BMW a un programme de lancement de 11 nouveaux modèles pour l’année 2014. Pour communiquer efficacement à leur sujet, la marque nous a invités à en découvrir deux : la Série 4 GranCoupé, et le X3 Restylé.

Après une première édition à la fin janvier, BMW remet le couvert avec une Closed Room consacrée à ses lancements de printemps. D’un côté, un restylage avec le X3 et de l’autre, un nouveau modèle avec la Série 4 GranCoupé. Le premier est un modèle pivot du constructeur allemand en France, puisqu’il est la 4ème meilleure vente ; au global, ce sont 45 000 BMW X3 qui se promènent sur nos routes, à raison de 23 000 exemplaires de la première génération et 22 000 unités de la seconde. BMW se targue d’être le premier à avoir proposé aux clients un « 4X4 pour routes » dès 2004, concept qui a trouvé son public et fait des émules dans la concurrence (Audi Q5, Mercedes GLK, Volvo XC60).

La seconde nouveauté est inédite, puisque c’est la première « berline coupé » ou « coupé à 4 portes » proposé par BMW sur le segment D. Elle est le pendant compact de la Série 6 GC d’un point de vue conceptuel et ne jure que par une rivale : l’Audi A5 Sportback. Mais la Série 4 GC est aussi  le troisième rejeton de la nouvelle gamme Série 4 après le coupé et le cabriolet, et la troisième berline de BMW au format « familial » après la Série 3 et la Série 4 GranTurismo. A Munich, on veut occuper chaque niche de marché, mais ne risque-t-on pas l’overdose ?

X3 : la force du LCI (Life Cycle Impulse)

C’est le chef de produit X3 pour la France, M. Frédéric Tersinet, qui nous présenta le X3 restylé, ou plus précisément, LCI (prononcez L-ci-aïe, à l’anglaise), soit les initiales de l’acronyme interne signifiant les renouvellements de véhicules à mi-vie. Le premier objectif sur ce nouveau X3 était de gagner en « modernité et en qualité perçue« , deux postes identifiés comme à retravailler lors des tests cliniques réalisés un an après le lancement de la phase 1. Le second objectif, non-avoué mais en lien avec la cohérence de gamme du constructeur bavarois, est de mettre à jour ce X3 alors que la concurrence se renforce contre lui, surtout esthétiquement : Porsche Macan, Audi Q5 restylé, et surtout son demi-frère X4. Ainsi, l’offre de gamme est simplifiée, passant de 5 à 4 finitions, mais deux d’entre elles sont d’inédites finitions personnalisées (M-Sport et X-Line). L’intérieur du modèle X-Line (dont la lettre X stylisée se retrouve sur les ailes) le soir de la présentation était pourvu d’un nouveau coloris de sellerie cuir, chocolat à surpiqûres orange, tandis que les appuie-têtes étaient ornés de l’initiale « X ».

La modernité passe par l’équipement : au moyen de 4 caméras, le X3 reconstitue une vision à 360° de l’environnement du véhicule ; l’ouverture et la fermeture du hayon se font en passant le pied sous le pare-choc arrière ; un radar anti-collision doublé de l’ACC (régulateur de vitesse actif) a recours à une caméra frontale pour adapter la vitesse du X3, et, de 10 à 60 km/h, lui faire faire un freinage d’urgence si besoin ; tous les X3 sont désormais dotés d’un système d’appel d’urgence embarqué, qui se déclenche automatiquement en cas d’accident, mais qui peut être également amorcé manuellement pour prévenir les secours lorsque l’on constate un accident.

Le X3 a progressé également sur moult petits détails, mais qui ont leur importance sur un véhicule « premium » au ticket d’entrée fixé à 37 700 € : l’insonorisation a été améliorée, les corps creux de la carrosserie ont été comblés, les vibrations sont davantage amorties pour permettre un meilleur confort accoustique. Sous le capot, les moteurs évoluent : le moteur 18d passe de 143 à 150 chevaux, et le 20d de 184 à 190 chevaux ; avec le 30d, ils répondent tous à la norme Euro 6 par anticipation, et piègent les Oxydes d’azote NOx sans avoir recours à l’AdBlue. Pour le 18d, les rejets de CO2 sont soit de 124 g en boîte auto, soit de 126 g en boîte manuelle, en zone neutre donc, tandis que le 20d est à 131 g en boîte auto soit pourvu d’un malus de 150 € ; ce dernier monte à 250 € si l’on choisit une plus grosse monte pneumatique, mais le bloc compense en améliorant l’exercice du 0 à 100 km/h (0,4 secondes en moins) et son couple (passant de 380 à 400 Nm).

La production vient de débuter au 1er avril, et les premières livraisons auront lieu en mai. Vivement les essais pour pouvoir constater les progrès accomplis, et vérifier si l’écart entre ces promesses discursives et la réalité n’est pas trop important. A titre de comparaison, BMW avait installer un X3 II phase 1 le soir de la présentation, ne serait-ce que pour montrer l’évolution de la face avant et les progrès de l’intérieur. Ces derniers sont bien réels, mais le modèle de la phase 2 possédait toutes les options du catalogue.

Série 4 GranCoupé : le bon profil

Entre une Série 3 à l’allure compacte et une Série 3 GT dont le postérieur a été allègrement allongé (sa plate-forme est d’ailleurs celle de la Série 3 LWB chinoise), il fallait une synthèse : une berline à hayon, oui, mais à la ligne fluide et si possible sportive. C’est la place qui incombe à la Série 4 GC que de répondre à cette description. Et si, en deux ans, l’offre sur le segment D de BMW a été multipliée par 3 (avec la 3 GT et cette 4 GC donc), c’est parce qu’il représente 35 % des ventes de la marque (soit 6000 ventes annuelles), qui ne peut se permettre de laisser la concurrence lui en raboter une part ! Cette triple offre doit permettre à BMW de rester n°1 des berlines premium en France notamment, alors même que la nouvelle Mercedes Classe C sort ce printemps.

Mais alors, pourquoi ne pas avoir appelé cette voiture « Série 3 GC » ? Parce qu’elle emprunte ses dimensions (empattement, longueur et largeur) à la Série 4 (elle n’est qu’1 cm plus haute de pavillon) et parce que sa concurrence actuelle (Audi A5 Sportback) s’affiche déjà comme dérivé berline de la gamme coupé. Si la silhouette est travaillée pour être plus fluide et râblée, la Série 4 GC n’oublie pas l’âme des coupés (les portières aux vitres sans encadrement) ni les aspects pratiques, avec un hayon à ouverture et fermeture électrique (qui peut en option, comme le X3, détecter votre pied sous le pare-choc pour s’ouvrir et se fermer), une banquette à 3 places, un coffre équivalent la Série 3 c’est-à-dire de 480 litres (35 de plus que le coupé) voir 1300 litres une fois la banquette rabattue.

La version exposée était une Série 418d : bien que le moteur soit modeste (il passe lui aussi de 143 à 150 chevaux), le tarif de base est (comme pour le X3) de 37 700 €, une grille de prix calquée sur celle de la Série 4 coupé à laquelle elle reprend aussi les 5 degrés de finition. Les options sont nécessaires pour doter cette berline d’éléments chics, à l’image de la planche de bord tendue de cuir (990 €, à inclure au pack Individual) voir la sellerie cuir Merino (un cuir Nappa) ici proposée, 2950 €. Pas de doute, la Série 4 GC ne renie ni les origines ni les traditions de BMW : les codes esthétiques comme le positionnement marketing sont retrouvés. Mais à force de multiplier les propositions de carrosserie sur une même gamme, il faudra que BMW vérifie si les surcroît d’investissement engendré est rentable face à l’augmentation -probable, mais marginale- de ses ventes sur le segment D.

Les premières livraisons de la Série 4 GranCoupé interviendront le 19 juin 2014. Elle, tout autant que le X3 phase 2, on espère pouvoir la tester bientôt, ne serait-ce que pour vérifier que ses performances dynamiques ne varient pas (trop) de celles du coupé.

Crédit photographique : Jean-Baptiste Passieux et François Mortier pour BlogAutomobile.fr
Remerciements à Charles Richer, Sonia Ribeiro et aux intervenants présents sur place