180 chevaux, 4 roues motrices, une boîte à double embrayage, un équipement au top et une présentation haut de gamme : le Ford S-Max Vignale TDCi 180 i-AWD est le monospace de Monsieur Plus.

En début d’année, je vous ai proposé dans la foulée sur ce magnifique blog les essais de la Ford Mondeo Vignale TDCi 210, ici, puis celui du Ford S-Max TDCi 180, là. Alors au lieu de vous parler de cette déclinaison Vignale TDCi 180 i-AWD du S-Max, je vous invite à relire ces deux articles et à faire votre synthèse vous-même, comme ça, moi, je peux aller au bistrot.

Non, je déconne. Après tout, je suis quand même pas payé à rien foutre et puis je trouve ça intéressant d’avoir affaire à un monospace qui aurait coché quasiment toutes les options possibles. Genre, vous avez une famille, vous n’êtes pas très branché SUV (ça fait d’ailleurs de vous un putain de rebelle dans le contexte actuel) et, pour le choix de votre monospace, vous avez envie de vous faire plaisir et de jouer la sécurité avec une transmission intégrale parce que ça vous rassure, ou que vous vivez dans une région à la météo compliquée, ou que vous allez souvent au ski, ou pour toute autre raison qui vous regarde, en fait…

Donc, dans la gamme S-Max Vignale, ça tombe bien : la transmission i-AWD est disponible avec le moteur TDCi 150 avec la boîte manuelle à 6 rapports et avec le TDCi 180 avec la Powershift à 6 rapports, et c’est cette dernière qui s’impose pour la sérénité apportée par sa transmission. Certes, la version TDCi 210 est tentante, avec son moteur biturbo, mais vous avez hésité entre le supplément de performances (218 km/h en pointe et le 0 à 100 couvert en 8,8 secondes, contre 206 et 10,5 pour mon modèle d’essai), mais la polyvalence en toutes circonstances a pris le dessus sur l’envie d’aller faire le justicier sur les Autobahnen.

Pour le reste, ces modèles sont identiques dans leur présentation. Car c’est là que la griffe Vignale prétend tirer son épingle du jeu avec, d’un côté, une qualité de présentation et de finition très haut de gamme, assortie à une offre de services premium, telle la conciergerie accessible 24 heures sur 24, par exemple. Autre nouveauté : le S-Max se dote, comme quasiment toutes les évolutions actuelles des Ford, de l’info-divertissement SYNC 3, nettement plus agréable et rapide à l’usage.

Cossue, non ?

Dans sa livrée Vignale, le S-Max adopte une posture que l’on peut qualifier de discrètement bourgeoise. D’ailleurs, les affres de la création littéraire étant ce qu’ils sont et la fulgurance, hélas, nettement plus rare qu’un flash de radar automatique, je vais réutiliser une formule que j’avais trouvé à propos de la Mondeo Vignale : « on connaissait la Fiat Croma, voici la Ford Chromée ! » et qui se transpose très bien à ce S-Max.

Car de la calandre en passant par les entourages d’anti-brouillards, les poignées de porte ainsi que les jantes spécifiques, la S-Max Vignale brille de mille feux. La palette des 6 coloris ne donne pas dans le clinquant, à l’instar de ce brun « Nocciola » (une option à 350 €) qui équipe notre modèle d’essai équipé de roues de 19 pouces (une option à 600 € avec les pneus en 245/45). Quant au cuir matelassé (ivoire ou noir, au choix), il présente bien et revêt même les sièges du troisième rang. Et comme on retrouve du cuir sur les contre-portes et le tableau de bord, l’ambiance premium est là. Ou quasiment là : car oui, Henry Ford, ou que tu sois, dit à tes équipes de remplacer au plus vite cet horrible plastique clinquant bas de gamme qui orne la console centrale au niveau du levier de boite ainsi que le pavé de commandes des contre-portes. Ca fait toc, ça fait cheap et ça fait partie des petits détails qui gâchent des réalisations qui pourraient être pertinentes par ailleurs.

On se console en s’installant dans des sièges multi-contours bien conçus et extrêmement confortables (en plus d’être chauffants, ventilés et massants), puisque chaque bourrelet est réglable individuellement grâce à l’interface de l’écran central.

Et cette expérience est plus plaisante qu’auparavant, puisque le SYNC 2 a laissé la place au SYNC 3. Pour avoir roulé sur pas mal de Ford récemment, je m’étais fait au SYNC 2 et à sa logique et je n’avais à lui reprocher que de trop petites touches quand on utilisait la fonction tactile pour changer de station de radio, par exemple. Là, avec le SYNC 3, le progrès est notable. Non seulement le système est plus rapide, mais la réactivité et la compréhension de la commande vocale est meilleure. De plus, l’écran d’accueil sur le menu principal ne fait plus appel à quatre fenêtres d’importance égale, mais hiérarchise les choses : et c’est assez logique d’avoir plus d’espace dédié au GPS qu’à l’affichage de la température, par exemple. Cerise sur le gâteau : les graphismes et polices sont à la fois plus simples, modernes et lisibles…

Des différences subtiles mais réelles…

Par rapport à mon précédent essai de la S-Max TDCi 180, vous devez vous dire que cette Vignale est la copie carbone de l’autre, sièges en cuir mis à part. Eh bien en fait, pas tant que cela : car il y a des différences subtiles qui modifient l’expérience de conduite et qui font que la Vignale est, à mon sens, plus cohérente. Je m’explique.

Premièrement : l’impact de la transmission i-AWD. Si l’on en croit la fiche technique, à transmission égale (avec la Powershift, donc), l’i-AWD est responsable d’un surpoids d’environ 70 kilos, d’une légère baisse des performances (moins 2 km/h en pointe et moins 1 seconde sur le 0 à 100), ainsi que d’un réservoir dont la contenance perd 4 litres (de 68 à 64), alors que la conso moyenne officielle est en hausse (de 5 à 5,8 l/100 – moi j’ai tourné à 7,8 de moyenne sur cet essai). Mais ça, c’est un point qui concerne toutes les S-Max et pas spécifiquement la Vignale.

Deuxièmement : le confort est différent. Il y a les sièges, certes, qui sont en toute logique meilleurs que ceux des versions classiques, mais l’environnement sonore est très différent. La Vignale embarque en effet un système de réduction active du bruit avec 3 micros installés dans l’habitacle et qui génèrent, via le système audio, une onde sonore neutralisante. Comme en plus la Vignale possède des vitres avant plus épaisses, l’isolation phonique de cette S-Max est à citer en exemple et, à 120 km/h sur autoroute, vous n’entendez quasiment aucun bruit mécanique ni aérodynamique. C’est bluffant.

Morale de l’histoire : au-delà de ses jantes chromées et de son cuir sophistiqué, la S-Max place le conducteur aux chacras ouverts et à la sensibilité réceptive dans un environnement sensoriel différent, fait de silence et de confort en hausse. De fait, alors que je trouvais ma première S-Max TDCi 180 un peu molle du genou et que j’avais fait une grande partie de mon essai avec la Powershift en mode sport, la Vignale m’a placé dans un écosystème plus serein et j’ai trouvé mon compte, dans la plupart des cas, avec la boîte auto en position standard, considérant que les 400 Nm (disponibles dès 2000 tr/mn) étaient suffisants, même si la S-Max tire un poil long (à peine 1500 tr/mn à 90 km/h et un petit 2200 à 130 km/h).

Et pour le reste, on retrouve avec grand plaisir un châssis sain, avec un train avant précis (la direction pourrait toutefois se montrer un peu plus informative) et peu de roulis en entrée de courbe. Tout Vignale qu’il est, le S-Max reste le monospace de ceux qui aiment conduire et pas qu’en ligne droite. Et ceci n’est pas incompatible avec les aspects pratiques : les sièges arrière qui se manipulent facilement et le coffre qui peut varier de 285 à 2020 litres.

Chère, pas chère ?

Tout dépend comment vous voyez les choses. Car le S-Max Vignale est disponible à partir de 45 700 €, ma version d’essai débutait à 49 700 € et finissait à 56 320 € avec les options.

D’un côté, Ford explique qu’une Vignale est plus « rentable » qu’une Titanium, puisque une Vignale est plus chère de 6700 € mais offre 7700 € d’équipements supplémentaires. De l’autre, malgré son positionnement super haut de gamme et un équipement d’origine déjà bien fourni (avec les 7 sièges, l’aide au stationnement avant et arrière, le pare-brise chauffant, la clim’ bizone, une caméra de recul, un éclairage d’ambiance à LEDs, des feux adaptatifs à LEDs, la reconnaissance des panneaux de signalisation…), la Vignale demande encore pas mal d’options, telles le toit panoramique (1000 €), les vitres arrière surteintées (150 €), le volant chauffant (150 €), les sièges massants et ventilés (800 €), l’audio premium Sony avec 12 HP (350 €), la caméra avant grand angle (400 €), la clim’ trizone (600 €), le régulateur de vitesse adaptatif avec freinage d’urgence (650 €) et bien d’autres encore… Et vu le positionnement de la voiture, je n’aurais rien eu contre un affichage tête haute.

Ce qui séduira peut-être le prospect, et que le scriboublogessayeur de base ne peut pas toucher, c’est la pertinence des services sur le long terme. Le client sera t’il attaché à sa conciergerie joignable en permanence ? A un lavage mensuel offert pour que sa Ford chromée conserve tout son éclat ? C’est tout le mal qu’on leur souhaite…

Photos : Benoît Meulin (© Blue Door Prod / www.bluedoorprod.fr)