Un SUV, électrique… Rien qui fasse rêver par les temps qui courent. Pourtant Le Bollinger B1 a un petit quelque chose de spécial : une vraie gueule, garantie zéro frime.

Si je vous dis « Bollinger », là comme ça de but en blanc, vous devriez normalement penser avant tout à du Champagne (cher à James Bond d’ailleurs…). C’est pourtant également le nom d’un tout jeune constructeur automobile américain n’ayant à son actif qu’un seul modèle, même pas encore commercialisé. Si le créneau des SUV/Crossover et autres machins électriques moches semble bien encombré avec des marques fantômes comme Faraday Future ou Lucid Air, Bollinger a choisi une voie toute différente : un 4×4 à l’ancienne, un vrai.

Avec son style largement pompé sur un bon vieux Land Rover Defender ou un Ford Bronco, le B1 retourne aux sources. Les panneaux de carrosserie et les surfaces vitrées sont désespérément plats, le capot est totalement horizontal et la calandre fatalement verticale. Pour tout dire, ça ressemble à ces dessins de bagnole que je griffonnais dans les marges de mes cahiers d’écolier (et non, j’ai jamais été fichu de faire mieux). Et malgré cette simplicité, voire même rusticité, j’ai sacrément envie d’en avoir un. Peut être l’effet madeleine de Proust, allez savoir !

Mais malgré ce dessin entièrement tracé à la règle et à l’équerre (je suis méchant, les roues et les phares sont ronds), le B1 cache une technologie plutôt avancée car il est électrique. Deux moteurs, un par essieu, pour une puissance maximale de 360 ch. Malgré un poids conséquent de près de 1800 kg, il assure des performances de haut niveau : vitesse de 204 km/h et 0 à 100 km/h en un peu plus de 4,5 secondes. Mais ceci est sans aucun intérêt car la vocation première du B1 est de faire du franchissement, de se vautrer dans la boue, de racler la caillasse et de flirter avec la neige. Un vrai baroudeur, pas le genre à escalader les trottoirs parisiens.

Ses capacités en tout terrain sont réelles : garde au sol de près de 40 cm, angle d’attaque de 56°, angle de sortie de 53 °, différentiels à blocage électronique. Il n’est pas là pour plaisanter, et grâce à son gabarit ultra compact (3,81 m de long et 1,94 m de large), il devrait pouvoir passer à peu près partout. En fait, il a tout d’une Jeep, mais en électrique !

Dans l’habitacle, remballez vos sièges en cuir d’autruche, montres d’horloger suisse ou même écran multimédia. C’est dépouillé, simple et efficace. Encore une fois, l’influence Land Rover de première génération se fait sentir. Quelques compteurs à aiguilles, une vilaine horloge LCD digne d’une Toyota des années 80 et c’est à peu près tout.

Un airbag, un autoradio ? Bah non, pour quoi faire ?? A part consommer le précieux courant de la batterie de 60 kWh (ou 100 kWh en option), ça ne sert pas à grand chose. Il ne néglige par contre aucun aspect pratique : quasiment tout est modulable et il peut emporter des charges de grande longueur (en faisant ressortir une partie de la charge par une trappe dans la calandre !) et aussi tracter environ 2,8 tonnes. Il peut aussi partager l’énergie de sa batterie pour alimenter des appareils électriques sur le terrain.

Bref, s’il n’était américain, on pourrait parler de couteau suisse. Bollinger (qui est par ailleurs le nom du créateur, Robert Bollinger) recherche actuellement des partenaires pour industrialiser son concept. Il revendique déjà plus de 6000 commandes, alors même que le tarif de vente n’est pas connu. Hélas, pour le voir en France, cela sera plutôt compliqué, les normes d’homologation auront sans doute raison de sa rusticité et de sa simplicité. Dommage, il pourrait largement remplacer les vieux Auverland et autres Panda 4×4 à bout de souffle qui traînent encore dans nos campagnes et nos montagnes, ou servir à quelques gentlemen farmers un peu las de leur Mercedes G.

Crédits photos : Bollinger Motors