… au chômage ou au travail !

L’affaire est sortie il y a quelques jours chez nos confrères (Boujour Quentin !) d’AutoPlus qui se sont permis de réaliser une enquête auprès de plus de 25 compagnies d’assurance présentes en France.

A la lecture du dossier, on peut donc déduire que si l’on est chômeur ou sans activité professionnelle, on est un chauffeur à risque pour 11 des 27 assureurs « testés » et l’on doit donc payer plus cher.

Le magazine a construit son dossier sur des demandes de devis d’assurance auto sur internet essentiellement en passant par les fameux comparateurs en ligne (qu’on ne cesse de voir à la TV !) et les sites des assureurs ou de leurs courtiers. Pour se faire, Autoplus a mis en place deux profils identiques à un détail près. Ils ont le même âge, le même sexe, la même situation de famille, le même lieu de résidence, le même bonus, la même auto (un modèle courant de milieu de gamme) mais leur situation face à l’emploi est différente, l’un est salarié, l’autre chômeur !

Sur l’ensemble des sociétés contactées, 16 ne font pas de différence, une propose une tarification moins élevée pour le chômeur ( GMF) mais 11 soit près de 41% font des offres plus onéreuses si vous êtes sans emploi. Certaines compagnies se payant même le luxe d’appliquer une surprime de l’ordre d’un tiers (33%) de la valeur du contrat initial ce qui, dans le cas choisi par Autoplus représente une majoration annuelle de 180€ ou 15€/mois dans le cadre d’un assurance tous risques ce qui n’est pas rien pour certaines personnes qui sont sans travail.
A la question du pourquoi de ce coût supplémentaire, les assureurs répondent deux choses :

–  l’éventualité du non paiement de la prime du fait de l’absence d’emploi.
–  une utilisation plus fréquente de la voiture en raison d’un temps libre plus important ou pour se rendre à des entretiens d’embauche. Et selon les assureurs, ces temps de conduite supplémentaires induisent inévitablement une augmentation du risque d’accident de la route. A croire que le chômage rend « neumeu » au point de rendre les conducteurs qui ont perdu leur emploi moins compétents et responsables que les autres !

Selon le journal, cette politique de prime d’assurance élevée peut être assimilée à ce qu’on appelle une politique d’éviction commerciale qui vise à limiter le nombre d’assurés à risque ! Ainsi après les jeunes conducteurs, les chômeurs seraient dans le collimateur des assureurs. Ainsi chez les assureurs on semble préférer le bon père de famille la quarantaine, avec un bonus confortable, si possible fonctionnaire, père de 2 ou 3  enfants (avec assurance scolaire…) qui roule en break ou monospace diesel 6 cv fiscaux au chômeur… qui roule dans n’importe quelle voiture et je passe sur le cas du jeune motard chômeur !
Autoplus complète son dossier en expliquant qu’il n’y a et n’y a jamais eu d’études ou de chiffres objectifs qui montre que les chômeurs ont plus de sinistres (notamment à tort) que les conducteurs qui ont un emploi. D’ajouter enfin que cette étude ne prend en aucun cas l’ancienneté chez un assureur et les fameux « gestes commerciaux » qu’il nous fait si on roule peu, qu’on a pas d’accident, qu’on paye bien sa prime et qu’on a tous les contrats de la famille chez lui.

Une chose est certaine il faut faire absolument jouer la concurrence et mettre un peu la pression en utilisant soit l’arme du comparateur (même si je reste réservé sur la fiabilité de certains…) soit celle de la discussion en mettant en avant la concurrence et votre pouvoir de séduction. Pas évident et un poste budgétaire désormais vraiment important dans le porte monnaie de l’automobiliste surtout si on roule ( horreur, enfer et damnation !!) dans une auto de plus de 7 chevaux fiscaux. Ne perdons pas de vue hélas que de plus en plus de chauffeurs « inconscients » circulent sans la moindre assurance… malgré une vignette verte apposée sur le pare brise !

Via AutoPlus.