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Avant toute chose, sachez que je me doute très bien de ce que vous devez penser. Les essais de cette nouvelle génération de Ford Mustang abondent déjà sur BlogAutomobile.fr, alors je ne vous ferai pas l’affront de vous retracer l’historique du modèle, ou de vous détailler les moindres spécifications techniques de celui-ci et préfère vous renvoyer aux essais de mes acolytes Hervé Corcia et Gabriel Lecouvreur, plus complets et traitants des différentes déclinaisons. Ici baladons-nous aux « States » avec notre étalon !

J’aimerais vous présenter cette nouvelle Mustang en tant qu’expérience. Et quoi de mieux que la mythique Route 66 pour essayer une voiture qui symbolise à (presque) elle seule ce cliché de film où notre héros trace sa route en s’enfonçant dans le désert américain, en ne laissant derrière lui que ses doutes ? C’est ainsi qu’elle est vendue, et c’est pourquoi au cours du mois de juin dernier, je suis allé retirer une Ford Mustang 2015 sur Los Angeles, afin de rejoindre San Francisco, en faisant un détour par Las Vegas (mais véritablement, ce n’était pas mon unique raison, rassurez-vous).

Si vous avez lu le titre de l’article, vous avez déjà bondi de votre siège: une pure expérience américaine, au sein d’une parodie de Mustang, équipée d’un simple 4 cylindres « EcoBoost » de 310ch? Où sont les fameux 8 cylindres en V synonymes de muscle car? Et bien, pas dans mon portefeuille en tout cas. À cette période de l’année, le prix du carburant oscillait aux alentours de 3,60$ le gallon (soit environ 0,89 € au litre). Si ce chiffre peut faire rire nerveusement quand on le compare au tarif moyen pratiqué en France, il a quand même été à l’origine d’un calcul, surtout lorsqu’on sait que l’objectif n’était pas forcément d’avoir le pied léger et que nous avions environ 1500 km à parcourir.

Découverte et prise en main

Depuis trois jours, nous en croisons à chaque coin de rue : là-bas c’est assurément un best-seller, au même titre que sa cousine éloignée la Camaro. C’est donc avec un enthousiasme très marqué que nous retirons notre partenaire de quatre jours à Los Angeles.

On me fait vite comprendre que je peux m’asseoir sur le fait d’avoir une boite manuelle (comme quoi, ce n’est pas un cliché) et je pars immédiatement à la recherche de la belle sur le parking. 4,78 m de long et 2,08 m de large, peinture Oxford white, jantes Foundry Black : superbe (pour peu que comme moi, vous soyez fan du design de cette nouvelle génération) et surtout en impose fortement.

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Les bagages tiennent très largement dans le coffre relativement grand pour un cabriolet (332 L). L’habitacle est plutôt satisfaisant d’un premier abord: les sièges sont larges, la planche de bord énorme et frappé d’un logo « Mustang », la finition correcte en comparaison des précédentes générations… Mais ne vous méprenez pas, tout n’est pas rose: on retrouve certains plastiques durs, une finition « faux carbone, vrai plastique » et surtout, la version américaine du système multimédia SYNC 2 a le mauvais goût de comporter autant que boutons que celui de la Ford Fiesta actuelle. Heureusement, la déclinaison française délaisse tous ces boutons au profil d’un bel écran tactile…

Premiers tours de roues pour rejoindre Anaheim et direct, je peux dire qu’on ne voit pas grand chose au-delà de cet immense capot. Si cela ne dérange pas dans les conditions actuelles car les quatres voies ici sont suffisamment larges pour accueillir des Ford F150, j’ai une grosse pensée de soutien pour celui qui aura le courage de la conduire chaque jour sur nos routes françaises.

En mode Drive, sur la Freeway (les autoroutes américaines). Je teste pour le moment la climatisation car nous sommes bloqués dans les embouteillages et qu’il ne vaut mieux pas décapoter pour éviter l’insolation (il fait 35°): elle fait très bien son boulot alors qu’elle n’est qu’au minimum. Malgré tout cela, la consommation ne dépasse pas les 8,5 L aux 100km: c’est admirable, et je ne regrette déjà plus le modèle V8.

Deuxième jour : Embouteillages et régulation de vitesse

La frustration se fait sentir, pensez-vous : 310 ch, 434 Nm de couple, la possibilité de monter de 0 à 100km/h en 5,8 secondes et d’atteindre les 233km/h sous le pied droit, et j’en suis réduit à enclencher le régulateur de vitesse à 30 km/h au mieux, ou pire à ronger mon frein. La boite automatique patine quelque peu à ces vitesses réduites… Me sera t-il possible d’essayer cette nouvelle Mustang à son plein potentiel ?

Troisième jour : Routes droites et sinueuses

À la fraicheur (relative) du matin, je m’arrête pour décapoter (car il est impossible de le faire en roulant). Bonne nouvelle : l’absence de filet à remous n’a rien de réellement gênante.

Un dernier arrêt carburant avant d’entrer dans la Vallée de la mort, il faut déjà recapoter: le risque d’insolation se fait sentir.

C’est parti pour des lignes droites de prêt de 80km de long, avec des couloirs de circulation larges comme trois fois la voiture. Il fait 45°, la climatisation est à fond, je roule à une vitesse non communiquée et la Mustang consomme environ 13 L aux 100km. Et pourtant la voiture vibre un peu, et ce malgré l’aspect bien lisse de la route. Autre bémol, le moteur se montre bien trop discret: une sonorité timide et creuse se dégage du protubérant capot. Visiblement le problème a été corrigé sur le modèle Européen (je pense à un échappement retravaillé). En attendant, gros carton rouge.

Je profite également de ces conditions de test un peu plus poussées pour placer la BVA sur « S » et tester les palettes au volant. Si celles-ci peuvent se montrer plutôt ludiques et répondent bien mieux, elle n’ont que très peu d’intérêt sur des routes pareilles.

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S’en suit Yosemite Park, où la température chute à 15°. Les routes perdent énormément en largeur, et -oh, joie- sont sinueuses. Ma première occasion de mettre à mal la direction de la Mustang, et je dois avouer que je suis le premier surpris de constater que ce paquebot d’1,6 tonne avale les courbes à une vitesse suffisante pour me flanquer d’un sourire jusqu’aux oreilles.

Quatrième jour : Arrivée à San Francisco

De retour sur des routes plus « Européennes », et alors que les Tesla Model S se multiplient sur la route, je profite de mes derniers instants au volant de cette légende de l’automobile pour réfléchir à une façon de synthétiser cette expérience.

Non sans défauts, force est de reconnaitre que cette voiture est taillée pour ce genre d’expérience, et l’essayer sur nos routes françaises… Et bien, c’est sûrement fort plaisant, mais ce n’est pas forcément fait pour. En définitive, ne vous trompez pas : l’arrivée du quatre cylindres dans la gamme ne trahit pas ses gênes de voiture hors-normes pensée avant tout pour les États-Unis, et même si cette bouille d’enfer et ce nom de légende sauront affoler votre émerveillement, elle n’en reste pas moins plutôt inadaptée à la conduite en France.