Road Trip en Volvo V90

J’adore rouler, parcourir la France ou l’Europe par les petites routes. Petit à petit, j’essaie alors de m’organiser quelques road trip pour sortir de la région parisienne et notamment de la Vallée de Chevreuse qui commence particulièrement à me lasser. Un jour, je me suis tout bêtement rendu compte qu’il fallait moins de temps pour rejoindre Amsterdam depuis Paris que Bordeaux par exemple (et pour beaucoup moins cher). J’ai donc recherché un constructeur partant pour l’occasion, Volvo a répondu présent. Le choix s’est avéré judicieux tant il y a en a aux Pays-Bas (des nouveaux XC90 à tous les coins de rues). Et quoi de mieux qu’une voiture de « Papa », comme on dit souvent, pour parcourir plus de 1500 km dans un confort des plus incroyables ? La Volvo V90 D5 et ses 235 ch fera donc l’affaire (oui, papa est pressé). J’emmène dans ce périple 3 amis avec moi, dont deux filles, j’imagine donc que son grand coffre ne sera pas de trop pour tout caser. Cliché ? Oui ! Je suis mauvaise langue, elles ont su rester raisonnables avec leurs bagages.

 

La V90, vous la connaissez, Gabriel vous l’a fait découvrir il y a quelques semaines en version essence T6 de 320 ch. Je le rejoins pleinement sur plusieurs critères. Moi aussi j’apprécie moins la berline S90 quand ce break V90 est lui une pure réussite sous tous les angles : luxueuse et statutaire, classe et sportivité à la fois. Il en va de même pour l’habitacle que je crois considérer, de mon propre avis, comme le plus joli intérieur actuellement sur le marché. A la fois original et très bien fini, il fait preuve d’une modernité que j’apprécie énormément. Pourtant cela ne m’a pas empêché d’avoir un léger sentiment de déception en récupérant mon modèle en finition R-Design. Je faisais une fixette sur l’habitacle clair qui inonde les images officielles sur internet tandis que celui-ci est très sombre, même si les plaquages en (faux) carbone me font de l’œil. Mais ce qui m’a le plus déplu vient de l’habillage supérieur de la planche de bord, alors qu’il est pourtant très visible, il était ici en plastique moussé. Du cuir est pourtant possible à cet endroit, dommage…

Les bases sont posées, on est prêts à partir, c’est donc ainsi que je me retrouve un samedi matin de mars, après une grosse semaine de boulot, à prendre la route à 4h direction notre premier petit point de chute. Après un beau rythme de conduite, comme sur un nuage grâce à des suspensions pneumatiques aux roues arrière (1 980 €),  le trajet se déroule sans encombre dans un bien-être absolu. La conduite autonome selon Volvo, l’Auto Pilot, m’aura bien aidé à ne pas voir le temps passer et profiter un peu plus de l’environnement.

Aux commandes, le maniement de la tablette, que l’on peut vraiment appeler comme ça tant son utilisation est similaire aux Galaxy Tab ou autres iPad que l’on connait, est vraiment impressionnant. Jolie, fluide, réactive, très intuitive, tant de qualificatifs peuvent lui convenir. Elle peut être en plus très ludique grâce à la commande vocale, un simple « j’ai froid » vous rajoute 1°. L’ergonomie fabuleuse et l’irréprochable qualité de fabrication me laissent jouer avec tout ce qui tombe sous la main, sans une seule seconde d’inattention et en me permettant de découvrir facilement la totalité des (nombreuses) fonctionnalités de la voiture.

Nous arrivons à 8h30 à Kinderdijk. Ce petit village reconnu au patrimoine mondial de l’UNESCO est une véritable carte postale représentative des Pays-Bas. Il se situe sur un polder (étendue artificielle de terre gagnée sur l’eau) au confluent des Lek et Noord. Ce n’est pas moins de 19 moulins qui nous accueillent, le groupement le plus important du pays. La météo n’est pas avec nous, de quoi nous apercevoir qu’ils semblent tous fonctionnels et en prendre plein les yeux. On profite une petite heure du paysage, petite pause café et WC (tip : pensez à la monnaie, on passe sa vie à passer à la caisse…), et on fonce dans la voiture. Avec ce vent froid dehors, les filles regrettent vite d’être à l’arrière quand nous, à l’avant, allumons nos agréables sièges chauffants. Heureusement, je règle du bout des doigts le thermostat et la température monte vite à bord (et oh calmez-vous hein ! 😉 )

D’ailleurs en parlant des sièges, ceux-ci offrent un parfait maintien et vous plongeraient presque comme dans votre canapé. L’habitabilité est en plus royale, avec un espace autour de soi très conséquent. En revanche, pour une voiture très typée famille, la place centrale n’est pas désagréable mais se voit entravée par le tunnel de transmission. Un adulte ou un ado ne se sentira pas pleinement à son aise… Par contre le coffre ne devrait pas vous poser de problème pour emmener tout ce qu’il faut pour les vacances, avec un volume de 560 à 1526 l (sous tablette).

Interieur V90 Volvo

Rehausseur intégré à l’arrière : amusant et très pratique, il finit par se faire ressentir au fil des kilomètres en fonction de notre position. Un petit coussin sous les fesses et c’est réglé !

Direction ensuite Utrecht, c’est cette ville de 350 000 habitants (classée 4ème) qui nous donnera le véritable visage des Pays-Bas : de très jolies villes toutes construites autour de nombreux canaux, et aux maisons à l’architecture originale. Un dépaysement le plus complet et un bonheur de se laisser porter par la moindre petite rue. Attention aux vélos, ils sont partout et ont la pleine priorité !

C’est ici qu’on se rendra vite compte que la voiture n’est pas forcément la bienvenue dans les communes, le stationnement s’avère compliqué et cher, très cher. Alors bon courage pour placer une voiture de 4,94 m quand on ne veut pas de vous…

Ceci nous oblige à vite quitter la ville, et en route vers les grands espaces. Si vous connaissez un peu Amsterdam, vous n’êtes pas sans savoir qu’au Nord-Est se trouve le lac Markermeer. Ce lac de 700 km² est utilisé comme réservoir d’eau douce et permettrait d’éviter de possibles inondations. Une digue de 30 km de long, Houtribdijk, vous permet de traverser ces étendues d’eau et de contourner Amsterdam pour se rendre plus au Nord. Un parfait moyen pour nous de réaliser ce road-trip sans trop s’éloigner de la capitale néerlandaise. Ce paysage presque dépourvu de toute autre forme de civilisation nous plonge pleinement dans le bonheur des vacances, aussi courtes soient-elles. Quel meilleur moment alors pour tester deux fonctionnalités créées rien que pour le plaisir des occupants ? On actionne l’ouverture du toit ouvrant qui nous offre une sensation de liberté et plonge l’habitacle de lumière. La température n’est pas très élevée à l’extérieur, alors on le referme malheureusement rapidement. Malheureusement, pas si sûr… On envoie notre playlist Spotify préférée grâce à l’Apple CarPlay et on profite du système Audio Bowers & Wilkins à 19 haut-parleurs (3 400 €). Cette installation qui reçoit tous les suffrages de tous les journalistes est tout simplement bluffante. Je suis très (très) loin d’être mélomane, et je me suis toujours dit qu’à moins d’avoir un son vraiment crade – pardonnez-moi du terme – je ne verrais pas la différence. Mais là, une fois lancé le premier son, c’est un « waouh » instantané qui est sorti de ma bouche. L’immersion est incroyable, la qualité fantastique, augmenter fortement le volume ne fait pas mal aux oreilles, et je pourrais encore trouver de nombreuses autres bonnes choses à dire. Et en bonus, depuis l’extérieur, le son dégagé reste relativement discret afin de ne pas attirer de regards malveillants.

Ici, je reste stupéfait par l’agilité d’une telle voiture et son dynamisme malgré l’approche des 2 tonnes sur la balance. Après avoir pu tester les belles accélérations et reprises offertes par les 235 chevaux et surtout les 480 Nm de couple disponibles immédiatement nous atterrissons à Enkhuizen. Cette ancienne ville médiévale de seulement 18 000 habitants vaut franchement le détour pour une petite pause reposante.

Même si j’avais pu avoir un aperçu à Utrecht le matin même, c’est cette petite cité qui m’a ouvert les yeux en grand sur le gabarit de la voiture. J’ai parcouru de nombreuses minuscules ruelles à la recherche de spots photos, et c’est dans ces moments-là qu’on regrette l’absence de la caméra 360° (Surround View chez Volvo). Au prix de la bête, ça fait mal de devoir rajouter 1 100 € juste pour ça quand même. Et pourtant c’est assez primordial pour naviguer un peu plus en confiance. Car à part ça elle reste étonnement maniable et agréable à emmener en ville.

Essai Volvo V90 D5

Il est 17h passé, la nuit n’est déjà plus si loin et il commence à se faire tard si nous voulons profiter un peu d’Amsterdam. Nous arrivons à notre hôtel dans le sud de la ville après une grosse journée à bord de cette Volvo V90 et déjà plus de 700 km parcourus. Par bonheur, nous ne sommes même pas fatigués tellement la vie à bord est favorable aux longs trajets et l’insonorisation réalisée aux petits oignons. Les hébergements y sont très chers et nous sommes un peu excentrés, heureusement la ville est bien desservie en transports en commun et le métro est juste à côté. Prêt alors pour découvrir les incontournables telles que la Place du Dam, le Rijksmuseum ou la maison d’Anne Frank, mais aussi les nombreux canaux et évidemment le légendaire quartier rouge.

Après une courte nuit on profite à nouveau rapidement d’Amsterdam, beaucoup moins agréable sous la pluie et on retrouve avec plaisir notre salon roulant pour terminer ce road-trip.

C’est ce second jour, du côté ouest du pays, que j’ai pu le plus apprécier l’aspect presque sportif de la voiture. Les routes se sont avérées plus sinueuses avec de belles courbes et de sympathiques dénivelés. Direction tout d’abord Haarlem… Et non, nous n’avons pas fait un saut en Amérique en quelques minutes. La Hollande a eu un impact fort au XVII ème siècle sur la colonisation aux Etats-Unis, d’où les nombreuses similitudes.  Cette petite bourgade de 150 000 habitants, pleine de charme, est la capitale de la province de Hollande-Septentrionale. Quelques éclaircies nous replongent rapidement dans un bel état d’apaisement. Cela ne nous empêche quand même pas de remonter avec impatience à bord de notre monture scandinave.

Nous passons à proximité du parc national Zuid-Kennemerland, presque désertique et à la faune sauvage dense. Après avoir fait le plein de photos, c’est dès lors que je vais pouvoir lâcher un peu la cavalerie. Alors pour les amoureux de sensations, ce n’est pas avec ce break de chasse que vous allez être servis. Ça accélère fort, avec un 0 à 100 km/h en 7,2s, et ça continue jusqu’à des vitesses que seuls des allemands ont le droit de connaître. Mais le ressenti est très filtré. En revanche, réglée en mode sport, elle est d’une énergie à couper le souffle… Dommage que le roulis ne soit pas un peu plus contenu mais la vivacité est de mise et on se prend à hausser le rythme très rapidement à la moindre occasion [enfin, uniquement après avoir déposé les enfants cela va de soi]. Le toucher de route est précis et les informations bien retranscrites. Les 4 roues motrices sont efficaces, en restant bien cloué au sol, et vous permettent d’oublier le temps qu’il fait dehors pour simplement vous laisser aller.

Heureusement qu’on a affaire à un diesel à la sonorité déprimante, car avec un échappement plus mélodieux et couplé à la sono B&W, la conduite deviendrai encore plus grisante et nous pousserait presque à faire n’importe quoi… Non je ne plaide pas coupable…

Après ces quelques dizaines de kilomètres placés sous le plaisir de conduire, et oui c’est possible même au volant d’un bon gros diesel, on arrive dans des villes bien moins sympathiques. Bétonnées et bien plus « attrape touriste » que ce qu’on la eu la chance de découvrir jusque-là. Et pourtant une belle récompense nous attend : quel bonheur de fouler les énormes étendues de sables qui bordent la mer du nord. Du côté de Noordwijk on profite du coucher de soleil qui se reflète sur la mer, et d’un peu d’air pur.

Une fois la nuit tombée il est temps de retourner direction notre capitale française cette fois-ci. Sans oublier de passer par La Haye et Rotterdam afin d’avoir franchi les 4 plus grosses villes du pays (que sont Amsterdam, Rotterdam, La Haye et Utrecht). J’accorde alors un peu plus d’attention aux petits détails importants pour une prise en main au quotidien. La boîte de vitesse automatique Geartronic à 8 rapports, bien que très réactive, n’est étonnement pas des plus discrètes dans certains cas. Pas d’à-coups intempestifs à déclarer mais quelques cafouillages sans grandes conséquences. Et, le freinage, très mordant en conduite vigoureuse s’avère à contrario un peu trop ferme en ville par exemple. Peut-être aurais-je eu besoin de quelques jours supplémentaires pour mieux doser mon pied…

Le chemin du retour me permet d’encore mieux appréhender l’Auto Pilot. Avec près de 2000 km parcourus, la conclusion est évidemment que cela reste perfectible. Mais, sur une autoroute fluide, cela devient très agréable et permet d’enchaîner des kilomètres sans s’en rendre compte. La confiance n’est pas encore pleinement au rendez-vous, on reste donc encore concentré. Mais au moins, comme sur la Série 5 essayée par votre cher Ugo, elle ne joue pas au ping pong dans notre file. Au final, c’est dans les bouchons que cela prend tout son sens, on redevient calme et on patiente sans stress !

La fatigue se fait tout de même ressentir et c’est là que je remercie sérieusement les suspensions pneumatiques. Elles ont affronté avec brio les autoroutes peu complaisantes de Belgique et des Pays-Bas, mon dos en est reconnaissant. L’insonorisation est extrêmement aboutie, bruits de vent et du moteur sont quasi inexistants. Et là c’est ma tête qui est en reconnaissant.

Essai Volvo V90 D5

Fin du périple à plus de minuit, prêt à enchaîner une nouvelle semaine après quelques petites heures de sommeil. Retour donc à la vraie vie avec tout ce qui touche à vos économies.

La consommation peut tomber sur autoroute facilement à 6/6,5 l aux 100 km. Mais en ville, tablez plutôt sur 8 l/100 en fonction de vos habitudes. Sur route, cela serait vous mentir que de vous donner un chiffre moyen, mais avec la conduite tonique qu’elle mérite on arrive rapidement à plus de 10 l. Avec un réservoir de seulement 60 l l’on peut par conséquent se retrouver fréquemment à la pompe.

La V90 débute à 45 150 €, mais vous n’aurez le 4 cylindres qu’en version 150 ch et BM6, au revoir dynamisme. La D5 commence quant à elle à 57 250 €, mais nous sommes encore loin d’arriver à mon modèle d’essai. Comme nos amis d’outre-Rhin, la liste des options possibles est à rallonge. Ainsi après avoir sélectionné la finition R-Design (qui se démarque par une face avant plus sculptée ou le châssis sport de série) et ajouté par exemple la couleur métallisée à 1 100 € et des jantes 20’’ à 1 820 €, mon break de chasse du jour se monnaye pour 83 280 € : c’est un tout autre monde. À ce prix vous pourriez être acquéreur d’une E 350 d Break (plus puissante mais avec moins d’options) ou d’une A6 3.0 TDI 218 (toujours moins équipée, moins puissante mais tout aussi rapide). La Volvo V90 se démarquera en revanche nettement plus et sera vecteur de sympathie des autres automobilistes ou piétons. Sinon, vous pouvez aussi prendre deux Renault Talisman Estate DCi 160…

Road Trip en Volvo V90

Véritable incitation au voyage, la Volvo V90 s’est avérée idéale dans toutes les situations : découverte de paysages, besoin de confort, envie de dynamisme, luxe à bord, et même pour écouter de la musique. Avec une qualité de présentation aussi soignée, ce renouveau de Volvo peut être en passe de devenir une référence. Ajoutez à cela un comportement difficile à mettre en défaut et assurant un agrément exemplaire, et vous avez face à vous un joli break qui aura du mal à vous décevoir.

J’espère que ce format inédit et ouvert à un plus grand nombre de lecteurs vous aura plu et bien immergé avec nous. On vous prépare quoi qu’il arrive une très belle surprise pour la fin du mois de mai, avec cette fois-ci une voiture bien de chez nous, essayez de deviner ! 😉

 

Je tiens à remercier Volvo France pour le prêt et la confiance accordée. Je remercie également mes compagnons de voyage qui ont été de parfaits « petits enfants ».

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)