Les plus chanceux d’entre vous en disposent déjà : le bouton d’appel d’urgence nommé eCall devient obligatoire dès le 1er avril dans tous les nouveaux modèles de voitures.

C’est à la Commission Européenne que nous devons cette initiative. Par une loi votée le 28 avril 2015, elle accordait près de 3 ans aux constructeurs pour équiper leurs modèles de ce dispositif. L’entrée en vigueur se fera donc dès le dimanche 1er avril. Et non, il ne s’agit pas d’un poisson, mais plutôt de l’aboutissement d’un projet en cours depuis près de 20 ans, et lié au déploiement du projet Galileo (mais si, vous savez , le GPS européen).

Concrètement, le dispositif se présente sous la forme d’un bouton, généralement rouge, placé au plafond ou sur le tableau de bord du véhicule, d’un système de géolocalisation permanent et d’une carte SIM. Le déclenchement d’un appel aux secours se fait soit automatiquement en cas de déclenchement des airbags (impliquant forcément un accident), soit par action manuelle.

Un centre d’appel (identique à celui gérant les appels au 112) prend alors le relais et va tenter d’entrer en contact avec les occupants de la voiture pour obtenir des informations complémentaires sur la gravité de la situation. Dans tous les cas, le centre d’appel dispose déjà de la localisation précise de la voiture, du nombre de passagers, de la marque, du modèle et du type de carburant utilisé (via le numéro VIN qui est transmis). Ces données sont appelées MSD (Minimum Set of Data, lot d’informations minimales). L’opérateur décide, selon les informations reçues et dans un délai maximal de 75 secondes, d’envoyer les moyens de secours appropriés. Le « bénéfice » attendu du système est de 2500 vies sauvées par an en Europe, soit environ 10% du total, ce qui est considérable. Ce gain serait essentiellement réalisé grâce à des délais d’intervention raccourcis, toujours vitaux pour administrer les premiers secours en cas d’accident grave.

Dans les faits, il y a fort à parier que si votre voiture a moins d’un an elle est déjà équipée de ce système, voire depuis bien plus longtemps pour de nombreuses marques (Renault, Volvo, PSA, BMW, et bien d’autres). Les constructeurs n’ont évidemment pas attendu le dernier moment pour se mettre en conformité et risquer une interdiction de commercialiser leurs véhicules. A noter que cette obligation ne concerne que les nouveaux types de véhicules et n’est bien sûr pas rétroactive.

Le parc français est à ce jour équipé du eCall à hauteur de 2%. Pour les véhicules non équipés, il devrait exister sous peu des solutions sous la forme de boîtiers à brancher sur prise 12V ou USB, contenant une carte SIM, un GPS, un détecteur d’impact, un micro et un haut parleur. Une simple recherche internet vous permettra d’en trouver rapidement, le coût moyen étant d’environ 200 €, abonnement inclus. Pour les voitures déjà équipées, le coût est inclus pour la durée de vie du véhicule.

Reste un point plutôt sensible par les temps qui courent : un micro et un GPS dans une voiture, voilà de quoi attiser la paranoïa de nombre d’entre nous. Nos données personnelles sont précieuses et le détournement de ces systèmes serait une entorse grave à nos libertés. La Commission Européenne certifie pourtant que l’utilisation de ces systèmes sera très strictement encadrée, notamment dans le cadre de l’application de la loi de protection des données RGPD (Règlement général sur la protection des données, pour ceux qui bossent dessus, bon courage, il vous reste deux mois pour en voir le bout). Et pour les réfractaires jusqu’auboutistes, si le eCall est rendu obligatoire pour les constructeurs, il n’est pas à ce jour inscrit au Code de la route français. Son retrait d’un véhicule neuf risque cependant d’être plutôt compliqué !

Crédits photo : Orange Business, Splitsecnd, ADAC, La voix du Nord