Pour ne pas passer pour des amateurs lors du dernier Salon de Francfort il nous fallait un véhicule digne de ce nom. Et quoi de mieux qu’une allemande pour se rendre jusqu’à cette grande messe de l’automobile germanique ? BMW a répondu présent en nous proposant ni plus ni moins que la toute nouvelle Série 5 G31, le break dans le langage courant. De quoi nous assurer un trajet sur autobahn dans de bonnes conditions… (Vous m’avez bien compris…)

Notre rédacteur Ugo avait eu la primeur d’essayer la version berline de cette nouvelle Série 5 il y a quelques mois. Et notre version Touring bénéficie évidemment des mêmes évolutions stylistiques. Pas de grosse nouveauté donc, on reste dans la continuité de la gamme. Mais grâce à cette arrière évidemment totalement revu, la G31 semble à nos yeux plus homogène et dynamique que la G30.

En finition M Sport, comme sur notre modèle d’essai vous bénéficierez d’un je ne sais quoi de sportivité en plus. Avec un abaissement du châssis de 10 mm, des jantes spécifiques de 18″ à 20″ ou encore des bas de caisse plus musclés, elle devient presque agressive. On pourrait quasiment se croire au volant de l’incroyable M5 et ses 600 ch, de quoi rêver un peu… Pour assouvir un peu votre curiosité, notre version d’essai est dotée de la couleur Alpinweiss et des jantes 19″ style 664M à rayons doubles nommées Jet Black.

A bord, rien ne change par rapport à la berline. La qualité des matériaux, les belles finitions et le niveau technologique nous offrent un habitacle très accueillant et premium. Les commandes ou le système d’info-divertissement nous auront quelque peu partagé pendant ces quelques jours mais l’incroyable commande gestuelle et la vision tête haute digne de ce nom nous ont pleinement mis d’accord.

Le modèle ici présent était habillé d’un intérieur en cuir Nappa couleur Mokka, un cuir pleine fleur d’une qualité et d’un confort assez exceptionnels. A l’avant les sièges confort signés BMW nous dorlotent, et entre les multitudes positions possibles et le volant réglable électriquement, il est impossible de ne pas trouver notre position de conduite idéale et de se sentir mal au bout de quelques kilomètres. Après tout c’est ce qui est incontestablement recherché avec une grande routière n’est-ce pas ?

Mr Missana (il se prend pour un grand de ce monde pendant que je joue au chauffeur) s’est installé à l’arrière de la voiture et nous raconte son expérience : « J’ai profité du début du trajet vers Francfort pour retoucher mes photos du Concours Arts et Élégance Richard Mille à Chantilly. Je suis plutôt grand, je fais en effet plus d’1 mètre 80, et en avançant le siège passager avant au maximum, un espace exceptionnel s’offre à moi pour retoucher mes photos. Les sièges arrière sont eux aussi très confortables, même s’ils pâtissent d’un maintien latéral moins prononcé. Je me suis presque senti mieux qu’à mon bureau, surtout avec la sono Harman Kardon (1100 €). De quoi envisager des voyages studieux et au calme, mais à deux seulement car le très gros tunnel de transmission rendra selon moi inconfortable la place centrale. En revanche avec 560 litres (1700 litres une fois la 2 ème rangée rabattue grâce à de pratiques boutons dans le coffre) de chargement, et aidé par une lunette indépendante, le calvaire qu’était le chargement des bagages pourrait être qu’un douloureux souvenir. »

Pour tout amoureux de voitures ou de conduite, une bonne expérience au volant est incontournable. Et on s’associe tous les deux pour vous assurer que BMW a bien rempli son contrat avec cette nouvelle génération de Série 5.

Pour commencer, Ugo – encore lui – a eu la chance de l’avoir entre les mains un peu plus tôt et de s’amuser sur les routes sinueuses de l’Oise pendant quelques jours. De quoi éprouver les qualités dynamiques de la voiture. Et il vous dit tout :

« Entre la récupération de la voiture chez le constructeur et le grand départ vers Francfort, il y a eu Chantilly et évidemment quelques passages par Paris et ses embouteillages légendaires. Ces derniers sont parfois encore plus un calvaire avec une aussi grosse voiture tel que ce grand break de 4m94 de long et 1m86 de large. Mais la Série 5 se joue des tracas parisiens grâce à un mode autonome dans les bouchons. Le radar à l’avant va tout seul détecter la distance avec la voiture de devant et repartir après une simple intervention de votre part sur la pédale de droite, rien de plus. Un vrai bonheur quand on est bloqué sur le périphérique parisien. Sinon malgré sa taille imposante, la voiture se dirige très simplement grâce à une direction ultra assistée. Et si besoin les assistances de la caméra 360° et autres radars vous aide à vous faufiler sans soucis où vous garer avec la même simplicité qu’une Smart (ou presque hein…).

Second test. Lors du suivi du Rallye des Supercars de Chantilly, j’ai pu me rendre compte des capacités dynamiques de ce Touring de presque 2 tonnes (!!). Autant le dire tout de suite, c’est bluffant ! Le 6 en ligne diesel, moteur dont BMW est peut-être leader aujourd’hui, est d’une efficacité et d’une onctuosité étonnantes, dans le bon sens du terme. Pour vous convaincre en quelques chiffres : 265 ch, 620 NM de couple, 0 à 100 km/h en 5,6 s et une consommation relevée de 6 litres au 100 km. Le tout, avec un châssis très communicatif en mode sport (suspensions raffermies avec l’option Selected Drive à 900€), la voiture se place très facilement dans les virages, vire à plat et accroche la route comme un train sur des rails grâce à sa transmission intégrale xDrive. C’est franchement impressionnant, je ne m’y attendais pas avec une telle voiture, et encore nous n’avions pas l’option 4 roues directrices (ActiveDrive à 1900 €).

Une capacité dynamique sûrement dû en grande partie à l’utilisation d’aluminium sur les longerons de suspension ainsi que le hayon. Cet alliage léger est aussi mis en œuvre sur de nombreux autres composants des liaisons au sol ainsi que sur la carrosserie particulièrement rigide en torsion. Tout cela fait gagner quand même plus de 100 kg par rapport à la F11, la génération précédente. »

Pour ma part, je dois avoir parcouru près de 1000 km dans des conditions pour lesquelles une telle voiture doit exceller : les longs trajets et l’autoroute. Et sans grande surprise notre 530d est l’acolyte idéale pour ce type de parcours. Grâce à des suspensions actives parfaitement conçues, une assise parfaite et couplé à un moteur souple mais doté de relances exceptionnelles notre aller-retour s’est déroulé dans les meilleures conditions.

Qui dit passage en Allemagne, dit forcément autobahn et donc portions illimitées. C’était une première pour moi, et comme pour une fois on peut vous en parler totalement librement, ça serait dommage de se priver. Quelques centaines de mètres après avoir passé la frontière, sans presque s’en rendre compte, le fameux panneau « fin des limitations » apparaît. Mes yeux s’écarquillent et les pulsations de mon cœur s’accélèrent : « est-ce donc bien ça ? » me dis-je. Le doute et la pression m’envahissent, j’ai peur de me tromper et de me faire attraper quelques kilomètres plus loin, heureusement Ugo est là pour me rassurer. A peine m’a-t-il donné son feu vert que j’écrase la pédale d’accélérateur, et waouh, la cavalerie et le couple de camion sont bien là. Je passe la barre des 200 km/h en un clin d’œil. Nous ne sommes pas seuls, et je dois régulièrement ralentir. Cette sensation de se traîner derrière une autre voiture, de s’impatienter, et de se rendre compte qu’on est pourtant à 160 km/h, est assez perturbante mais enivrante. Après plusieurs tentatives, la vitesse de pointe bridée électroniquement approche, et pourtant on ne sent toujours aucun essoufflement de notre énooorme break de 4,94 m. On y est, 252 km/h compteur, on ne fera pas mieux, il faut déjà fortement taper dans les freins. Elle s’exécute sans broncher et surtout sans nous provoquer une once d’anxiété. Avec une telle expérience on se rend compte de la stabilité incroyable de notre BMW, et le tout dans un calme stupéfiant.

On profite du retour en France, de nuit et sous une pluie battante, pour se laisser guider par la conduite semi-autonome. On commence à avoir l’habitude de ce genre de système et l’on sait très bien que cela n’est pas encore prêt à nous remplacer. Mais cela permet d’enquiller des centaines de km sans la moindre sensation de fatigue, même si l’exercice se veut encore trop hasardeux en courbe. En revanche, l’efficacité de la transmission intégrale xDrive s’est montrée quelque peu indispensable avec le déluge qui s’est abattu sur nous, à aucun moment on ne s’est senti trahi.

91 715 €, c’est le prix du modèle que vous avez sous les yeux. Eh oui, pas moins de 20 215 euros d’options (toit ouvrant à 1 850 €, Audio à 1 100 €, cuir à 2 050 €, …) sont venus se greffer aux 71 500 € de base. Sans compter le malus de 1 490 € à compter du 1er janvier 2018.  Si c’est trop pour vous, il vous est possible d’opter pour la 520d et son moteur de 190 ch en boite manuelle dès 49 700 €, ou pour le moteur essence 520i de 184 ch en boite automatique dès 51 100 €. Mais il est aussi possible de monter à 92 700 € (hors options) avec la M550d de 400 ch.

A n’en pas douter, BMW continue de nous servir une très grande routière. Puissante, confortable, technologique et spacieuse : tous les critères sont rénuis pour faire de la Série 5 G31 une très bonne alternative aux gros SUV actuels. Le tout avec un style très réussi et incisif, quoi qu’un peu trop similaire au reste de la gamme.

Crédits :
Texte : Thomas D. (Fast Auto) et Ugo Missana – Photos : Ugo Missana