Selon James May (himself), la Golf est devenue à travers les générations la meilleure voiture du monde. Tout est une question de point de vue me direz-vous. Aussi, je ne vais pas retracer l’histoire du modèle que vous connaissez sans doute par cœur.

La gamme Golf n’a jamais été si complète qu’aujourd’hui. La 7ème génération voit l’arrivée de versions inédites, notamment celles propulsées par de nouvelles énergies. Mais comme vous avez déjà pu l’apercevoir lors de la prise en main de la Passat GTE, nouvelle énergie n’est pas obligatoirement synonyme de morosité et de disparition du plaisir de conduite.

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Jusqu’à maintenant déclinée en deux versions (GTI et GTD), la gamme Golf GT s’est élargie en 2014 avec l’apparition d’une version GTE. Je me rappelle m’être demandé à l’époque ce que cette énième version pouvait bien apporter à une gamme déjà visitée et revissée dans tous les sens du terme.

« GTE », mais que peut bien vouloir dire cet acronyme aguichant ? « Grand Tourisme écolo » ?

Rien n’est moins sûr… Vous verrez en effet par la suite que si vous voulez adopter un style de vie « eco-friendly », ce n’est pas forcément vers ce modèle qu’il faudra vous tourner, les chiffres annoncés par le constructeur étant déconnectés au plus haut point de la réalité (on ne reviendra pas sur le débat des tests non adaptés et tutti quanti).

J’en ai fini de ma petite présentation, entrons dans le vif du sujet.

Comme le dit si bien le dicton, c’est l’occasion qui fait le larron. C’est avec enthousiasme que je constate qu’une Golf GTE est disponible au parc presse VW pour essai. C’est avec encore plus d’enthousiasme que je reçois un mail du service presse me confirmant la réservation du véhicule pour une durée de cinq jours dont un week-end ! Me délectant d’avance de disposer d’une voiture ayant jusque-là fait l’unanimité sur une durée si confortable, je me mets en quête d’une destination qui pourrait coller à la philosophie de la bête. Une voiture de profil roulant en mode tout électrique avec un quartier design pour arrière-plan, c’est un peu banal… Et ce n’est pas vraiment la philosophie de la GTE, avant le « E », il y a « GT » ! Ce sera donc Reims avec un arrêt obligatoire sur le bien connu ex-circuit de Gueux.

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La Golf GTE ne passe pas inaperçue, la faute (ou pas ?) à de nombreux éléments venant renforcer sa personnalité, à commencer par la signature LED en forme de C. Les optiques arrière fumées également à LED sont reprises de ses sœurs sportives. La GTE bénéficie de jupes latérales spécifiques, d’une double sortie d’échappement chromée, de badges sur les flancs derrière les roues avant, de vitres arrières surteintées mais aussi et surtout d’étriers bleus ainsi qu’une d’une ligne de la même couleur parcourant toute la face avant jusqu’à l’intérieur des phares, à la manière de la GTI, le tout posé sur des jantes optionnelles de 18 pouces.

Encore une fois, avec de subtils (mais efficaces) changements, VW réussi sans mal à donner un surplus d’agressivité à la star de la gamme sans pour autant tomber dans l’excès voir le bling-bling, loin d’être dans les habitudes de la maison. Le Gris Carbone (lui aussi en option) vient parfaire l’allure sobre et résolument allemande de la GTE. À première vue, elle respire la qualité et le sérieux de fabrication. D’aucun dira qu’il s’agit tout simplement d’une « vraie voiture ».

Navré pour les détracteurs de la Golf, mais l’habitacle ne me donnera pas tort sur mon affirmation précédente. Les sièges aux motifs écossais (toujours dans le même esprit que la GTI) laissent ici place à du cuir intégral (cuir Vienna disponible en option), noir bien évidemment. Mais ce n’est pas bonjour tristesse pour autant. Noir c’est noir, il y a encore de l’espoir ! Le bleu définitivement associé au modèle est présent sur les surpiqûres de sièges/volant/levier de vitesses, mais également sur de fins liserés parcourant les bandes d’aluminium des portières ainsi que sur les seuils de portes. Associé à un éclairage d’ambiance blanc, je peux vous assurer que l’ambiance intérieure lorsque vous ouvrez la portière de nuit est enivrante.

La Golf GTE est uniquement disponible avec la boîte automatique DSG6 dont nous n’avons plus à vanter les qualités. En plus des classiques positions P, R, N et D, un B fait son apparition à côté du levier, je vous en exposerai l’utilité dans quelques lignes. Quatre modes de conduite sont disponibles (et non cinq comme sur les premiers modèles), hypothèse faite que les batteries du moteur électrique jouissent d’une autonomie suffisante, ce qui ne signifie pas pour autant que la GTE dispose de quatre personnalités différentes.

  • « E-Mode », vous l’aurez deviné, il s’agit du mode tout électrique avec jusqu’à 50 km d’autonomie (chiffre constructeur).
  • « Hybrid », tout est géré automatiquement. La voiture actionne soit le moteur électrique, soit le moteur thermique ou bien les deux en fonction de votre style de conduite et de l’autonomie restante.
  • « Charge », la voiture fonctionne (presque) uniquement en mode thermique afin de recharger les batteries aux dépens de la consommation moyenne qui affiche inévitablement quelques litres de plus.
  • « GTE », les deux moteurs fonctionnent de concert et fournissent une puissance cumulée de 204 ch. Les suspensions sont raffermies, la direction est également bien plus dure mais aussi plus communicative.

C’est donc dans Paris, au milieu sa circulation à faire perdre le vœu de silence d’un moine bouddhiste que j’entame cet essai de pratiquement 1000 km au terme des cinq jours.

Au démarrage, le mode tout électrique est actionné par défaut, vous pouvez ensuite à loisir sélectionner vous-même le mode de conduite qui vous conviendra le mieux. Le silence est bien sûr de mise et même dans une ville aussi bruyante que Paris, il vous suffit de mettre un peu de musique pour que les bruits environnant disparaissent complètement, chapeau pour l’insonorisation ! Comme l’a si bien dit la personne qui m’a présenté le véhicule, ouvrez la fenêtre dans de pareilles conditions et vous vous sentirez véritablement agressé par le monde extérieur.

Afin de préserver un maximum mon autonomie, je coupe la climatisation et ne fais qu’effleurer la pédale de droite, le couple de 330 Nm disponible à chaque instant me l’autorisant. Le tableau de bord me permet bien sûr de suivre en direct ma consommation électrique. En lieu et place du compte-tours habituel se trouve sur la droite une sorte d’indicateur de consommation. Lorsque vous vous trouvez dans la partie bleue, vous consommez, l’idéal étant de rester entre 0 et 2 pour préserver au mieux l’autonomie. Lorsque l’aiguille atteint la partie verte, c’est que vous êtes en train de recharger la batterie (au freinage notamment ou en descente laissant le frein moteur agir).

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Après quelques kilomètres, je sélectionne d’une simple impulsion sur le levier vers l’arrière la mystérieuse position B dont je vous parlais ci-dessus. Il s’agit en fait d’une position vous permettant d’optimiser votre consommation électrique. En effet, dès que vous relâchez même très légèrement la pédale d’accélérateur, le frein moteur se fait très puissant et la batterie recharge.

La position B demande une maitrise minutieuse de son pied droit, la voiture ne se comporte plus du tout comme en position D, l’inertie est bien présente. Avec un peu de pratique, vous pourrez ainsi anticiper n’importe quelle situation en relâchant tout simplement la pédale. Il est alors possible de s’arrêter à chaque feu rouge pratiquement sans toucher la pédale de frein (bien que l’arrêt complet nécessite obligatoirement une pression sur cette dernière). Vous vous retrouvez à l’arrêt et pouvez d’ailleurs enlever votre pied de la pédale, une icône ressemblant à celui du frein de parking (mais vert cette fois-ci) indique que la voiture ne bougera qu’après une nouvelle pression sur une des deux pédales. Un mode « start&stop » amélioré en quelques sortes.

Après y avoir gouté, on ne peut plus s’en passer. Je n’ai plus une seule fois roulé en D même sur voie rapide. La position B amène un confort de conduite que je n’avais jusqu’alors jamais rencontré. De plus, vous pouvez sélectionner cette position dans chaque mode de conduite, ce qui optimise constamment votre consommation et vous fait gagner quelques précieux kilomètres.

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Arrive maintenant la question du rechargement. Deux câbles sont à votre disposition, l’un pour la recharge sur borne rapide et l’autre pour la recharge sur secteur. La trappe se trouve quant à elle juste derrière le logo et s’ouvre d’une simple pression (la voiture doit être ouverte et à l’arrêt).

Ne disposant pas de borne chez moi, ce sera donc sur secteur. Le temps de recharge estimé via une prise conventionnelle est de 2 à 3h. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque l’ordinateur de bord m’indiqua près de 7h de recharge !!! Pas de panique, il y a une explication rationnelle à tout cela. En effet, la voiture a dormi dehors tout au long de l’essai, il est donc indéniable que la durée de rechargement s’allonge sensiblement en fonction des conditions de l’environnement, qui plus est lorsque le thermomètre affiche 3°C ! Ainsi, il m’est difficile de juger le temps de rechargement. En somme je la mettais à recharger le soir et elle était prête le matin lorsque je voulais m’en servir, c’est tout ce qui importe.

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En outre, VW fournit avec la Golf GTE une application dénommée e-remote qui vous permet de contrôler plusieurs commandes de votre voiture à distance telles que le rechargement que vous pouvez démarrer à l’heure à laquelle vous le souhaitez ou encore la climatisation vous permettant d’arriver dans une voiture à la température idéale. Je n’ai malheureusement pas pu essayer cette application, les codes m’ayant été fournis n’ont pas fonctionné. J’ai en revanche pu accéder au site Car-Net qui vous permet de suivre en direct le statut de votre véhicule : son autonomie, sa température intérieure, la durée de votre dernier trajet, le kilométrage ou encore son emplacement en temps réel.

« Quand est-ce qu’on arriiiiiiive ? »

Je n’avais heureusement pas de progéniture à l’arrière de la voiture me ressortant toutes les 15 minutes la sempiternelle phrase ci-dessus, que tous les parents ont entendue au moins une fois dans leur vie (je leur adresse d’ailleurs tout mon soutien). Je vous avais parlé un peu plus haut de Reims. C’est sous une pluie battante que j’emprunte la nationale afin de me rendre à ce qu’il reste actuellement du circuit de Gueux, c’est-à-dire les stands et les tribunes de la fameuse départementale 27. Je dispose de toute ma batterie et fonctionne ainsi en mode hybride. Les deux moteurs alternent de manière parfaitement imperceptible, sauf si vous appuyez fort sur l’accélérateur pour effectuer un dépassement.

Après environ 2h30 de route, aucun mal de dos carabiné malgré les jantes 18 pouces, c’est d’ailleurs la première fois que ça m’arrive après une telle distance sans pause. Deux options, soit je m’installe très mal dans les autres voitures d’essai, soit l’amortissement piloté DCC (Dynamic Chassis Control) disponible en option est rudement efficace… Indéniablement une compacte aux qualités routières exemplaires !

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Après le calme, la tempête. 

Après m’être imprégné de l’ambiance si particulière qui règne sur les restes du circuit (surtout avec une météo si capricieuse), je décide d’aller en découdre avec les petites routes champenoises.

Je presse sur le bouton « GTE », l’inscription apparait entre mes deux compteurs et les deux moteurs sont en marche. Je me mets en mode séquentiel et presse violemment sur la pédale de droite pour un départ digne du lieu dans lequel je me trouve. Enfin « digne », c’est ce que j’espérais… La chaussée détrempée associée au couple fulgurant des deux moteurs réunis donne lieu à un hurlement rauque du moteur et à un crissement de pneus à en faire tomber les restes des tribunes encore debout… Après ce semi-échec, je calme un peu le jeu et me concentre plutôt sur les sensations de conduite. Le moteur a vraiment une sonorité différente que dans les autres modes, sans être agréable, je dirais plutôt qu’elle pousse au crime. Les rétrogradages à haut régime donnent lieu à des envolées lyriques plutôt inattendues sur une telle voiture. La direction est lourde mais précise.

Malgré la route humide, les grands virages sont avalés à des vitesses plutôt décentes sans un seul crissement de pneu, elle vire à plat sans sourciller. La vitesse de passage de rapports n’est plus à vanter, la DSG 6 remplit parfaitement son rôle. Les reprises sont également très surprenantes, la GTE dispose d’un couple phénoménal disponible dans n’importe quelle situation. En effet à bas régime, le moteur électrique prend le dessus et vous apporte instantanément tout le couple nécessaire à surprendre bien du monde. Ce phénomène gomme d’ailleurs aisément la masse plutôt conséquente de la bête (1,6 T) qui en revanche se fait bien sentir lors d’un freinage intensif. La pluie aura malheureusement limité les manoeuvres acrobatiques, chaque pression musclée sur la pédale d’accélérateur se traduisant inévitablement par un train avant baladeur, mais on ne va quand même pas lui reprocher d’avoir du couple.

Retour en région parisienne le soir même, toujours via la nationale. Pour des raisons de sécurité (c’est ce que j’ai prétexté à mon copilote qui essayait de dormir, poussant un cri rageur chaque fois qu’il était secoué), j’actionne le mode GTE pour dépasser les quelques trainards du week-end. Les accélérations sont fulgurantes pour (ce que la plupart des gens doivent penser) une simple Golf grise avec des LEDs.

Afin de terminer cette journée en beauté, petit détour par la bien connue vallée de Chevreuse et son fameux enchainement de 17 virages. Les conditions sont bien meilleures, sol sec et peu de fréquentation à cette heure tardive me permettent de brusquer quelque peu la GTE. Bien que cet enchainement serré soit mieux adapté aux deux roues, la GTE avale les virages sans difficulté, la tenue de route est exemplaire et malgré quelques crissements de pneus aux ré-accélérations brutales en montée, les quatre roues restent littéralement collées à la route. Après plusieurs allers-retours, on appréhende bien mieux la manière d’enfoncer la pédale de droite, les crissements se font oublier et le plaisir n’en est que décuplé.

Je ne m’étendrai pas sur la consommation, sachant que j’ai sans aucun doute faussé les chiffres avec ma conduite pour le moins dynamique. J’ai cependant relevé 6.0 L/100km en moyenne sur la nationale 4 en mode « Charge » (avec des dépassements, traversées de villages etc etc) et un peu moins de 13.0 L/100km en conduite dynamique sur les petites routes champenoises. Bien que très éloignés des chiffres annoncés, les consommations sont loin d’être délirantes, d’autant plus que mes petits trajets urbains ont tous été effectués en 100% électrique.

Terminons, si vous le voulez bien par les différents équipements. La Golf GTE dispose d’absolument tout ce dont peut avoir besoin un conducteur exigeant actuel, et pour couronner le tout, pratiquement tout est en série. Front Assist (aide au freinage d’urgence), régulateur adaptatif, rétroviseurs électriques, caméra de recul, système de navigation et même l’excellent CarPlay adaptable aux iPhone et Android Auto pour Android. CarPlay vous permet de disposer de toutes les principales fonctionnalités de son smartphone en le branchant simplement via un câble USB. Vous pouvez ainsi accéder à vos musiques via Deezer, Apple Music ou encore Spotify, à vos contacts, à votre messagerie ou à Plans. Siri prend même le relais lorsque vous conduisez pour vous permettre de communiquer en toute légalité avec vos proches.

Être en avance sur son temps a toujours un prix. Sans tenir compte des bonus et autres aides de l’état pour l’achat d’une voiture hybride, vous devrez vous acquitter d’un chèque de 46 137 € pour le véhicule ici-présent, la GTE démarrant à 39 600 €. C’est cher je vous l’accorde. Mais la Golf GTE est loin d’être dénuée d’atouts. Confortable, équilibrée, vous passez d’un claquement de doigts d’une voiture électrique et apaisante utilisable quotidiennement à une compacte, n’ayons pas peur des mots, que je qualifierai de sportive.Disposant d’un coffre (bien que réduit, la faute aux batteries) suffisant pour partir à deux, voir à trois, elle vous comblera de bonheur en toute circonstance. Je ne vois aucune raison tangible vous faisant hésiter avec une berline tricorps thermique optionnée (en encore, pas autant que la GTE) dans laquelle vous ne ressentirez jamais les mêmes sensations de conduite.

Noël Mamère a dit, « Les écologistes ne s’intéressent pas qu’au cul des oiseaux et à la chlorophylle ! ». Si l’on peut s’offrir une GTE, alors je veux bien devenir écologiste…

Je tiens à remercier Volkswagen France, et tout particulièrement Marie Declercq pour sa confiance et le prêt longue durée de la Golf. Mes plus vifs remerciements également aux photographes, Corentin Pecnard & Nicolas Rhein, pour leur travail exemplaire.