Cent ans pour le Trident : c’est la belle histoire de Maserati qui est célébrée au MotorVillage.

L’automobile est une industrie centenaire, et ses premiers protagonistes que sont Daimler ou Peugeot ont déjà dépassé les 120 ans. Mais il reste encore quelques constructeurs à devoir passer le cap des Cent Ans, et, avant Citroën en 2019, c’est sa lointaine possession Maserati qui souffle ses bougies en 2014. L’occasion de retracer, au MotorVillage du Rond-Point des Champs-Elysées, une partie de l’histoire de la marque italienne.

Maserati 250 F – 1954

Si c’est à partir de 1926 que Maserati s’engage en course automobile comme constructeur, c’est en 1954 que le MotorVillage fait commencer l’histoire, avec la monoplace 250 F. Engagée en Formule 1, elle est propulsée par un 6 cylindres de 2,5 l, elle est pilotée notamment par Stirling Moss, vainqueur du GP de Monaco 56, et Juan-Manuel Fangio qui remporte à son bord le Championnat en 1957. Faute de trésorerie, Maserati abandonnera en 1958 la Formule 1, et n’y reviendra plus.

Pour autant, la version exposée au MotorVillage est un tantinet différente. C’est une 250 F Speciale, dont deux exemplaires seulement furent produits, où le moteur a pour particularité d’être placé dans l’angle avant gauche du châssis et le volant installé sur la droite, ceci pour des raisons aérodynamiques. Engagée à partir du GP de Monza 56, elle gagne la course avec Stirling Moss. La 250 F Speciale est reprise par Fangio l’année suivante, pour les GP de Reims puis de Paris. Elle subit par la suite une modification du moteur en 1958, se dotant probablement du V12 de la 250 F Tipo 2, et après avoir été exposée au Salon de Genève en 1966, c’est un certain Fritz Schlumpf qui en fait l’acquisition, le même qui est à l’origine de la gigantesque collection exposée à la Cité de l’Automobile de Mulhouse.

Maserati Ghibli Spyder – 1967

Continuons l’histoire de Maserati là où nous la laissions avec la 250 F pour passer aux véhicules de série. De 1967 à 1973, ce sont 1274 Ghibli qui sortiront de Modène, sous un dessin signé Giugiaro. Sur ce total, seuls 125 furent des Spyder, qui furent motorisés par le V8 4,7 l de 330 chevaux issu de la 450 S de compétition, puis par le 4,9 l de 335 chevaux spécialement conçu pour les 25 exemplaires du Spyder SS.

Maserati Ghibli – 2013

Le nom reste, mais… tout le reste change ! C’est un peu l’esprit de la Ghibli version 2013, une berline de segment E qui se veut la digne opposante aux Jaguar XF et autres premium germaniques. Lancée l’an dernier, elle se veut le fer de lance du retour de Maserati sur le marché des berlines, avec au-dessus d’elle la Quattroporte qui prend le statut de limousine. Disponible en essence (V6 330 chevaux, V6 S 410 chevaux), en diesel (V6 275 chevaux), mais aussi en transmission intégrale (Ghibli Q4), la grille tarifaire de la nouvelle Ghibli débute à 66 750 €.

A l’entrée du MotorVillage, c’est une Maserati repeinte par l’artiste Karl Lagasse qui est proposée aux yeux des visiteurs. Sa peinture anthracite est recouverte par lettres en feuille d’argent qui composent un psaume sur toute la voiture. Maserati parle à son sujet d’une « oeuvre unique correspondant parfaitement à l’ADN de la marque au Trident, exprimant l’élégance, le raffinement, et la puissance ». La démarche en tout cas est originale et rappelle les « art cars » de BMW ou Nissan. Cette Ghibli by Karl Lagasse a connu une première heure de gloire lorsqu’elle fut exposée à la manifestation « Art Paris Art Fair » au Grand Palais au mois de mars 2014.

Et le groupe FCA dans tout ça ?

Le MotorVillage est un espace dédié à toutes les marques du groupe FCA, et parmi elles, il y en a une qui célèbre les 100 ans de Maserati à sa façon : Abarth, qui propose une version luxueuse et musculeuse, la 695 Edizione Maserati. Sur base de Fiat 500, l’Abarth 695 reprend les codes Maserati, telle la teinte Bordeaux PonteVecchio, tandis qu’à l’intérieur le cuir Poltrona Frau couleur sable recouvre les sièges. Les détails sont soignés : les appuie-têtes sont badgés « 695  » , le volant est bicolore noir/beige, le pédalier est en aluminium et les seuils de porte en fibre de carbone au nom de la voiture. L’Abarth 695 fait aussi honneur à Maserati sous son capot avec le 1,4 T-Jet de 180 chevaux. Reste que le prix lui aussi est à la hauteur du Trident : 38 452 € !

Si cela ne vous convient pas, le MotorVillage expose le reste de la gamme Fiat 500 dont la dernière finition « La petite robe noire » de Guerlain.

Crédit photographique : François Mortier pour BlogAutomobile.fr