L’an passé je vous emmenais en roadtrip jusqu’en Croatie, à travers l’Italie et la Slovénie au volant du Peugeot 3008. Pour ce 5ème carnet de voyage, le but était de ramener une auto là où elle a été conçue : Volvo semblait être la marque évidente pour ce projet. Scandinavie, kilométrage à n’en plus finir et dépaysement sont au programme !

Jour 1 : plus de 1000 km

Pour un tel roadtrip, sur une si courte durée (6 jours), la première journée se passera presque entièrement en voiture. Et là, je suis bien content que la marque à l’honneur soit une Volvo.  Le confort de tous les modèles de la gamme n’est plus à démontrer et ce XC60 se montre idéal pour enchaîner le millier de kilomètres d’autoroute dans les meilleures conditions. Avec ce nouveau bloc hybride diesel nommé B5, je bénéficie de 235 chevaux sous le capot, de quoi bien m’enthousiasmer pour le passage en Allemagne et ses fameuses autobahn. Et si le 0 à 100 km/h abattu en seulement 7,1s se veut épatant, les probables départs en vacances et les très nombreux travaux auront gâché ce plaisir. Mais rassurez-vous, on aura bien le temps de se rattraper…

Chaque configuration du constructeur nous dote de l’excellente sono Bowers & Wilkins (3410 €) qui fait le bonheur de mes passagers mélomanes. Et si cette fois le noir envahit l’habitacle, c’est toujours pour moi un plaisir de grimper dans une Volvo. Le style de la planche de bord est très moderne et l’ensemble se veut accueillant pour le conducteur mais aussi pour les passagers. Les sièges au maintien et au confort irréprochables nous permettent de profiter sereinement de chaque trajet, encore plus lors d’un voyage d’une telle ampleur. Un voyage qui demandera quelques bagages et provisions à caler dans les 483 litres du coffre.

Jour 2 : à la rencontre du Danemark

Le périple découverte en direction de notre destination finale peut véritablement débuter à l’aube de la deuxième journée. Le Danemark, tout comme l’ensemble des pays nordiques, est un état que je ne connais très peu. Il n’a alors pas été forcément aisé de trouver quelques activités à faire tout en continuant notre chemin. Pourtant le territoire regorge de lieux attrayants et apaisants. Tønder sera notre premier point de passage, on apprécie ici de pouvoir flâner dans les ruelles pavées et entourées de jolies maisons typiques. Møgeltønder plus loin, connue pour abriter la résidence royale du château de Schackenborg, possède également une très jolie avenue principale pavée et une église à ne pas louper. Avec tous ces recoins, le XC60 me prouve à quel point il est maniable. Malgré ses 4,69 m il offre un rayon de braquage plutôt bluffant et se laisse guider avec une grande facilité en ville ou dans un flux de circulation encombré.

On décide ensuite de quitter la ville pour la campagne et de nous rendre au point culminant du pays (Møllehøj) qui nous fait grimper à, accrochez-vous, un joli 170,86 m d’altitude, rien que ça. Je ne vais pas vous dire que c’était incontournable, mais ça fera au moins une anecdote à raconter. Puis, j’ai pu bien profiter de notre vaisseau pendant cette journée. D’ailleurs, je ne vous ai pas encore parlé du pourquoi du « B5 » alors que nous sommes plutôt habitués au « D » et « T » chez Volvo. Toujours dans le but d’électrifier toute sa gamme d’ici 2025, le constructeur a ajouté une batterie lithium-ion de 48 volts et un système de récupération d’énergie cinétique à son bloc diesel. Pour être honnête, je ne suis pas certain de remarquer de véritable changement dans la conduite même si la puissance disponible semble plus réactive et paisible. Et paisible, c’est bien le maître-mot de ce XC60 dans tous les domaines. Mais avec ce système, on gagne surtout une belle fluidité dans les passages de vitesse. Avec la boite Geartronic 8 shift-by-wire, que l’on connait sur le T8, les changements de rapports sont gérés par impulsions électriques gommant tout à-coup ou flou.

Jour 3 : Découverte du « Pays allongé »

Le troisième jour, il va falloir faire chauffer la carte bleue. Pour se rendre en Suède depuis le Danemark il est nécessaire de traverser deux ponts avant d’arriver à Malmö. Le premier (Storebælt) permet de relier la péninsule de Jylland à l’île Sjaelland où se trouve Copenhague et vous coûtera environ 70 € A/R. Ensuite, viendra l’étonnant « pont-tunnel » (Øresundsbron) qui relie les deux pays. Côté suédois s’étend un pont à haubans de 7,8 km, quand côté danois on retrouve un tunnel de 4 km, une île artificielle de 4 km également réalise la jonction. Cet ouvrage inauguré en 2000 vous coûtera environ 120 € A/R. Heureusement, hormis les 30 € d’autoroute A/R en France, il n’y a pas de péages supplémentaires dans les 5 autres pays traversés lors de ce roadtrip.

Pour ce premier jour au pays d’Ikea, on choisit de parcourir les côtes de la Mer Baltique, de Trelleborg à Åhus avant de retrouver notre airbnb dans les terres au sud de Göteborg. Il faut reconnaître que cette journée ne s’est pas montrée mémorable avec des paysages plutôt banals. Une météo grisonnante toute la journée aura peut-être eu raison de notre enthousiasme. Ici, ce n’est pas ce qu’on peut attendre de la carte postale scandinave mais quoi qu’il en soit la balade reste très agréable. Les panoramas sont vallonnés, luxuriants et tout y est très vert comme je l’avais déjà remarqué en Finlande avec Seat. Les quelques plages, à l’eau bleue et bien transparente, donnent envie de se baigner. Mais attention, frileux s’abstenir !

Pendant cette journée, on comprend facilement pourquoi les Volvo ont toujours été considérées comme des voitures de papi. On observe en effet une certaine lenteur dans la manière de conduire, le tout associé à une répression très dissuasive, je commence à fortement m’impatienter derrière. Dommage car, comme à chaque prise en main d’une suédoise, je suis bluffé par son dynamisme et la précision de la direction. La remontée d’information dans le volant et la tenue de route sont tellement exceptionnelles pour ce genre de véhicule qu’on se voit augmenter le rythme à chaque virage avec sérénité. Évidemment, si un tel ressenti est votre critère numéro un je ne pourrais que vous encourager à opter plutôt pour un break par exemple, avec un SUV le roulis est plus présent et viendra troubler un peu plus votre plaisir. Je n’oublie pas non plus de mentionner l’excellent freinage, qui peut être utile dans ce genre de pays rempli d’élans, même si pour nous, seulement d’énormes lièvres ou renards auront éprouvé mes réflexes. Bref, ne nous emballons pas trop vite, les routes ici, bien que très propres, sont dans l’ensemble très linéaires et n’incitent pas à une conduite énergique.

Jour 4 : Suède, la révélation 

Par manque de temps, je n’ai pas passé des heures à organiser ce roadtrip comme à mon habitude. Mais l’inconnu et les surprises quand on parcourt le monde, ce n’est quand même pas si mal non ? C’est en cherchant quoi faire pour le lendemain que je suis tombé sur quelques photos de paysages annonçant une belle après-midi à venir. La plus belle du séjour.

Mais d’abord je m’étais engagé à emmener ce Volvo XC60 à bon port, à Göteborg, là où tout a commencé. Après un repas dans un restaurant de Stockholm en 1924, deux anciens employés des roulements SKF, Assar Gabrielsson et Gustaf Larson, se lance dans cette nouvelle aventure automobile. Grâce au soutien de leur ancien employeur, ils créent la marque Volvo signifiant « Je roule » en latin et qui avait été déposée par SKF en 1915. La premier modèle de série, l’ÖV4, sortira des chaines de montage en 1927. De note côté, après un passage éclair devant le siège social et l’usine, nous nous sommes dirigés vers le musée. Ce voyage dans l’histoire nous rappelle à quel point le constructeur est un pionnier de la sécurité. On le découvre par exemple avec la Volvo Experimental Safety Car dévoilée à Genève en 1972, qui possède des ceintures de sécurité, une caméra arrière, des airbags ou encore d’imposants pare-chocs ; mais aussi grâce aux nombreuses pancartes explicatives qui évoquent entre autres, le brevet de la ceinture 3 points déposé en 1959. Un musée incontournable si vous vous rendez dans les environs.

Pas plus de suspense pour cet après-midi tant attendu, c’est l’Archipel de Göteborg qui s’offre à nous et, plus au nord, l’île de Marstrand. On découvre ici pleinement le pays et ses paysages de cartes postales. Les nombreuses îles sont accessibles en bateau, pour le prix d’un billet de tram, et sont à admirer sans retenue. A l’unanimité, on y serait bien resté une semaine de plus. Avec ses petites maisons en bois, posées sur de gros rochers, l’absence de voiture, du calme et une nature omniprésente, le dépaysement est assuré. Marstrand sera notre point de chute pour l’après-midi et le dîner. A la fois touristique, chic et bien préservée elle nous aura permis de bien profiter du temps qui se dégage souvent en soirée. Si vous prévoyez d’y faire un tour, laissez un commentaire, je pourrais vous donner un petit conseil pour l’observer depuis le continent. 😉

Jour 5 : retour chez les Danois

Pour amorcer le retour en France, qui s’annonce très long, nous avons repris la route en direction du Danemark. Après une nouvelle traversée de l’Øresundsbron, le fameux pont-tunnel, nous nous dirigeons vers Møns Klint, l’Etretat danois comme j’ai eu envie de surnommer le lieu.

Ce sera l’occasion d’emprunter enfin (!!) quelques routes non goudronnées. Quand certains SUV sont trop suspendus ou d’autres trop fermes, ce XC60 bénéficie de réglages optimums le rendant confortables dans de nombreuses situations. Même si avec sa garde au sol peu surélevée, ses faibles angles d’attaque et fuite, ses grosses jantes de 21 pouces ou encore sa jolie carrosserie, il n’est pas fait pour du gros franchissement, on est ravi de pouvoir sereinement s’évader un peu du bitume. A son aise, il vous permettra de partir à l’aventure en famille sans craindre de mauvaises surprises.

Après avoir zigzagué entre les berlines et autres citadines bien embêtées par ce chemin cabossé, nous voici aux pieds des falaises. Je m’aperçois que le lieu est très touristique, on ne pouvait pas l’imaginer lors de nos quelques recherches, et qu’il s’annonce également très sportif. En effet, au départ du site,  de nombreuses randonnées sont proposées dans tous les sens mais surtout près de 500 marches sont à descendre pour profiter des falaises puis à remonter bien sûr après une balade sur la plage. Promis, ça vaut le déplacement.

Jour 6 : le retour chez nous

En comptant quelques pauses réglementaires et une belle pause déjeuner, il faut bien 13 heures pour rejoindre la capitale. Contrairement à l’aller, l’autoroute étant cette fois-ci dégagée et j’ai enfin pu voir ce qui se cachait sous le capot. Le moteur aura été tout au long du périple très volontaire en toutes circonstances. Avec 480 Nm de couple, les reprises sont très bonnes même jusqu’à 200 km/h, vitesse à laquelle il sera ensuite un peu plus feignant, jusqu’à atteindre sa vitesse de pointe à plus de 220 km/h. Et si la consommation à de telles allures s’affolent un peu (12 l/100) il aura été plutôt sage le reste du temps. En vrac, 7,5 l/100 en ville, 6,5 l/100 en dehors, 7 l/100 sur autoroute, 8,5 l/100 à 150 km/h et même 10 l/100 stabilisé à 200 km/h. Pas si mal pour un cube de 1950 kg.

Sinon, côté tarif, il n’est pas facile de s’y retrouver. Si le XC60 débute à 42 730 € en D3 BVM6, cette technologie fait passer le ticket d’entrée à 50 930 € avec le B4 de 197 ch qui impose les 4 roues motrices et la boite automatique contre 47 830 € pour le simple D4 Geartronic. Le D5 disparaît complètement au profit de notre B5 pour un tarif de 55 430 € ou 61 730 € en finition R-Design comme ici. Avec le jeu des options (peinture à 1350 €, suspensions pneumatiques à 2300 € ou pack prestige avec toit ouvrant à 3200 €), la facture s’élève à plus de 80 000 €. Dans notre cas, pensez à rajouter 1373 € de malus écologique.Tarifs Essai Volvo XC60 B5 Geatronic 8 2019 - Roadtrip Suède

Rendre les clés, à contrecœur.

Avec autant de kilomètres au volant, on se rend plus facilement compte des défauts d’un véhicule que lors de courts essais. Force est de constater que la liste ne pourra pas être bien longue pour ce Volvo XC60 B5. On peut évoquer les vibrations du mobilier qui apparaissent parfois, demandant encore un peu de travail avant d’arriver aux standards prémiums allemands (rah, je n’aime pas cet argument), un bruit moteur trop présent dans l’habitacle alors que l’insonorisation pour les bruits de vent et roulement est là bien travaillée, ou encore des tarifs franchement élevés. Mais sinon, le style réussi et l’accueil à bord sont bien là. Tout comme le confort irréprochable, la polyvalence idéale, sans oublier cette puissance plus que séduisante. On comprend mieux pourquoi il est le best-seller de la marque en France comme dans le reste du monde.

A vous, amateur de voyage ou d’automobile (ou les deux, c’est encore mieux) n’hésitez pas à nous faire part de vos suggestions, rêves ou envies. Peut-être pourrons-nous vous en faire profiter !

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)