Cinquième et dernière étape de ce Tour Auto, et pas des moindres ! Les concurrents s’élancent du MuCEM à Marseille afin de rejoindre la ville de Cannes en fin de journée. La température au petit matin dépasse légèrement les 10 degrés, ce qui laisse présager une magnifique journée, et ce pour notre plus grand bonheur ! Je ne nous voyais définitivement pas parcourir les routes de Provence sous un ciel grisonnant, voire pluvieux…

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Les pilotes prennent leur courage à deux mains et s’élancent pour un départ un peu moins matinal qu’habituellement… En effet, la journée risque de finir bien tard puisque deux spéciales de nuit sont prévues, à l’ascension du col de Vence sur les hauteurs du petit village de Saint-Paul-de-Vence pour une fin en apothéose de cette épreuve désormais mythique au regard des foules amassées le long du parcours tout au long de la semaine.

Nous nous dirigeons vers Cassis par le Col de la Gineste et sa route éponyme qui relie la cité phocéenne au petit village de pêcheurs, à la découverte de la région de Marcel Pagnol. Nous roulons au milieu d’une végétation de plus en plus aride, voire lunaire… C’est ça la magie du Tour Auto : passer de petites routes du centre de la France bordée par des champs de colza à des lacets au milieu de villages pittoresques du bord de la Méditerranée.

Les participants s’en donnent à coeur joie et grimpent avec une certaine excitation les routes vallonnées du massif de la Sainte-Baume lors de la première spéciale du jour de 8,4 km en direction du petit village de Gemenos, bien conscients que le soir-même, cette semaine ne sera plus qu’un souvenir dont ils reparleront autour d’un verre de champagne dans leurs automobile-clubs respectifs.

La traversée de ce dernier s’étale sur plusieurs heures, et le retard accumulé par certains concurrents devient phénoménal et pénible pour nombre de spectateurs ayant fait le déplacement… Le spectacle en vaut tout de même la peine, et observer une GT40 ou toute autre voiture initialement conçue pour la piste dans un tel environnement est un moment rare qu’il nous appartient de savourer. Les organisateurs de Peter Auto, décidément bien rodés pour cette 25e édition, savent faire plaisir aux concurrents et aux spectateurs en choisissant des itinéraires toujours plus impressionnants de jour en jour.

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Pause déjeuner effectuée dans ce décor idyllique, nous embarquons dans notre fidèle Mini Clubman en direction du célèbre circuit du Castellet qui a, lui aussi, fait déplacer les foules. Il faut dire que ce dernier constitue l’un des points centraux de cette édition… Dernière épreuve sur piste de la semaine, ravissant les amateurs de la catégorie « Compétition » en raison du choix d’un circuit particulièrement rapide, là où GT40, Cobra et autres Type E peuvent lâcher les chevaux.

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Des concurrents à bord de voitures telles que Ford Escort, Citroën SM et autres petites Alfa Romeo Bertone se trouvent rapidement distancés par les leaders à bord des monstres américains. Même topo pour le plateau 5 où la fameuse Corvette d’Anthony Beltoise et Jean-Pierre Gagick ainsi que la 3.0 CSL sont définitivement plus à leur aise que les Alpine.

Après le passage des deux derniers plateaux, indéniablement les plus bruyants, les derniers spectateurs quittent le circuit Paul Ricard bien souvent au volant de jolies montures. Autre caractéristique du Tour Auto, la plupart des spectateurs, tous passionnés, viennent remplir les parkings de véritables merveilles automobiles : le spectacle se déroule également aux alentours du tracé.

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Les concurrents progressent doucement dans le massif de l’Esterel vers Cannes pour ce que l’on pourrait nommer la « pré-arrivée », avant les deux dernières spéciales nocturnes. Le ciel se couvre quelque peu mais les badauds au bord des routes se font de plus en plus nombreux. Tous veulent applaudir, sourire ou faire des signes d’encouragement aux 237 voitures participantes de cette véritable aventure humaine.

Après quelques routes sinueuses hautement surveillées par les forces de l’ordre (les quelques excès de vitesse réalisés par divers concurrents poussent à une présence accrue de la maréchaussée), les voitures arrivent enfin à destination au Palais des Festivals sous un soleil radieux. Après une courte pause, notre petite équipe décide de se rendre au devant des concurrents au col de Vence. Nous étions à coup sûr bien inspirés (et un poil chanceux) puisque nous apercevons devant nous à la sortie de Cannes l’une des BMW M2 ouvreuses, rapidement rejointes par une 640d VIP et la M4 Tour Auto conduite par Ari Vatanen en personne. Nous nous joignons ainsi au convoi, qui se fait d’ailleurs allègrement remarquer tout au long du parcours, et arrivons quelques dizaines de minutes plus tard au départ de la spéciale, seuls, avec Ari.

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La nuit tombe, la fraicheur et l’humidité se font sentir, la visibilité devient alors nulle dans la montée du Col de Vence. Les voitures ouvreuses se lancent à faible vitesse, se rendant sûrement compte des conditions de sécurité quasi-inexistantes. Plus de deux heures avant l’heure intialement prévue, aucune voiture participante ne s’est encore élancée. La première épreuve spéciale nocturne est annulée pour des raisons de sécurité, mais la seconde de 13 km dans l’arrière-pays cannois est maintenue. Accusant la fatigue d’une semaine de nuits courtes et n’ayant finalement que très peu de visibilité pour prendre des photos dignes de ce nom et savourer le spectacle, nous décidons de rentrer à Cannes déguster la meilleure pizza de la Côte d’Azur, à La Pizza Cresci (le fait de citer leur nom ne nous a pas permis de manger gratuitement…), pour ensuite assister à l’arrivée nocturne des participants sur le parvis du Palais des Festivals.

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Minuit, les équipages et leurs nobles montures arrivent petit à petit et franchissent le portique d’arrivée devant quelques spectateurs irréductibles (et fêtards éméchés de La Croisette) venus célébrer la fin de cette semaine décidément mémorable. Les traits des participants accusent également la fatigue après plus de 2000 kms parcourus en cinq jours, entre le Grand Palais et Cannes, mais l’on peut voir sur leur visage un large sourire traduisant le bonheur commun à tous d’avoir pris part à un petit morceau d’histoire automobile.

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Concernant les résultats, c’est Jean-Pierre Lajournade et sa Jaguar Type-E qui remporte cette 25e édition. Déjà vainqueur en 2010 avec une Lotus Elan et en 2015 avec une autre Type-E, il s’est illustré par une régularité et un niveau de performance assez impressionnant, que ce soit lors des spéciales ou des étapes sur circuit. Le classement complet de l’épreuve est à retrouver ici.

Sur ce, nous rendons l’antenne et espérons vous retrouver l’année prochaine pour une nouvelle édition du Tour Auto.

Merci à Mini France de nous avoir fait confiance pour le prêt du Mini Clubman, qui a vaillamment rempli sa mission de nous transporter sur autoroute tout en nous permettant de nous amuser dans les Gorges de L’Ardèche. Un essai complet du modèle par Régis est d’ailleurs à retrouver ici.

Photos : Ugo Missana.