Alors que la Yaris troisième du nom est présentée sur podium à Francfort, le BlogAutomobile est allé essayer la nouvelle petite Toyota sur les routes danoises. Après s’être alloué les services d’un personal trainer particulièrement efficace, la Toyota Yaris revient plus virile et musclée que jamais. Maturité ou travestissement de façade ?

 

 

Au premier coup d’oeil il est difficile de reconnaître en cette  Yaris 3 les gênes du premier modèle apparu au Japon en 1999 sous le patronyme Vitz. A l’époque la puce nipponne apportait un souffle frais et nouveau sur le marché des citadines et le succès fut immédiat, succès accru et renforcé par le second opus commercialisé en 2006. La Yaris, qui est le modèle phare de Toyota en Europe, doit une part de son succès dans l’hexagone à son label Made in France. Vous découvrirez bientôt que Toyota compte encore sur cet atout pour assurer le succès de sa citadine sur notre marché à travers une campagne promotionnelle pleine d’humour qui fait de la Yaris un des piliers de notre patrimoine.

 

Prise de contact à l’aéroport de Copenhague. L’objet original et sensuel qu’était la Yaris 1 est devenue une automobile robuste, classique, et plutôt impersonnelle. Difficile de lui trouver des défauts, mais l’émotion n’opère plus. La jolie ballerine de Toyota a grandi, s’est alourdie, et arbore le faciès sérieux et peu chatouilleur d’un videur de club privé. Dommage pour le charme … cette valeur subjective et non quantifiable qui aide à sortir un chéquier de sa poche au moment de renouveler son équipement automobile. La carroserie se décline en 10 couleurs dont le joli Rouge Stromboli de notre essai.

L’air de famille Toyota n’est pas immédiatement perceptible, et je me surprends toujours à croire voir une Peugeot 207 à chaque fois que je jette un oeil rapide sur l’arrière du véhicule. Il aurait été plus judicieux de garder la plaque minéralogique dans le pare-chocs. Le profil évoque d’autres modèles connus de la catégorie ( Clio en tête) et c’est le véhicule tout entier qui se fond discrètement dans le flot routier du Danemark sans faire tourner aucune tête sur son passage. Au vue du passé émotionnel de la Yaris, il est regrettable que cette nouvelle version perde toute aura face à ses concurrentes plus sexy et désirables.

 

 

Face à ses consoeurs elle reste fidèle au concept initial de compacité (compacte à l’extérieur, spacieuse à l’intérieur) et même si elle grandit de quelques 10cms la Yaris nouvelle génération avec ses 3,885 m reste parmi les plus petites de sa catégorie. Le coffre profite de cet allongement ( plus 25%) mais il perd la banquette coulissante au passage, perte imposée par la future évolution hybride.

 

Le coffre manque de hauteur mais ...

 

L’espace intérieur est plus accueillant qu’auparavant, en tous cas plus cossu, et visuellement plus grand. Un des objectifs principaux de cette cet opus 3 était de marquer une nette progression en qualité perçue. Le résultat est tout à fait à la hauteur des espérances de Toyota. La large bande horizontale moussée qui traverse la planche de bord donne une meilleure impression d’espace. L’ensemble est moderne et de bonne facture ( sauf le haut du tableau de bord au toucher creux et quelconque); il s’inscrit bien dans les tendances design de l’époque. Finie l’instrumentation centrale caractéristique du concept Yaris : Toyota ne veut plus d’un produit trop typé et, pour élargir sa clientèle, recours à une présentation classique et éprouvée avec un nouveau combiné d’instruments bien lisible, à rétro-éclairage rouge, centré par rapport au volant.

 

 

Pour coller à son époque, la nouvelle Yaris propose deux systèmes multimédias embarqués, le Toyota Touch et le Toyota Touch & Go. Le premier, constitué d’un interface à écran tactile couleur de 15cm avec autoradio-lecteurCD/MP3-connectivité Bluetooth et port USB est en série à partir du deuxième niveau de finition.  Le Touch & Go y ajoute un système de navigation dernier cri avec fonction envoi/réception de SMS sur écran avec affichage de l’image du contact. Une application Facebook spécifique permet même au propriétaire de la Yaris de rester connecté à sa communauté au fil de ses trajets.

 

Côté motorisations, rien de nouveau. Les motorisations Euro 5 de la précédente génération sont reconduits. En essence le choix se fait entre les 1.0 VVTi ( 3cylindres, 998cm3 69CH) et 1.33 Dual VVTi ( 4 cylindres,1329 cm3 99CH). L’offre diesel est assurée par le quatre cylindres 1.4 D4-D ( 1364 cm3 90CH).

Les blocs essence 99CH et diesel 90CH esssayés mettent en évidence le poids contenu de l’auto face à ses rivales. A noter qu’il relève l’exploit d’être inférieur de 20kg à la Yaris 2. Dans les deux cas les moteurs sont équipés d’une boîte 6 rapports, la vivacité est réelle, et la consommation raisonnable. Mécaniquement la nouvelle Yaris assure parfaitement ses fonctions de petite voiture “bonne à tout faire”. Son comportement routier est neutre et sans (mauvaises) surprise, le confort général satisfaisant pour la catégorie.

Attention aux équipements proposés, ils diffèrent selon que vous roulez en essence ou en diesel. Le régulateur de vitesse et le Stop and Start sont réservés au 1.33 VVTi. Cette motorisation représente l’essentiel des ventes de Yaris en Europe, le diesel étant une caractéristique atypique du marché français. Les fans de gazoles apprécieront … ou se poseront enfin la question de savoir si il est judicieux de choisir une motorisation diesel sur une citadine qui parcoure moins de 15 000 km par an et qui sert quotidiennement à de très courts trajets urbains et péri-urbains.

La gamme est composée de quatre niveaux de finitions : Active en accès de gamme, Dynamic en coeur de gamme, et Style ou Lounge en haut de gamme. Difficile de faire plus classique et banal en terme d’appellation commerciale. Encore une attaque à la personnalité de la Yaris …

Dès la finition de base Active on trouve de série les désormais “classiques” direction assistée et volant réglable en hauteur et profondeur, autoradio CD/MP3 avec prises USB/AUX, ABS, mais aussi sept airbags et le contrôle de stabilité du véhicule VSC.

Plus haut, la finition Dynamic, amenée à être la plus prisée, affiche un excellent rapport qualité/prix. La planche de bord et les contre portes gagnent un revêtement au toucher doux ainsi que des inserts d’aspect métal, volant et pommeau de levier de vitesses sont gainés de cuir,  l’interface audio et multimédia Toyota Touch avec caméra de recul devient standard, et la climatisation manuelle apparaît !

Enfin, la gamme Yaris est coiffée par deux niveaux de finition supérieurs, Lounge ( pour”ceux qui descendent du segment C” dixit Toyota) et Style ( pour les “jeunes” toujours selon Toyota) qui diffèrent par des détails de présentation.

Les amateurs de petites citadines sportives seront tristes d’apprendre qu’aucun projet de Yaris 3 TS n’existe chez Toyota. La Yaris Style avec son petit béquet arrière, ses jantes alliage 16” et ses paupières de phares noires est censée répondre aux attentes de la jeune clientèle masculine , cible de la TS … Dans le même temps la direction de Toyota affirme avoir voulu une nouvelle Yaris plus dynamique et plus virile que les précédentes… Si vous y comprenez quelque chose, tant mieux, moi je suis un peu perdu dans leurs explications et je déplore la disparition de cette petite bombe TS qui aurait fait beaucoup en terme d’image sur ce modèle si impersonnel.

 

Encore secrets lors des essais, les tarifs viennent d’être dévoilés avec la commercialisation de l’auto le 15 septembre.

Le ticket d’entrée est à 12 900 € ( bonus 400€ à déduire) pour la Yaris 69 VVT-i Active 3 portes avec clim manuelle en option à 1000€. Au sommet de la gamme trône la Yaris 90 D-4D MMT Lounge 5 portes à 19 550€ ( bonus 400€). Le modèle amené à être le plus diffusé en France, la Yaris 90 D-4D Dynamic 5 portes est tarifée 17 200€ (bonus 400€).

 

 

En conclusion cette Yaris 3 bien née risque de décevoir les clientes qui craquaient pour sa ligne. Toyota compte sur un élargissement de la clientèle Yaris vers plus d’hommes et en particulier plus d’hommes jeunes (!) pour faire de cette nouvelle version un best-seller européen et se placer en tête de podium des constructeurs automobiles. Pas sûr que le pari soit gagné sur la diversification de la clientèle, mais les ventes de la Yaris 3 devraient vite culminer en haut des classements car elle repose sur un capital sympathie certain, une fabrication sérieuse et une image de marque solide ( quel automobiliste lambda a en mémoire l’affaire des millions de Toyota rappellées en usine il y a peu …) . De plus son label Made in France devrait lui permettre de séduire toujours plus d’automobilistes soucieux du maintien des emplois industriels chez nous quand son offre multimedia abordable ralliera à sa cause les clients ou prescripteurs d’achats geek .

photos : Philippe Kerleroux et Nicolas Meunier ( Le Quotidien automobile).