Alors que l’offre Mercedes est aujourd’hui pléthorique, avec plus de 30 modèles au catalogue, nous avons choisi de vous présenter cette semaine la CLS. Et pas n’importe laquelle parce ce qu’il s’agit de la CLS 450 et son étonnante motorisation hybride. Entre douceur et bestialité, c’est à découvrir tout de suite sur blogautomobile !

Je me permets de débuter cet article par le style car c’est ce qui fait le plus débat dans ma tête. Schyzo ? Non non rassurez-vous. Mais je me bataille avec moi-même pour savoir si je la trouve belle ou non. Et je compte sur vous pour m’aider dans ce choix. En fait, j’ai toujours adoré ce coupé CLS depuis son premier lancement en 2004 mais j’avais été franchement déçu par cette nouvelle descendance apparue au Salon de Los Angeles fin 2017. Pourtant, dans la nature, au milieu des voitures de monsieur tout le monde, elle intimide. Et si en photo je n’appréciais pas particulièrement le dessin des feux qui paraissent tristes, que ce soit à l’avant et à l’arrière, il faut reconnaître qu’en sa compagnie mon avis tend à changer. Et on a tendance à remarquer plus facilement sa puissante calandre inversée qui ne demande qu’à dévorer du bitume, tout comme les larges épaules qui la pose littéralement au sol. En plus, tous les ingrédients d’un coupé sont bien là : une ceinture de caisse haute laissant de faibles surfaces vitrées, un montant C fuyant et une allure pleine de dynamisme. Enfin, bon nombre de regards se retourne sur son passage, alors, adoptée, cette CLS troisième du nom ?

En grimpant à bord, pas de surprise, on retrouve l’habituelle planche de bord équipée de la large dalle qui abrite deux écrans de 12,3 pouces. Nous sommes accueillis par un intérieur très cossu, et qu’on aime ou pas, on ne peut qu’être impressionné par la qualité des finitions et des matériaux utilisés. D’autant qu’à la nuit tombée, l’éclairage d’ambiance se veut toujours plus impressionnant et inédit sur le marché.

Dans cet univers très feutré on aperçoit l’apparition d’une cinquième place pour cette nouvelle génération, une place symbolique mais qui pourra faire la différence lors d’une éventuelle signature. En plus, s’ils respectent une taille standard 😀 , chaque passager sera plutôt bien accueilli et pourra embarquer sa propre valise grâce à un coffre de 520l.

Avec cette promesse un peu bipolaire, qui commence à déteindre sur moi, je ne sais pas vraiment par où commencer pour la découvrir. Finalement, mon programme de la semaine ne m’aura pas vraiment laissé le choix en débutant par quelques centaines de kilomètres d’autoroute. Et c’est avec – grand – plaisir que je retrouve le confort typiquement Mercedes grâce à un silence de roulement et un lissage de la route terriblement exceptionnels. On se laisse porter par l’auto sans voir le temps passer ni ressentir l’envie de s’arrêter (« Toutes les deux heures une pause s’impose. » ©), dans un cocon bien plus confortable que mon appartement de banlieue. Puis avec moins de 8,5 l/100 en étant calme à 130 km/h elle ne viendra pas troubler ce doux périple.

C’est deux jours plus tard que j’ai enfin pu l’emmener là où j’avais cravaché la Classe C 220d Cabriolet qui manquait un peu de patate. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai opté pour la CLS 450 cette année dont je n’ai pas encore eu l’occasion d’évoquer la cavalerie. Sous le capot on découvre un 6 cylindres en ligne de 367 chevaux épaulé par un petit module électrique appelé EQ Boost de 22 chevaux. Placé entre le moteur et la boite il vient accroître les performances tout en tentant de diminuer la conso. Si la conso dans ces conditions va bien au-delà des 20 litres aux 100 km, les performances elles, sont bien là. Malgré un tempérament énervé, elle ne pourra évidemment pas se conduire comme une sportive. Avec près de 5 m de long il faut souvent bien anticiper le moindre virage et le freinage, bien que mordant, doit tout de même arrêter plus de 2 tonnes. Pas de stress, ça fait le job mais notre CLS ne pourra pas s’arrêter au moindre claquement de doigts de pieds. Alors si je me rends compte dès les premiers tours de roues que ce n’est clairement pas une voiture faite pour ces cols de montagne, elle a au moins le mérite de sauter d’épingles en épingles sans se faire prier. Le 0 à 100 km/h est expédié en 4,8 secondes et on ressent le panache de l’électrification tant les relances sont remarquables et surtout instantanées.

En mode Sport+, quand on la balance sauvagement dans le sinueux elle a tendance à tanguer un peu trop. Les suspensions ne sont pas aussi fermes qu’elles le devraient. Alors qu’à l’opposé, au quotidien, on ne se sent jamais ballotté. Dommage car en parallèle, les trajectoires, tout comme la remontée d’informations dans le volant, sont d’une précision assez sensationnelle. On est vraiment bluffé à chaque virage qu’on en redemande encore un plus, gare à l’excès d’optimisme ! En tout cas, la sage grosse berline qu’elle est tous les jours en Eco change là radicalement et devient très joueuse. Le train arrière se laisse dérober avec un angle bien marqué, faisant oublier les 4 roues motrices, tout en ayant un électronique parfaitement réglé pour nous remettre dans le droit chemin et se sentir en sécurité. Plus on apprend à la connaître et plus elle se montre joueuse et vous laisse un malin plaisir à la provoquer encore et encore. D’autant que ce mode nous offre d’agréables coups de pied au cul ainsi qu’une sonorité plus expressive, sûrement amplifiée par les hauts parleurs malheureusement, mais qui est audible de l’extérieur également.

Et si je n’ai pas encore parlé de la boite c’est qu’elle mérite à elle seule un petit paragraphe. La 9G-Tronic, maintenant bien connue, est excellente dans n’importe quelle condition. Quoiqu’il arrive on ne la sent jamais perdue, que ce soit en conduite sportive, sur route, en ville, en entrée de rond-point, elle sait toujours placer le bon rapport ; évitant ainsi les à-coups intempestifs, une montée dans les tours inutiles ou une perte de puissance.

Enfin, quand vous optez pour une telle auto ce n’est probablement pas uniquement pour son efficacité mais pour sa polyvalence. Tous vos trajets de la vie quotidienne seront très agréables tant elle est à l’aise en toute situation. Dans des sièges au moelleux incomparable, en écoutant votre playlist préférée grâce à la très bonne sono Burmester, vous pouvez aborder sereinement chaque sortie. Sur autoroute, on n’oublie surtout pas d’activer la conduite semi-autonome proposée par le constructeur ; tandis qu’on reprochait très souvent d’être baladé entre les lignes c’est aujourd’hui de l’histoire ancienne. Il m’aura été en effet possible de parcourir plus de 400 km uniquement en actionnant les clignotants. Avec la possibilité de changer de voie sur demande pour dépasser et coupler à un très bon régulateur adaptatif on comprend rapidement qu’on ne sert plus à grand-chose sur ce type de parcours. Bon vous l’avez deviné, vous devez toujours continuer à maintenir le volant sous peine de voir le système se désactiver.

On en vient maintenant à la raison pour laquelle j’ai utilisé un peu plus haut l’expression « voiture de monsieur tout le monde », le tarif. Alors qu’il débute à un “raisonnable” 71 899 € en 300d, ce n’est ni plus ni moins que 103 400 € qui s’affiche sur la facture de mon modèle d’essai. Avec un prix d’appel à partir de 76 099 € pour la version 450 il ne faut que quelques options pour franchir la barre symbolique des 100k €. Après avoir choisi la finition AMG Line+ dès 85 299 €, on relèvera par exemple ici le Pack Edition 1 à 6200 € mais aussi la peinture à 3600 €, les suspensions pneumatiques à 2300 € ou des assistances à la conduite à 2900 €. A cela, il est important de ne pas oublier le malus écologique de 10 435 €.

Alors que ce n’était pas forcément gagné dès le départ, l’auto aux deux visages, luxueuse berline avec chauffeur la semaine puis féroce coupé sportif le weekend, aura su me séduire au fil des kilomètres. Grâce à son étonnante aisance dans toutes les situations, elle s’avère être une bonne familiale tout en offrant sa part de plaisir de conduite sur demande.

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)