A la suite de longues discussions et des tractations difficiles entre le président de l’ACEA Sergio Marchionne et le commissaire européen Antonio Tajani, l’Union Européenne pourrait revoir sa position au sujet des émissions de CO2 et des normes imposées aux constructeurs (Euro4, Euro5, Euro6,…)

 Après avoir fait avoir fait une fixation sur les émissions de CO2 (mais en oubliant celles de NOx), l’Europe s’était fait une spécialité depuis le début des années 2000 de la réduction des émissions de CO2 en provenance des véhicules motorisés avec un objectif fixé pour 2015 qui impose un mix CO2 des gammes de voitures inférieur à 130 g/km. Mais du coté des constructeurs, la position est toujours à la grogne et ce depuis longtemps mais le mouvement s’est renforcé depuis ces dernières années de crise car ils considèrent que les investissements nécessaires pour répondre aux directives sont trop importants pour être réalisés totalement d’ici à 2015, d’autant plus que le marché affiche une forte tendance à la baisse. Ceux ci paraissent comme disproportionnés par rapport aux volumes commerciaux pour parvenir à ce fameux mix de gamme à 130 g de CO2/km qui, selon la loi européenne, entrainera une forte pénalité financière en cas de non respect par le ou les fabricants de voitures qui ne respecteraient pas la norme. Face à la forte baisse du marché, cette norme 2015 sera insupportable et ferait encore plus plonger le marché en entrainant une crise dans le secteur automobile européen qui pourrait toucher jusqu’aux puissants constructeurs allemands… alors ne parlons pas des autres !

En conséquence l’UE envisage de revoir l’objectif fixé et prendra en compte de nouveaux éléments comme :

l’infrastructure, le comportement global des automobilistes (?) et d’autres mesures non encore précisées lorsqu’elle vérifiera la conformité des nouveaux modèles et leurs émissions de CO2.

Cette évolution de la législation devrait permettre aux constructeurs de mieux supporter la crise grâce à cet assouplissement des règles qui laissera plus de temps et moins de contraintes pour parvenir à cet objectif. Pour rappel, on ne perdra pas de vue que l’Union Européenne est la partie du monde où le niveau moyen des émissions de CO2 liées à l’automobile est le plus bas. Mais attention toutefois car avec la crise, la baisse du marché et par conséquent le ralentissement du renouvellement du parc, cette baisse du niveau des émissions pourrait légèrement se ralentir dans les prochaines années. Alors ajouter des pénalités financières aux constructeurs et indirectement aux acheteurs par répercussion mettra à mal un secteur qui emploie des millions de salariés dans l’union.

MàJ : Ci dessous la déclaration officielle de l’ACEA (en anglais)

Brussels, 6 June 2012 – The European automobile manufacturers welcome the main recommendations of the final report adopted, today, by the CARS21 High-level Group but warn that these proposals now need to be executed urgently. The report, produced by a coalition of EU Commissioners, various ministers, automobile industry CEOs, suppliers, trade unions and civil society, lists ways and means of strengthening the future of the automobile industry in Europe.

“It is essential that the findings are implemented and real action taken as soon as possible”, said Sergio Marchionne, President of the industry’s trade association ACEA and CEO of FIAT S.p.A. The CARS21 report focuses on improving the competitiveness of the auto industry in a global perspective, by streamlining the EU regulatory framework and better coordinating relevant European policies.

“Unfortunately, CARS21 recommendations have often been ignored in the past and we are seeing worrying signals again”, stressed Marchionne. He highlighted, in particular, the way in which Europe is conducting free trade negotiations. “CARS21 rightly emphasises that trade relations should deliver reciprocal benefits, that tariffs should be eliminated and non-tariff barriers dismantled. However, the EU always appears ready to compromise on these conditions as experience has shown with South-Korea and other examples”, said Marchionne. “Trade policy and industrial policy must be aligned and reliable.”

The auto industry needs the EU regulatory framework to be much more supportive in order to sustain and strengthen the sector’s position in the fiercely competitive global market place. Regulation, rigid by nature, too often adds undue complexity and costs, or limits flexibility. The European manufacturers are world leaders in CO2-reduction technologies, road safety solutions and intelligent mobility concepts.  ‘Smarter’ policies and regulations can and should reinforce the industry’s competitiveness, and benefit the European economy as a whole.

The outlook for the European vehicle market in 2012 has further worsened due to the challenging economic situation in many of the EU member states. New car registrations are expected to decrease by about 7% compared to 2011 and, though not all manufacturers are affected to the same extent, vehicle production in Europe is likely to decline as well. “Our industry has proven to be extremely resilient, but optimising competitiveness is key in an increasingly globalised world”, said Marchionne. “We in Europe cannot just stand aside and watch developments take their course.”

Via Acea.