Le 21 août 2018, je prenais livraison d’une Mini Cooper S F56 LCI de 2018. Six mois et 8000 km plus tard, quel bilan puis-je en tirer ? C’est ce que nous allons voir ensemble.

Bonne à tout faire

De la ville à l’autoroute en passant par les routes secondaires. Du piétinement en milieu urbain aux virages acérés d’une route de campagne, cette Mini a déjà vu tout type de trajet. Et force est de constater qu’elle n’a jamais rechigné à la tâche.

C’est pour moi le gros point fort de cette citadine : sa polyvalence. Son petit gabarit lui permet d’être une parfaite citadine qui se gare facilement et est à l’aise en ville.

Sur autoroute, qui n’est pourtant pas son terrain de prédilection, elle ne laisse pas beaucoup de place à la critique. On pourra revenir sur une insonorisation perfectible et des rétroviseurs épais qui sont source de bruits d’air. Hormis ces détails, l’expérience est alléchante. Elle ne craint même pas les (très) longs trajets, les sièges étant remarquables, c’est à souligner.

Sur son coté sportif, on pourra en revanche être un peu plus tatillon… C’est une bonne voiture pour qui veut hausser le rythme. Malheureusement, pour les plus exigeants, cette voiture pourra être décevante. Le châssis est stable, équilibré et doté d’un excellent train avant.

Mais il perd de sa superbe une fois à la limite. Sur de grandes courbes rapides, l’empattement court est peu rassurant et pourra occasionner quelques frayeurs. Par ailleurs, l’ESP est très interventionniste, même lorsqu’il ne se manifeste pas sur le tableau de bord. On s’en rend vite compte en le désactivant totalement. Le freinage, quant à lui, est désespérant d’inefficacité. La Mini Cooper S reçoit les étriers de la simple Cooper, cela se passe de commentaire…

Son comportement reste tout de même intéressant et efficace, mais ce n’est pas la peine de trop lui en demander. Ce n’est pas une vraie sportive, cet effort sera réservé à la version JCW.

Un ensemble moteur/boite à la hauteur

J’ai pourtant lu beaucoup de critiques négatives à son sujet et ce n’est pas ce que j’en retire. Son moteur, coupleux dès les bas régimes (300Nm dès 1250 trs), est très agréable à faible allure. Il ne rechigne pas à l’abord de la zone rouge même s’il est vrai qu’on pourra lui reprocher de manquer de caractère. Mais il faudra noter que sa sonorité est très flatteuse et qu’il nous gratifie de jolies retours une fois la ligne chaude et le mode sport enclenché. A noter que cette version n’est pas encore dotée du FAP essence qui n’est arrivé qu’en septembre 2018.

En terme de polyvalence, ce moteur m’aura emmené en Angleterre avec 2 passagers sur 980 km à une moyenne de 6,2l/100km. Pour une voiture de 192ch, j’estime cela très honnête. Même remarquable. Il a aussi été capable de scorer un joli 230 km/h compteur en Allemagne en gardant un peu de ressource. Ou encore de descendre à 5,3l/100km sur des trajets quotidiens avec de la route secondaire. Polyvalence, je vous l’avais dit, mais surtout sobriété.

La boite double embrayage DKG 7 vitesses est d’une douceur et d’une réactivité sans pareil sur le segment. Elle s’adapte merveilleusement à toute situation. La DKG remplace à juste titre l’ancienne boite Aisin 6 vitesses qui était pourtant déjà à la hauteur mais moins agréable. En mode sport, elle égrène les rapports à une vitesse impressionnante.

Malheureusement, en mode manuel, elle continue à sélectionner elle-même sa vitesse de passage de rapports. Je m’explique : même en mode sport, boite sport et mode manuel, si vous n’accélérez par vivement, le passage de rapport gardera une petite latence. Alors que ce n’est pas le cas à pleine charge où la boite est d’une rapidité en aucun point critiquable. A la descente des rapports, en revanche, on aurait pu espérer plus de réactivité en mode manuel. La boite Aisin était étonnamment plus rapide à ce niveau.

Un cocon douillet

À l’intérieur, vous vous sentez différent. Vous bénéficiez à la fois de la rigueur allemande et de la fantaisie britannique. Les finitions sont soignées et les ajustements à la hauteur. De nombreux détails font de cet espace un endroit où il fait bon passer du temps : les épaisses surpiqûres du volant JCW, les petits boutons chromés des commandes de lève-vitre, les boutons typés aviations sur le bas de la console centrale que l’on retrouve aussi au dessus de notre tête, façon cockpit d’avion. Je pourrais aussi vous parler longuement des sièges, à l’assise enveloppante. Le tissu ne rappelant, ni plus ni moins, que le canapé de votre salon. 

Parfait cet intérieur ? Presque. J’aurais deux critiques à mener. La première, c’est la qualité de l’audio de base de cette Mini qui est clairement en retrait par rapport au standing qu’elle fait passer. La seconde critique concerne l’ergonomie. On est tellement bien à bord qu’il est parfois inconfortable de tourner notamment lorsque l’accoudoir est abaissé. En effet, on en vient vite à faire buter ses coudes soit dans les renforts des sièges, soit dans ledit accoudoir.

Parlons options, parlons chiffres

La chose qui fâche maintenant…

Prix de base : 26 800 euros

C’est l’occasion de verser une première larme. La Mini n’est pas donnée et sa version Cooper S n’aide pas à faire passer la pilule. Fort heureusement, on retrouve pas mal d’équipements d’origine parmi lesquels : bah pas grand chose en fait. La climatisation bi-zone ? Merci…

J’ai donc du rajouter 7610 euros d’options et pourtant, j’y suis allé doucement avec entre autre :

  • Boite automatique DKG (2000€)
  • Radars avant et arrière, régulateur avec freinage en descente et park assist (440€)
  • Accès confort (350€)
  • Pack Chili qui comprend entre autre : les rétroviseurs rabattables électriquement, les sièges réglables en hauteur, les phares avants/arrières full LED, le détecteur de pluie et l’allumage automatique des feux et l’accoudoir central (2700€)
  • Jantes 17 pouces (550€)

Là, c’est la seconde petite larme, lorsque la note finale se monte à 34 410 euros (hors remise). Et je n’ai pas le toit ouvrant, le grand écran GPS, la caméra de recul, le système Hi-Fi Harman Kardon…

Le constat est donc que Mini fait payer très cher ses prestations. Mais il n’y a guère de concurrence sur le marché des citadines à ce niveau à part l’Audi A1, qui n’est pas moins chère. La Mini a pour elle son aura particulière. Acheter une Mini, c’est rejoindre une communauté, une identité, quelque-chose de différent dans le paysage triste et moribond de l’automobile actuelle. De la même façon, un tel niveau d’équipement sur le secteur des citadines est inédit, vous en payez le prix.

Conclusion

Tout dépend si vous voyez le verre à moitié plein ou à moitié vide. Si vous le voyez à moitié vide, c’est une fausse sportive et chère qui plus est avec des défauts inadmissibles au regard de la facture. Ça serait une vision très réduite et cela sous estimerait grandement cette voiture. Si vous voyez le verre à moitié plein, la Mini Cooper S est bonne presque partout. Je pourrais dire partout mais elle ne sait pas encore faire de tout terrain. Economique en carburant, à l’aise en ville ou sur long trajet, un caractère sportif intéressant, des équipements de standing, une finition soignée et une vraie identité. Pour moi, la Mini Cooper S F56 coche tous les critères de ce que je recherchais. Aucun regret, que du bonheur.