Ce vendredi 1er août 2014 au Lingotto, siège historique de l’entreprise, la Fabbrica Italiana Automobili Torino née le 18 juillet 1899 vient de tourner la page de 115 années d’histoire automobile et industrielle quasi exclusivement italienne puisque les actionnaires du groupe ont donné leur feu vert à la création d’une nouvelle structure, FCA ou Fiat Chrysler Automobiles qui entérine la fusion entre Fiat et Chrysler lancée en début d’année.FCA est né le 1er aout 2014

 

Le président de Fiat mais aussi héritier de la famille fondatrice Agnelli, John Elkann a déclaré solennellement à l’assemblée présente dans les murs originels de la Fiat en ouverture de séance : « L’avenir de notre société commence avec l’assemblée d’aujourd’hui. Je vous confirme à tous mon engagement personnel et celui de ma famille pour continuer à soutenir FCA, à plus forte raison maintenant que de grandes opportunités se profilent à l’horizon. »

Le plan mis en place par l’administrateur délégué a été approuvé par plus de 90% des actionnaires de l’entreprise turinoise. Pour mémoire il prévoit les point suivants :

– Fusion de Fiat SpA avec Fiat Investment N.V, filiale qui possède Chrysler. Cette filiale sera renommée FCA N.V et devient une société soumise au droit néerlandais
– Siège fiscal à Londres
– Cotation boursière principale prévue à New York (Wall Street) durant l’automne prochain
– Cotation boursière secondaire prévue à Milan (Palazzo Mezzanotte)
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L’administration reste à Turin dans les nouveaux locaux de l’Officina 82
– Les bureaux de R&D et les usines ne sont pour l’instant pas concernés par une possible restructuration ou un déménagement

A compter de ce 1er aout 2014, FCA tiendra ses assemblées générales près d’Amsterdam, aux Pays-Bas et non plus en Italie dans le Piemont. 

La fusion a été approuvée par une majorité des deux tiers mais 8% des actionnaires de Fiat ont voté contre et si ils le désirent ils pourront exercer leur droit de retrait du capital (la base est à un prix fixé à 7.727€/action). La direction de FCA doit toutefois se méfier car le montant total des droits exercés ne doit pas dépasser 500 millions d’euros (en liquide) sinon c’est l’ensemble de la fusion qui pourrait se voir remise en cause, au moins structurellement. Il semble que du coté des dirigeants de FCA, on veut faire le nécessaire pour éviter cette situation fâcheuse qui ruinerait le projet Marchionne/Elkann. 

Voilà, FCA est officiellement né, c’est acté et validé par les actionnaires sauf si les 8% opposés au projet font valoir leur droit (ce qui pourrait se faire si l’on en croit certaines déclarations faites cette semaine en Italie). Il n’est pas utile de revenir sur les projets du groupe mis en place par Sergio Marchionne, vous les connaissez tous et même si nous aimons ça nous en avons suffisamment discuté depuis des mois pour ne pas dire des années.

Si les analystes et les journalistes économiques ou financiers saluent le fait que S.Marchionne a pu et su aller où il voulait et la réussite actuelle de Maserati et de Ferrari, ils mettent tous en avant des risques et pointent les éléments suivants :

– le taux d’endettement du groupe (entre 9.8 et 10.3 milliards d’euros)
– les risques liés à l’entrée en bourse
– l’hétérogénéité du groupe industriel
– ses différences et déficiences structurelles
– son absence quasi généralisée de motorisations « vertes »
– la faiblesse de la gamme de la « maison mère »
– de grosses faiblesses stratégiques en Asie du sud-est, en Chine, en Inde et en Russie
– le programme 2014/2018 utopique et irréaliste avec des marques certes glorieuses mais moribondes (Lancia, Alfa Romeo), d’autres trop typées tant pour les produits que pour les marchés (Dodge, mais surtout Chrysler dont 90% de ses ventes se font en zone NAFTA)
– où trouver les 5.5 milliards d’euros pour relancer Alfa et parvenir à fabriquer 400.000 en 2018 ? Comment faire pour que Jeep à la même période vende 1.9 million d’autos ?

Beaucoup de questions donc que nous avons abordé ensemble mais l’administrateur délégué semble toujours droit dans ses bottes et il maintient la totalité de ses objectifs même pour cette année 2014. Sergio Marchionne se dit aussi confiant au sujet des 8% de « rebelles » et si la totalité du projet FCA n’est pas bouclé dans les prochains mois, il retentera le coup un peu plus dans des conditions qui lui seront plus favorables. A voir ?
Reste que si le projet FCA et ses objectifs venaient à ne pas aboutir en 2018, le fameux administrateur en sera, avec John Elkann, le seul responsable puisque ses fonctions ont été prolongées jusqu’à la fin du plan 2014/2018.

FCA NV, ça c’est fait ou presque, Sergio Marchionne et John Elkann peuvent désormais partir en vacances l’esprit apaisé et avec le sentiment du devoir accompli. A suivre.

NDLA :  L’ensemble de la famille Agnelli-Elkann, propriétaire de la holding Exor, détient 30% du capital de Fiat.

Via AP, LesEchos, FCA, LeCorriereDellaSera, LaStampa, ForumFiat.