Dire qu’Alfa Romeo va mal est un doux euphémisme surtout si on est alfiste et passionné de voitures italiennes et qu’on voit dans quelle situation est le constructeur milanais en ce début d’année 2014. 

alfa romeo pourrait quitter le giron de Fiat

Avec moins de 75.000 autos vendues en 2013 c’est à dire quasiment 26% de moins qu’en 2012, Alfa Romeo est au plus bas. On pourrait même dire que la firme n’a jamais été à un niveau aussi faible sur les marchés automobiles. Bien sur certains, nous parleront des projets annoncés pour Alfa par l’administrateur délégué (nous découvrirons le 4eme dans une semaine…), du retour de la marque aux USA (où Alfa est considéré comme une marque d’érudit ou de collectionneur) et bien sur de la 4C (voiture image mais surtout pas à volume) mais pour le reste, c’est le vide, le rien et surtout la crainte du lendemain pour ce constructeur auquel nous sommes tous attachés.

Selon les propos rapportés par Automotive News Europe et Quattroruote, on apprend que Sergio Marchionne, à l’image de ce qui se passe pour Ferrari et Maserati, pourrait donner une certaine indépendance à Alfa Romeo par rapport à FCA. Cette opération juridique et financière permettrait ainsi de pouvoir rendre public les comptes et résultats d’Alfa Romeo qui sont à ce jour intégrés en totalité dans les résultats financiers du groupe FCA. Selon les éléments rapportés, ce changement de statut aiderait à mieux relancer la firme au biscione. 

Alfa Romeo devenu indépendant, la direction du groupe FCA pourrait travailler tranquillement et efficacement au développement de l’entreprise milanaise afin d’en faire une sorte de Maserati « bis ». Sur le plan financier, l’affaire pourrait être bien engagée puisqu’Alfa est rentable depuis 6 ans après 20 années de pertes depuis le rachat par Fiat SpA en 1986. La marque se débrouille même pas mal puisqu’elle annonce désormais une marge opérationnelle de l’ordre de 10% alors que la moyenne du groupe FCA est aux environs de 3.5%. Pour en arriver à cette plutôt bonne situation, Alfa a profité de la belle période 1997-2010 (145/146, 156, 166, GT, 147, 159, 916) et du retour en grâce de la marque… Hélas entre temps, la crise et l’administrateur délégué sont passés par là ! 

Toujours d’un point de vue financier, cette autonomisation d’Alfa qui va commencer à peser du fait de la très forte baisse des ventes, permettra à Sergio Marchionne de présenter à Wall Street en fin d’année, un groupe FCA plus « intéressant » pour les investisseurs, traders et autres spéculateurs… Pourquoi pas ? Mais agir ainsi c’est peut être vider de sa substance la nouvelle entité industrielle italo-américaine qui perdra dans cette émancipation les possibles bénéfices attendus avec les 500.000 exemplaires prévus en 2018 !

Tout cela sera à découvrir dans une semaine tout juste lors de la présentation du nouveau plan stratégique quinquennal du groupe FCA. Ce 6 mai 2014 sera donc l’occasion de découvrir le quatrième plan pour Alfa Romeo depuis 10 ans… dont aucun n’a pour l’instant abouti ou mené à l’expansion d’une marque qui a (ou avait) les atouts pour jouer dans les cours des premiums allemands mais aussi japonais sur les marchés d’Europe ou d’ailleurs.

Restons attentifs et gardons à l’esprit qu’en 2010 Sergio Marchionne annonçait 500.000 autos en 2014 (NDLA : je doute qu’avec la gamme actuelle Alfa Romeo vende 425.000 autos de plus qu’en 2013 !) avant de se raviser début 2013 en annonçant 300.000 unités dans deux ans tout en se relançant il y a quelques semaines en parlant d’une gamme de 7 nouvelles autos en 2017 et 500.000 ventes en 2018…

Bien sur, on parle de chassis Maserati, de propulsion et de Q4, de moteurs essence venant de chez Ferrari, de nouveaux blocs venant du dieseliste du groupe FCA (VM Motori) plutôt que ceux développés par FPT (Fiat Power Train), de suppressions des modèles des segments B et C mais en agissant ainsi et en visant d’entrée de jeu le haut du panier, Alfa Romeo qui a  construit depuis 40 ans des véhicules populaires (Alfasud, 33, Arna, 145/146, 147, MiTo, Giulietta) se couperait inévitablement d’une partie non négligeable de sa clientèle et donc de ses ventes.
Pour parler un instant de la concurrence, Audi, BMW, Mercedes et quelques autres sont présents sur ces segments et ce, surement de manière durable, alors pourquoi pas Alfa Romeo qui a une légitimité certaine pour ce genre de produits automobiles !

Il nous reste maintenant à attendre la première semaine de mai pour savoir quelle impulsion Sergio Marchionne veut donner à Alfa Romeo pour l’avenir. Nous n’oublierons pas non plus le cas Lancia qui pose lui aussi beaucoup d’interrogation et qui a fait naitre des craintes, a priori, fondées dans le monde des lancistes.

Je termine ce topo sur l’avenir possible d’Alfa Romeo sans évoquer une autre hypothèse liée à cette possible séparation…
Le rédacteur et l’alfiste que je suis ne veut froisser personne ce mardi 29 avril, je n’en dirai donc pas plus pour l’instant, nous verrons cela ensemble dans quelques jours !

Via AutomotiveNewsEurope, Quattroruote.