Après 7 ans de carrière, il semblait temps pour la Volkswagen Golf 8 de prendre la relève. Les attentes sont énormes, la Golf 7 a été écoulée à près de 6 millions d’exemplaires.

Un design nouveau dans des proportions identiques

Le design extérieur de la Volkswagen Golf 8 vient légèrement bousculer les codes de la “golfitude”. Ainsi, on constate des lignes qui se musclent et un arrière plus trapu. Tout ceci donne un aspect plus dynamique à cette Golf 8. Cependant, l’avant reste assez sage et ne se distingue pas particulièrement. Il se rapproche de celui de la Polo. Toujours est-il que les proportions sont presque conservées avec une longueur de 4,28m, même le coffre, 380 litres et jusqu’à 1237 litres avec la banquettes rabattue, reste quasiment inchangé.

Pour la première fois, la Golf 8 embarque de série un système de feux LED. En réalité, il faut faudra passer par la case option pour bénéficier de ce qui se fait de mieux : IQ.LIGHT. Il s’agit d’un système de projecteurs matriciels avec 22 LED. Il permet de scanner et d’éclairer la route là où c’est nécessaire ou d’éviter d’aveugler un conducteur arrivant en face de vous. Non content d’avoir un superbe dessin, surtout à l’arrière, ils sont une source lumineuse impressionnante et sécuritaire. C’est aussi un bon moyen de pousser les conducteurs un peu trop attachés à la voie de gauche (c’est faux, ne le faites pas).

A l’intérieur, l’artillerie lourde…

Le virage technologique est impressionnant et Volkswagen a su mettre son porte étendard à la page. Tout d’abord, vous avez sous les yeux deux grandes dalles. Un écran de 10 pouces concentre les données de conduite mais aussi le GPS en son centre, si l’affichage tête haute de série ne suffit pas. La plupart des boutons ont disparu pour tout regrouper dans l’écran central. Quelques raccourcis sont encore de la partie comme le réglage de la température, le retour au menu ou les modes de conduite.

Sur le coté gauche, la position des feux mais surtout l’activation des anti-brouillard est désormais beaucoup plus accessible. On regrettera qu’aucun de ces boutons ne possède un retour haptique qui signalerait son bon enclenchement. Enfin, en l’absence de boite manuelle, un très discret levier de boite de vitesses prend place. Il n’est pas sans rappeler celui d’une très lointaine cousine, la Porsche Panamera. On peut noter une autre nouveauté dans cette Golf 8 : quiconque a osé vous dire un jour que votre intérieur était fade ne pourra plus le dire désormais. Si le design ne suffisait pas à vous distinguer, la marque intègre un éclairage d’ambiance du plus bel effet. Selon les finitions, il se compose de 10 à 32 couleurs différentes.

… qui manque de peu la perfection

Vous aurez donc compris que c’est l’intérieur de la Golf 8 qui marque le plus gros changement par rapport à la Golf 7. La bonne intégration des nouvelles technologies, l’éclairage d’ambiance et l’effort en ce qui concerne le design en font une réussite. Vous ai-je d’ailleurs parlé de ces superbes sièges ? Mais des efforts restent à faire à certains niveaux. En premier lieu, les boutons sur le volant. Je les ai trouvé toujours aussi brouillons et difficiles à utiliser. Ils sont malheureusement encore de la partie et font tache dans cet intérieur très moderne.

L’écran central qui regroupe la plupart des données est également problématique. L’interface manque de clarté et de simplicité. J’imagine qu’on s’y fait à l’usage mais il n’est franchement pas intuitif… Enfin, la qualité des plastiques recule. Sur les parties hautes, rien à signaler. Mais n’allez pas trop vous aventurer en dessous… D’après Volkswagen, la qualité perçue est pourtant en hausse selon les retours des tests utilisateurs. Il est vrai que le nouvel intérieur fait son petit effet mais nous avons sûrement eu les mains un peu trop baladeuses … et ça fait quand même TOC sur les parties basses.

Sur la route, plus de changement qu’il n’y paraît

Je fais partie de ceux qui placent les voitures françaises comme référence sur la route, Peugeot en tête. Mais petit à petit, j’ai fortement l’impression que Volkswagen, en tout cas avec sa Golf, grapille du terrain. J’avais fini d’être convaincu de leur expertise après l’essai de la Golf 7 GTI TCR. La grosse nouveauté sont les suspensions adaptatives réglables. Un nouveau mode, personnalisé, permet enfin d’adapter chaque item (boite, moteur, châssis…) indépendamment.

De fait, sur la route, je mettrais presque le châssis en gain majeur, avec l’intérieur et les technologies embarquées. La Golf 8 bénéficie d’une tenue de cap rigoureuse, campée sur ses appuis et équilibrée. Elle ne vous procurera pas forcément de plaisir ni ne vous encouragera à augmenter fortement le rythme, certes. Mais, au besoin, elle saura se montrer (très) rapide et sécuritaire sans que le châssis ne se désunisse. L’arrivée soudaine d’un nid de poule, aussi gros soit-il, ne lui fera pas vraiment peur. Je me suis crispé plusieurs fois sur ces routes portugaises avant que la Golf 8 n’efface l’obstacle, sereinement. En tout état de cause, si vous avez vraiment besoin de la faire ralentir (un dos d’âne, au hasard), le freinage ne manquera pas de mordant.

Niveau moteur, attention à ne pas faire d’erreur

L’offre moteur sera large pour cette Golf 8. Nous avons pu essayer trois motorisations. Tout d’abord, le TSI 130 associé à la boite mécanique à 6 rapports (0-100 km/ en 9,2 sec). Ce moteur est très poussif à cause de la boite mécanique dont les rapports tirent très long. On comprend que Volkswagen n’a pas d’autre choix pour passer les normes mais l’agrément n’est pas du tout là. Malgré ses 130 chevaux, il sera vraiment à réserver à la ville ou à la périphérie, sans plus. C’est dommage qu’il ne soit pas disponible en boite DSG7.

Ensuite, nous avons essayé cette même disposition mécanique en version 150 chevaux (0-100 km/h 8,5 sec). L’agrément est en hausse malgré un mauvais étagement de boite, surtout entre le 2e et le 3e rapport. Ce moteur est largement à privilégier si vous voulez absolument de l’essence et que vous roulez chargé ou encore que vous souhaitez un peu de capacité de relance. A nouveau, c’est malheureux qu’il ne soit pas disponible en DSG7.

Enfin, nous avons mis la main sur le 2.0 TDI en 150 chevaux (0-100 km/h 8,8 sec). Malgré des performances inférieures au 150 TSI, nous sommes bien content de retrouver un véritable agrément moteur. Ce moteur s’apprécie dès le bas du compte-tours. Associé à la DSG7, il s’exprime beaucoup mieux. Amis gros rouleurs, c’est ce moteur qu’il faudra choisir même s’il est un peu trop sonore et ajoute du poids sur le train avant.

Micro-hybridation, la vraie solution ?

Il faudra tout de même souligner que cette Golf 8 inaugure une plateforme 48 volts. Ceci permet la micro-hybridation des moteurs 130 et 150 chevaux qui seront cette fois associés à la boite DSG7. Plus tard, une version 110 cv est prévue. De quoi améliorer grandement l’agrément de ces deux moteurs et palier les défauts rencontrés ci-dessus. En effet, la micro-hybridation est un petit coup de pouce donné au moteur thermique sans pour autant embarquer tout une technologie de batterie, plus lourde et plus chère. De l’avis d’autres essayeurs, la micro-hybridation du TSI 150 apporte un net gain alors même que les performances ne changent pas d’un iota. Reste à connaître la différence de prix.

Pour le futur, pas de véhicule 100 % électrique prévu sur la Golf 8. Volkswagen réserve cela à leur plateforme entièrement dédiée : ID. Deux versions hybrides cohabiteront, l’une avec 204 chevaux et l’autre avec 245 chevaux. On a surtout hâte de voir ce que Volkswagen compte faire avec ses versions GTI et R. Il se murmure que le EA888 (présent sur la R, Clubsport et TSI) dépassera largement les 300 chevaux actuels. Une belle gamme se profile.

Du coup, le nouveau patron ?

Je n’irai pas jusqu’à dire que la Volkswagen Golf 8 est devenue la référence de la catégorie. Mais je peux annoncer sans aucun doute qu’elle est devenue le standard à tous points de vue Elle n’est pas une révolution, ni un produit qui se détache vraiment de ses concurrentes mais elle n’a pas vocation à le faire. La Golf a toujours été, et sera très certainement pour encore quelques années, la voiture qui ne fait rien parfaitement mais qui fait tout très bien. La Golf 8 répond plus que jamais au stéréotype de “si tu ne sais pas quoi acheter, achète une Golf”.

Je me tiens à votre dispositions dans les commentaires si vous avez des questions complémentaires à cet essai. Je serai ravi de vous répondre !

Merci à Volkswagen pour l’organisation de cet essai en cette période compliquée de grèves.