Essai Volkswagen Golf GTI 8

Essai Volkswagen Golf 8 GTI : peut-elle faire encore mieux ?

Qu’on soit fan ou non, évoquer la Golf GTI raisonnera toujours dans la tête d’un passionné automobile. Alors quand en plus on a eu la chance de goûter à ce mythe pour la première fois à Majorque dans la Golf 7 GTI, on ne peut être qu’impatient de mettre la main sur la toute nouvelle descendance. Sans plus de suspense, laissons place à notre essai complet…

Rapide présentation…

Extérieurement, comme souvent chez les Allemandes, on ne retrouve pas un changement radical du style. Tout en donnant un coup de vieux à la Golf VII, un œil non avisé aura tout de même du mal à reconnaître ce nouveau millésime. D’autant qu’ici, mon modèle d’essai, un des premiers sortis de chaîne, ne dispose malheureusement pas des feux de jour façon « Mégane RS » ; mais rassurez-vous, ils seront bien disponibles à la commande. Dommage car cela apporte un petit supplément d’âme à la voiture, qui n’est pas très expressive. Au premier abord, je ne suis d’ailleurs pas un grand fan de ce nouveau design,  un peu trop tombant et donc tristoune. Mais une bonne configuration arrive parfois à me faire changer d’avis. C’est d’autant plus vrai sur une GTI, qui se montre quand même plus virile, sans tomber dans le caricatural comme pourrait le faire un peu plus une A35 AMG. On notera par exemple la présence d’un pare-chocs proéminent muni de grilles alvéolées, de jantes jusqu’à 19 pouces et évidemment le diffuseur qui abrite deux sorties d’échappement à gauche et à droite.

À l’intérieur, même chose, on ne change pas une recette qui gagne. Pour ma part, ce n’est pas très palpitant. Oui c’est bien assemblé, oui c’est plutôt ergonomique, oui c’est accueillant, mais là comme ça, ça ne donne pas particulièrement envie de sauter à bord. Pour une voiture de sport, dont la configuration se veut rutilante, l’habitacle quant à lui, manque de panache. Ce n’est ni vraiment sportif, ni vraiment luxueux, mais heureusement ce n’est tout de même pas cheap. Simplement, on pourrait aimer plus de couleurs, moins de plastiques durs ou pourquoi pas une petite touche d’alcantara ou carbone. Côté infodivertissement, c’est du Volkswagen tout craché, je ne vais pas refaire les présentations. Il est juste bon de préciser que l’écran tactile est maintenant de 10 pouces, et le Digital Cockpit est de série.

Sinon, les passagers comme le conducteur, seront ravis d’être trimballés dedans. Les sièges sont suffisamment enveloppants pour une conduite sportive tout en restant agréables au quotidien ; et l’espace aux jambes et à la tête est plus que satisfaisant. Même la banquette arrière, pour 2 adultes et un jeune enfant est convaincante. Enfin, d’année en année, le coffre ne change pas de volume et se stabilise à 380 litres. Elle fait moins bien que la nouvelle 308 qui offre 412 litres, mais propose une capacité de chargement identique à ses autres concurrentes.

Comme une envie d’évasion

Comme je vous le disais en introduction, après avoir pris une bonne dose de plaisir au volant de la Golf 7 GTI à Majorque, j’avais hâte de voir ce que pouvait proposer la nouvelle Golf 8 GTI. Reposant sur la même plateforme MQB, et équipée du même bloc 2,0 L TSI de 245 ch, on ne s’attend pas forcément à un grand bond en avant. Et pourtant, les ingénieurs de la marque ont bien travaillé pour la rendre toujours plus efficace. Aux dépens des sensations ? C’est ce que nous allons vérifier.

Déjà, bien que la direction soit réglée aux petits oignons en mode sport, on a bizarrement un manque de feeling global avec l’auto. En tout cas pour les premiers km. Aie ça commence mal… Je m’explique : en fait, on ne se dit pas dès le premier virage « Whaou mais quel châssis ! Quel grip ! », et un soupçon de déception pointe le bout de son nez. Puis au fil du temps, on commence à un peu plus la comprendre, à faire corps avec la voiture, et le plaisir de conduire redevient la norme.

Malgré ses quelques moments d’ « absence », on apprécie tout d’abord la boîte DSG7 plutôt rapide et surtout qui nous laisse pas mal l’occasion de prendre la main grâce aux palettes. Ce duo moteur/boîte nous offre une poussée franchement impressionnante ; surtout pour une voiture qui réalise un 0 à 100 km/h en « seulement » 6,2 secondes. Une valeur sincèrement pas mal du tout il est vrai, mais c’est surtout les relances qui font plaisir, grâce à une belle montée dans les tours. En savourant des envolées à plus de 6000 tr/min on se retrouvera facilement à des vitesses répréhensibles. Mais à l’inverse, on sent qu’en sa compagnie, on n’aura pas besoin de rouler à 200 km/h pour avoir la banane. Du soleil, le toit ouvert, quelques virages et reprises, et nous voilà satisfait ! Le gros point noir viendra des technologies de plus en plus invasives dans les sportives. Le Lane Assist qui se réactive à chaque démarrage nous met parfois dans de désagréables situations. Qui a envie d’un volant qui tourne tout seul (et mal de surcroît) dans les petites courbes étroites de l’arrière-pays ? Pas moi en tout cas !

Après un bon démarrage en trombe, sans trop de patinage pour une traction, on n’hésitera pas à taper dans les freins pour ne pas entrer trop fort dans une épingle. En effet, l’avant est indéniablement attiré vers l’extérieur et cette Grand Tourisme Injection, pour ne pas toujours utiliser l’acronyme, est malheureusement un peu trop sous-vireuse à mon goût pour se montrer très incisive. En revanche, elle ressort bien et se montre suffisamment tonique pour oublier ce petit couac. Je me répète, il suffit de parfaitement la connaître pour profiter de tout son potentiel. Si je regrette que les suspensions pilotées DCC soient un poil dures, elles permettent au moins de correctement juguler le roulis et par conséquent de se sentir en pleine confiance. En dehors de ça, elle a assurément le rapport poids/puissance idéal pour s’amuser sur nos petites routes. On n’arrive effectivement pas trop vite sur le prochain virage, on n’a pas l’impression d’avoir trop de cavaleries inexploitables et l’Autobahn n’est pas son terrain de jeu favori. Dommage que la sonorité perde en caractère génération après génération – il y a même l’aide des haut-parleurs en mode sport – sinon ce serait le combo gagnant !

Mais la Golf, aussi GTI soit-elle, reste une Golf, en somme une bonne voiture de tous les jours. La VIII confirme les qualités de ses aînées. On profite d’une boîte automatique qui égrène tous les rapports sans le faire savoir, de suspensions moelleuses qui absorbent sans discuter les irrégularités de la route, et d’une bonne insonorisation qui filtre les bruits pour le bonheur de nos oreilles. Non vraiment, de ce côté-là, elle ne souffre d’aucune critique. Confortable et prévenante, elle fait oublier son tempérament rageur quand il s’agit d’opter pour une conduite en bon père de famille, comme le dit l’expression.

Combien ça coûte ?

En faisant disparaître la boîte manuelle du catalogue français, le prix d’appel de cette toute nouvelle Volkswagen Golf 8 GTI est inévitablement beaucoup plus important que la précédente génération. Avec un équipement de série plus pléthorique, elle s’affiche environ 2500 € plus chère, dès 43 425 € en 2021. Avec ça, vous avez déjà les Matrix LED, la caméra de recul, l’attirail d’assistances à la conduite, l’ouverture et allumage sans clé, ou évidemment les sièges spécifiques au modèle. Mais, groupe VAG oblige, le catalogue d’options est quand même bien fourni. Il sera alors intéressant d’opter pour une jolie peinture à 710 €, des jantes 19” à 1390 € et les suspensions DCC qui vont avec à 925 €, ou encore l’affichage tête haute à 750 €. En n’oubliant pas le petit toit ouvrant à 1155 €, on atteint les 49 015 €. À ce niveau-là, le malus à rajouter est de 3119 € (170 g CO²/km).

Sinon, en matière de consommation, on s’en sort plutôt bien pour une telle auto. Promise à 7,5 litres aux 100 km en cycle mixte WLTP, dans la réalité on tablera plus sur du 8 l/100 dans votre vie quotidienne. Sur voies rapides, ça descend même à moins de 6 l/100 et en conduite sportive on ne s’envole guère à plus de 10 ou 11 l/100.

Ils ont encore réussi à faire mieux

Passé l’ambiance terne à bord qui m’a le plus déçu, on ressortira obligatoirement conquis d’un tour de roue à bord de cette nouvelle Volkswagen Golf 8 GTI. Son toucher de route n’est certes, pas des plus exceptionnels, mais son comportement enjoué laisse présager de bons road trips. À la fois sportive et douce sur commande, elle se dévoile comme étant un excellent daily tout en se laissant cravacher le temps d’un week-end. Et puis en ce moment, nous avons vraiment besoin de ce genre d’engin dans le paysage automobile !

Fiche technique nouvelle Volkswagen Golf GTI 8 :
Puissance : 245 ch à 5000 tr/min
Couple : 370 Nm à 1600 tr/min
0 à 100 km/h : 6,2 secondes
Vitesse maximum : 250 km/h
Poids à vide : 1463 kg
Longueur : 4290 mm
Largeur : 1790 mm
Hauteur : 1440 mm
Empattement : 2630 mm
Coffre : 381 Litres
Tarifs : à partir de 43 425 €

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)