Quarante ans de Volkswagen Golf !

Quarante ans. Quarante ans, pour les connaisseurs, c’est l’âge de Kate Moss, ou encore le nombre d’années qui nous séparent de la nomination de Valéry Giscard d’Estaing à la tête de l’État. Mais 1974 a aussi marqué la naissance d’une voiture emblématique : la Volkswagen Golf. Retour sur une saga de sept volets, qui aura bouleversé le paysage automobile.

Volkswagen Golf I (1974-1983)

Volkswagen Golf I

Volkswagen n’a pas été épargné par le choc pétrolier de 1973, et les ventes de la firme allemande au début des seventies s’en ressentent : la Coccinelle, après avoir surfé sur la vague du succès pendant près de 25 ans, est à bout de souffle, et la gamme relativement restreinte du constructeur, peine à convaincre. C’est dans ce contexte de crise que Volkswagen commercialise, en 1974, une nouvelle voiture, sensée succéder au célèbre scarabée : la Golf.
Imaginé dès 1969, le style de l’auto avait été confié à Giorgietto Giugaro, le célèbre fondateur d’ItalDesign. La volonté était de réaliser une voiture en rupture esthétique par rapport aux formes rondouillardes de la Coccinelle. Le succès est immédiat : proposée en 3 et 5 portes, la voiture étrennera dans un premier temps un bloc quatre-cylindres développant 50 ch. S’en suivra ensuite, des motorisations plus puissantes, des déclinaisons GTI, un Cabriolet, et  le succès que l’on connait tous : trois ans après son lancement, la Golf dépassait déjà le million d’exemplaires vendus. Ce seront en tout plus de 6 millions de véhicules qui trouveront preneurs en neuf ans.

Volkswagen Golf II (1983-1991)

Volkswagen Golf II

Après une carrière exemplaire, c’est au Salon de Francfort 1983 que la Golf se meut en une deuxième génération. Le style de l’auto n’apparait que peu changé par rapport à la Golf I, les formes cubiques du premier opus ayant convaincues.
Les modifications sont malgré tout importantes : la voiture est plus spacieuse, et suspension et direction ont été remaniées. La Golf dispose également d’une palette de motorisations plus garnie, allant de 54  à 210 ch pour la série limitée « Golf Limited », reconnaissable à ses jantes BBS RM de 15 pouces, et vendue à seulement 70 exemplaires.
La Golf II aura également donné naissance à une version GTD, qui apparait « visuellement » comme l’homologue diesel de la Golf GTI  qui dispose de 70 ch.Forte d’une gamme de motorisations élargie, d’une palette d’options grandissante au fil des ans, de toujours plus de déclinaisons et de séries spéciales, la Golf II poursuivra sans mal la sucess story lancée par la première génération, et atteindra également, à la fin de sa carrière, les 6 millions d’unités commercialisées.

Volkswagen Golf III (1991-1997)

Volkswagen Golf III

La saga Golf semble enclenchée. Après deux générations, et deux succès commerciaux, c’est sans grande surprise que la firme allemande commercialisera dès la fin de l’année 1991 en Europe la Golf III. Parler d’une palette de motorisations étendue devient un pléonasme : ce ne sont pas moins de 14 blocs qui vont se succéder sous le capot de la compacte, de 1991 à 1997 ! Les mensurations augmentent, le poids également, mais l’esprit Golf demeure : un véritable lien esthétique s’instaure entre la dernière née et ses aïeules.
Lors de la commercialisation de la Golf VR6 dès 1991, la Golf devient la première compacte à être équipé d’un moteur six cylindres, affichant 174 ch et dépassant les 225  km/h en vitesse de pointe. En 1993, la Golf proposera une transmission intégrale avec la Golf VR6 Syncro, une première dans la catégorie des compactes.
Aidée par une inédite version break, aux côtés des classiques déclinaisons 3, 5 portes et Cabriolet, la 3ème génération sera également très plébiscitée, même si elle fera moins bien que ses devancières en terme de ventes, avec « seulement » un peu plus de 4 millions d’exemplaires.

Volkswagen Golf IV (1997-2003)

Volkswagen Golf IV

La saga se poursuit : à la fin de l’année 1997, la Golf III passe le relai à une quatrième génération de Golf. Le contexte est cependant différent : si la Golf a longtemps été seule sur son segment, les constructeurs automobile ont commencé à rappliquer dès le début des années 1990. Opel Astra, Renault Mégane, Peugeot 306…la recrudescence du nombre de compactes et l’intérêt suscité par la catégorie se confirment lors du lancement de la Golf IV.Cela n’affectera malgré tout pas l’allemande qui, avec plus de vingt années de succès à son actif, peut compter sur une clientèle fidèle, sensible à la réputation de fiabilité qu’inspire le modèle.
Mais la Golf IV ne se reposera pas pour autant sur ses lauriers : elle sera lancée dès sa commercialisation avec sept motorisations, allant de 75 à 150 ch, et offrira au cours de sa carrière près de dix finitions, allant de la simple finition de base à la musculeuse version R32 de 240 ch, en passant par la très chic Carat et la très agréable Golf IV V5 de 170 ch. Les séries spéciales abondent, la réputation du modèle se perpétue, et les chiffres parlent d’eux-mêmes : presque cinq millions de Golf IV écoulées.

Volkswagen Golf V (2003-2008)

Volkswagen Golf V

Salon de Francfort, Septembre 2003 : tous les projecteurs sont braqués sur la Golf V. La concurrence est alors bien installée : Opel présente au même moment sa nouvelle génération d’Astra, et la Renault Mégane a été entièrement remaniée l’année d’avant. Mais la Golf n’en demeure pas pour autant déstabilisée, et voit même sa ville natale être rebaptisée « Golfsburg » à l’occasion de son lancement; preuve en est, s’il fallait encore le montrer, que la Golf est devenue une institution. L’émergence d’un « style Golf » est maintenant indéniable : montant C, hayon incliné…il y a des ingrédients indispensables lorsque l’on souhaite dessiner une Golf.
Fidèle à ses devancières, la dernière née proposera dès sa commercialisation en novembre 2003 une gamme pléthorique, qui sera complétée au fil de sa carrière, notamment par une version GTI de 200 ch en 2004, une transmission 4MOTION et une intimidante déclinaison R32 forte de 250 ch.
Cependant, aux côtés des désormais classiques modèles 3, 5 portes et break, la marque allemande fera le choix de remplacer le cabriolet par un modèle inédit doté d’un toit en dur, l’Eos, et commercialisera pour la première fois en 2005 une Golf « Monospace » nommée Golf Plus. Mais malgré ses efforts, la Golf V ne culminera, en 2008, qu’à 3,2 millions d’exemplaires vendus. Un chiffre à relativiser, car la Golf V demeurera malgré tout la compacte la plus représentée en Europe.

Volkswagen Golf VI (2008-2012)

Volkswagen Golf VI

2008 : la Golf a 34 ans, et sa réputation n’est plus à faire, ni à prouver. C’est donc timidement, comme à son habitude, que Volkswagen fait évoluer sa compacte fétiche. Trop timidement, peut-être : si la Golf a toujours changé en douceur, dans l’optique de ne pas froisser une clientèle établie et sensible à son design conservateur, la Golf, sixième du nom, apparaît malgré tout trop sage à sa sortie. Et elle ne fera pas longtemps illusion auprès des connaisseurs : la Golf VI est avant tout un « gros » restylage de la Golf V, dont elle reprend les soubassements.
La recette ne bouge pas : gamme de motorisations étendue, qualité de finition au diapason, nombreuses versions, le tout parsemé par un style typiquement Golf. Ce sixième opus n’aura malgré tout pas de mal à se hisser en tête des ventes européennes, et l’année 2011 sera marquée par la naissance d’une Golf VI Cabriolet, plus de dix ans après la Golf IV découvrable.
En seulement quatre années d’existence, la Golf VI séduira 2,8 millions de clients.

Volkswagen Golf VII (2012-?)

Volkswagen Golf VII (R)

C’est après une carrière relativement courte que la Golf VI se voit remplacée par une septième génération. Pour cet opus, les concepteurs sont repartis d’une feuille blanche : l’auto apparaît comme le fer de lance du groupe VAG et est la deuxième à disposer de la plate-forme MQB (après l’Audi A3 présentée quelques mois plus tôt), l’acronyme de Modularer Querbaukasten. Il s’agit d’une plate-forme modulaire qui servira de base à plus de 60 futurs modèles du groupe, toutes marques confondues (Volkswagen, Seat, Skoda…).Présentée au Mondial de l’Automobile de Paris en Octobre 2012, l’auto, également révélée dans sa livrée GTI, conserve malgré tout un sérieux air de ressemblance avec ses devancières : on ne change pas une équipe qui gagne ! Mais la qualité de finition est encore accrue, et les nouveaux soubassements de la voiture lui permettent d’afficher un comportement routier plus incisif, et de proposer des motorisations dernier cri, dont le fameux 1.4 TSI essence avec « désactivation des cylindres » (le moteur ne peut mettre à profit que deux cylindres sur les quatre selon la conduite adoptée).
La success story semble intacte : plus de 100.000 Golf VII ont été achetées en 2013.

Après quarante ans de bons et loyaux services, le constat est sans appel : la Golf est une véritable institution. Forte d’une clientèle fidèle, la Golf ne cesse pour autant de séduire de nouveaux acheteurs, grâce à une gamme pléthorique et à une réputation de fiabilité sans faille. Reste à voir si la recette va encore perdurer longtemps, et comment Volkswagen va envisager son renouvellement face à une concurrence toujours plus féroce.

Sources : Volkswagen, Wikipédia, Caradisiac, Autocar.co.uk.
Crédits photos : NetCarShow.