Cet homme est un doux dingue. Non content de bouleverser la manière de concevoir et de construire les voitures, de gérer une marque devenue mondialement connue en à peine quelques années, de fourmiller de projets dont celui de coloniser Mars, voici qu’Elon Musk lance son pick-up, nommé Cybertruck. Evidemment, il ne fait pas les choses comme tout le monde.

Pour vivre et exister sur le marché américain, un pick-up est indispensable. Ce n’est pas pour rien que le Ford F-150 est en tête de ventes des véhicules aux Etats-Unis depuis des décennies, loin devant les berlines et autre SUV. Elon Musk a donc décidé d’investir ce marché, en faisant “différent”.

Cela ne vous pas échappé, le Cybertruck a un dessin extrêmement personnel et ne ressemble à rien d’autre. Vraiment ? Pas si sûr. Si Elon Musk avait évoqué le film Blade Runner comme source d’inspiration, je trouve que le Cybertruck rappelle bien plus les concepts car Wedge Design des années 70 / 80 (Alfa Romeo Carabo, Maserati Boomerang et surtout Aston Martin Bulldog) ou même un Lockheed F-117 A Nighthawk, premier avion dit furtif. J’ai beau chercher, je ne retrouve pas le spinner de Harrison Ford.

Composée majoritairement exclusivement de lignes droites et d’angles aigus, le dessin du Cybertruck peut faire sourire, voire prêter à rire. Il n’y a qu’à voir le nombre de réactions sur les réseaux sociaux, généralement très critiques et hilares, pour réaliser que le design est extrêmement clivant. Je me sens bien seul à l’apprécier… Je pense d’ailleurs fonder un club privé où on pourra en parler de manière anonyme. Le profil très particulier, en triangle isocèle, a l’avantage de camoufler la benne, si mal intégrée sur les pick ups classiques. Celle-ci peut recevoir un couvre-tonneau à commande électrique.

La calandre est inexistante tandis que les phares sont réduits à leur plus simple expression. Avec ce Cybertruck, le dessin semble réduit à sa plus simple expression, mais il n’en est rien et il est très probable qu’il fera date dans l’histoire du design automobile. Quant à voir un redneck du Missouri échanger son Chevy Silverado pour ce pick up furtif, il va falloir attendre quelques décennies je pense !

Pour prouver la résistance phénoménale de son modèle, Elon Musk n’a pas hésité à le bombarder de coups de marteau pendant la présentation en direct. Mission accomplie pour ce qui est des panneaux d’acier qui ont résisté, nettement moins pour les vitres latérales, cassées à coup de pierre pendant la démo. Les aléas du direct ! Le patron de Tesla a promis de revoir ce point, qui sera à l’ordre du jour de la prochaine réunion projet ! Notez par ailleurs que les panneaux de carrosserie sont capables de résister à des tirs d’arme à feu d’un calibre de 9 mm. Cela doit pouvoir servir… aux Etats-Unis.

Les motorisations électriques sont plus classiques, pour du Tesla. Trois variantes sont proposées :

  • Un moteur, propulsion. 0 à 60 mph en 6,5 s, autonomie de 400 km
  • Deux moteurs, transmission intégrale, 0 à 60 mph en 4,5 s, autonomie de 480 km
  • Trois moteurs, transmission intégrale, 0 à 60 mph en 2,9 s, autonomie de 800 km ( !! ), capacité de traction de 6 tonnes (!!!)

Une seule photo de l’habitacle a été publiée. Le Cybertruck offre 6 places sur deux rangs, mais on peut se poser la question de la garde au toit pour le rang arrière, après la pointe du triangle. La planche de bord semble elle aussi tracée à la règle, aucune courbe n’étant visible. Elle n’a d’ailleurs jamais autant bien porté le nom de “planche”. Le grand écran central utilisé sur tous les modèles de la marque est bien sûr de la partie. A noter un volant très particulier, semblant sortir tout droit de K2000. Espérons que les modèles de série auront un vrai volant, rond, si les designers retrouvent leur compas.

Le Cybertruck est un véhicule très encombrant, selon des critères européens : 5,88 m de long pour plus de 2 m de large. C’est somme toute dans la norme du segment étatsuniens, mais si il venait à traverser l’Atlantique, il aura sans doutes du mal à évoluer dans certains petits villages. Succès garanti cependant, car vous ne passerez vraiment pas inaperçu !

Tesla prévoit déjà des extensions pour son pick-up, dont un quad inédit, dont on ne sait strictement rien. Peut-être encore un nouveau produit ?

La production du Cybertruck ne devrait, au mieux, être lancée qu’en 2021 ou 2022, tradition Tesla oblige. Mais la concurrence fourbit déjà ses armes : Ford prépare un F-150 tout électrique et le petit constructeur Rivian prépare son joli et moins disruptif R1T avec l’aide d’Amazon. D’ici là, vous pouvez déjà commander votre Tesla pour des tarifs entre 40 000 et 70 000 €.

Crédits photos : Tesla