Il va falloir s’y faire : on ne roulera pas demain comme on roule aujourd’hui. Avec ses Innovation Days, BMW nous présente un panel de ses réflexions et innovations. Et demain, c’est déjà maintenant… 

Vous pensiez que BMW produisait et construisait des voitures ? Eh bien laissez-moi vous dire que vous êtes un gros naïf et que vous avez quelques TGV de retard : car la firme munichoise aime à se penser comme une « Tech Company » et ne cesse d’ailleurs de nous montrer sa vision du futur, à l’instar de la Vision iNext. De toutes façons, le modèle économique va changer. Aujourd’hui, on raisonne encore sur le modèle « un client, égale une voiture », voiture dont il est généralement propriétaire, où à tout le moins durant le temps du leasing pendant au moins 3 ans ; demain, ce sera « un client choisit dans un large éventail de solutions de mobilités » et il paiera pour le trajet et le temps de détention. Moi qui suis nostalgique de ma vieille 635 CSI (rouge, bandes noires, full intérieur Recaro en cuir crème) vendue à regrets, je n’ai pas fini de pleurer. Mais bon, je suis un vieux con rétrograde, c’est comme ça. En attendant l’avènement de la voiture connectée sans chauffeur, que BMW estime pour 2050, voici donc les étapes qui nous attendent.

Petit rappel : ACES

Avis aux cancres qui auraient raté quelques cours : l’auto de demain, elle sera ACES. A pour autonome, C pour connectée, E pour électrique et S pour sa gamme de services. La BMW Vision I Next synthétise déjà ces dimensions. 

BMW profite d’ailleurs de tout ceci pour se reconstruire un peu une image. Alors que, dans mon esprit (simpliste et réducteur, je l’admets, comment pourrait-il en être autrement quand on naît prématuré et dans les Ardennes ?), BMW, pour moi, c’était jusqu’à la fin des années 2000, un constructeur d’autos sympas et de motos chiantes. Bizarrement, ils ont inversé la tendance ensuite (via la S1000 RR et des flat twin qui dépotent en moto), tandis que, en auto, ils se sont mis à faire des monospaces, des traction avant et des 30i motorisées par des quatre cylindres peu expressifs. Misère ? Non, la branche auto semble avoir rectifié un peu le tir (mentionnons le nouveau Z4, la série 8 Coupé et Cabriolet, le X5 45e hybride rechargeable à 6 cylindres, les motorisations quadri-turbo etc). 

Elle arrive en 2019

Bref, toujours est-il que BMW nous rappelle que, nonobstant, l’éléctro-mobilité, ça a toujours été leur truc. Si un campus dédié à la conduite autonome a été créé en 2018, riche de 2000 collaborateurs dédiés, BMW rappelle que la firme s’est dotée d’une direction du développement durable, la première 1602 électrique (avec 60 kilomètres d’autonomie) a 40 ans, la i3 120 AH va avoir 360 km d’autonomie (valeur NDEC, ce sera 310 en WTLP) et du coup, va se passer de son prolongateur d’autonomie, et avec 9 modèles (à mi-2019), ils ont la gamme électrique et hybride rechargeable la plus large du marché. Et cela n’ira qu’en s’améliorant : en 2025, la gamme BMW comportera 25 modèles green dont 12 100 % électriques, avec notamment la Mini électrique en 2019, le ix3 (400 km d’autonomie) en 2020, la Vision I Next et la i4 en 2021. On précise que les i3 viennent désormais avec 30000 km de recharge offerte. 

Pour ce faire, BMW envisage de créer une économie circulaire de la batterie, en s’appuyant notamment sur les ressources chinoises : après tout la Chine est le 4èmemarché mondial pour Mini, c’est là que seront produites les Mini E et ix3. Et les allemands ne mettent toutefois pas tous leurs œufs dans le même panier : l’hydrogène fait partie des solutions étudiées, en témoignent les travaux faits sur la Série 5 GT en 2015.

Un monde de services

Savez-vous qu’à Munich, 30 % des autos en circulation sont à la recherche d’une place de parking ? C’est à partir de ce constat que BMW a développé toute une gamme de services : Park Now, Charge Now, dont on comprend immédiatement le sens, mais aussi Drive Now et Reach Now : Drive Now, c’est de l’auto-partage et BMW a déjà mis en place une flotte de 6 000 véhicules dans 13 villes. Pour la parking, BMW a acquis Parkmobile, qui touche 22 millions de clients dans 1000 villes, dont 15 en France. Et quant à Charge Now, ce sont 89 000 points de recharge dans 75 pays, dont 9 000 en Europe : c’est à l’heure actuelle le réseau mondial le plus complet. 

Des autos connectées

1998 : les BMW peuvent se doter de l’appel d’urgence. 2008 : l’internet embarqué est possible. Depuis 2015, toutes les BMW intègrent une carte SIM. L’avenir est donc à la voiture connectée. BMW nous parle d’un futur où votre auto est connectée à votre agenda, sait quand et ou se trouve votre prochain rendez-vous et vous envoie des alertes en fonction de l’itinéraire et du trafic. Et la vie privée, là-dedans ? Même s’il y aura une connexion avec les assistants personnels des GAFA (donc la vie privée, bof…), BMW assure que tout sera sécurisé sur ses propres serveurs. Dont acte. 

BMW travaille aussi à de nouvelles interfaces : on en a déjà eu la primeur avec les nouveaux tableaux de bord (tels que celui de la X5 G05), et la marque allemande précise une fois de plus que toutes les informations doivent être dans le champ de vision du conducteur (et donc, pas de grand écran tactile en position basse sur la console centrale, et toc Audi et Jaguar Land Rover !). Enfin, une App permet de partager son auto avec d’autres sans s’embêter avec une clé. Il suffit de paramétrer où, quand, vers où, et avec son smartphone, votre maîtresse peut prendre possession de votre auto. Ce n’est qu’un exemple ! Ça peut être vos enfants, aussi.

Précurseurs sur l’induction et la marche arrière

Pour éliminer les contraintes de la recharge électrique, BMW est aujourd’hui précurseur sur la recharge à induction et appelle de ses vœux la mise en place d’une norme. Nous avons pu tester ce système sur une 530e et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est bluffant de facilité. Certes, il faut aussi cocher l’option Park Assist à 1 150 € outre le prix du système à 900 € (ce n’est pas cher du kilo, la plaque en question en pèse 45 !), mais c’est bluffant d’efficacité et le guidage final se fait par signal wifi, pour placer la voiture sur un carré de 7 x 14 cm. La plaque produit un champ magnétique de 3,2 kW et il faut donc 3h30 pour recharger les 9,2 kWh des batteries de la Série 5 hybride rechargeable. Le tout sans aucun souci : fini les câbles et les mains sales ! 

BMW 530e iPerformance

Avec la dernière génération de X5, BMW a également dévoilé son assistant à la marche arrière : en cas de manœuvre dans une ruelle étroite et encombrée, ou vers un parking surchargé, ou dans un cul de sac, ou dans une forêt, que sais-je, il suffit de presser sur un bouton à côté du sélecteur de vitesse pour voir le X5 reculer automatiquement sur les 50 derniers mètres parcourus, au centimètre près. Bluffant. 

En conclusion

Voilà l’avenir selon BMW. On ne peut pas reprocher au constructeur munichois de ne pas être à sa place : celui d’un leader d’opinion, qui a tout prévu et qui considère que chacun pourra choisir le type de mobilité qui lui convient au moment qui lui convient, sans forcément être propriétaire d’une auto. Recharge, parking, usage, gestion de la vie quotidienne, des loisirs, des proches, tout est prévu. 

Restent quelques inconnues : le prix de tout ces services. Pour reprendre une expression qui s’inscrit dans la tendance actuelle, seront-ils gilet-jaune-compatibles, ou, en d’autres termes, quelle sera la place sur la route pour les usagers qui en pourront s’offrir les services de mobilité dernier cri ? Enfin, tout ceci semble signifier la fin du deux-roues. Certes, BMW a déjà travaillé sur une R 1200 GS capable de rouler seule, mais quel intérêt de se retrouver perché sur un engin que l’on ne maîtrise pas ? L’avenir nous le dira. En attendant, vous en pensez quoi ? 

Photos : BMW