Nous n’adopterons pas la posture bersculonienne qui veut que l’on qualifie cet accord d’historique entre la direction de Fiat et tous les syndicats, sauf la puissante CGIL, mais il faut reconnaitre que cet accord aussi discutable soit-il permet de maintenir la production sur le site historique de Mirafiori.

D’un coté la direction de Fiat et le gouvernement italien qui se félicitent de cet accord qui est un investissement important le pays, de l’autre le syndicat CGIL qui qualifie cet accord de honteux, d’indéfendable qui efface de fait et par quelques signatures l’existence du contrat de travail national et identique pour tous. L’état se félicite par la voix du ministre du travail M.Sacconi de la mise en place d’un syndicalisme participatif, la patronne des patrons italiens, Emma Marcegaglia fait savoir que c’est une entente innovante pour le monde industriel et enfin CGIL fait savoir que cet accord servira à limiter la liberté syndicale et à museler les revendications.

Cet accord prévoit donc :

– La création d’une co-entreprise entre Fiat et Chrysler avec à la clef uninvestissement de un milliard d’euros sur le site.

– Une capacité de production de 280.000 voitures/an  ( Jeep + Alfa Romeo ).

– Un contrat de travail spécifique avec 40 heures hebdomadaires mais des pauses réduites de 10 minutes.

– Une hausse annuelle des salaires de 3700€ soit 308€/mois.

– L’exclusion au sein de cette nouvelle co-entreprise des syndicats non signataires de l’accord.

Cet accord place d’entrée de jeu, le syndicat Fiom-CGIL en dehors de la vie syndicale du site de Mirafiori. Les représentants  de gauche mettent en avant le fait qu’ainsi la direction de Fiat va museler toute opposition syndicale à sa politique salariale, sociale, industrielle ou financière en supprimant les éléments syndicalistes perturbateurs.

L’accord ratifié ce 24 décembre par les syndicats signataires, sera approuvé dans le courant du mois de janvier 2011 par les salariés du sites lors d’un référendum interne au site de Mirafiori. Cet accord jette aussi les bases nécessaires pour la préparation de la production du SUV Alfa Romeo dès le mois de décembre 2011, c’est à dire dans une année si tout va bien !

Via AFP, LesEchos.