 500 € minimum -auxquels il conviendra de retrancher un premier bonus écologique de 2 000 €, pouvant même être cumulé à un second bonus de 5 000 € grâce à l’autonomie EV urbaine supérieure à 50 km. Le prix de notre XC40 Recharge T5 tombe donc à 41 500 €. Pour remettre dans le contexte, la motorisation 100 % thermique la plus proche, un essence de “seulement” 197 ch, coûtera 44 300 € minimum.

“Bon Jean-Baptiste tu nous ennuies avec tous tes chiffres. Dis-nous comment c’est à conduire !”

Oui oui oui ça arrive. Un mot pour décrire l’expérience de conduite à bord du XC40 hybride ? Probablement doux. Les premiers kilomètres en tout électrique se passent assez logiquement dans un habitacle dénué de bruit ou de vibrations parasites ; mon exemplaire, doté des “petites” jantes de 19″, offrait en outre un confort global de fort bon aloi. Seule les décélérations pourront poser problème sur les premiers kilomètres, avec un frein régénératif quasiment absent (et qui, étrangement, n’est absolument pas modifié en enclenchant le mode “B”), obligeant à presser la pédale de frein assez fréquemment…qui se trouve être étonnamment ferme. On prend le pli en dix minutes, hein, mais la première prise en main peut déconcerter.

Et lorsque les batteries sont vides ? J’avais un peu peur que le 3 cylindres fasse de son mieux pour vibrer et gronder à la moindre accélération…mais il n’en est rien : l’isolation du moteur essence est particulièrement réussie. De fait, à part les franches accélérations, l’habitacle du XC40 hybride est remarquablement silencieux…sauf si vous optez pour la sono harman/kardon impressionnante de qualité et de précision. Là encore, nous ne sommes pas au même niveau que l’incroyable système Bowers & Wilkins disponible sur la série 90, mais n’oublions pas que le h/k coûte 750 € et le B&W…3 400 € !

Il s’est passé énormément de temps avant que je trouve une paire de jeans qui m’aille parfaitement. Parce que la largeur n’allait pas, parce que les jambes étaient trop courtes ou trop longues, parce que la taille était trop haute ou trop basse, parce que la coupe ne me convenait pas, bref, j’étais malheureux en pantalon. Puis vint le jour où mes fesses se posèrent dans un Levi’s 511 en 28/32. Et là, coup de foudre instantané : on aurait dit que cette paire était cousue sur ma peau. Du coup, dès que j’en enfile un, je ne peux que souffler un “aaaah” de satisfaction. Parce que je suis profondément bien dedans, parfaitement à l’aise. Ce “aaaah” de satisfaction, je l’ai également ressenti au volant du XC40 : par sa douceur, son silence et son côté parfaitement reposant, il rend chaque trajet un peu plus calme, un peu plus agréable, comme un petit cocon. Comme pour la série 90, Volvo nous propose quelque chose de différent de la concurrence et dont je suis absolument fan. Bravo !

Crédits photos : Jean-Baptiste Passieux

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