E21, E30, E36, E46, E90, F30 et enfin G20. Depuis 7 générations et 44 ans, la Série 3 est la référence de la routière premium. À chaque fois, BMW met la barre plus haut pour rester à la première place. Révélée au mondial de Paris, la belle munichoise arrive avec une flopée de nouveautés et de technologies inédites sur le segment. Cette nouvelle génération fait-elle encore mieux que sa devancière ? C’est ce que nous allons voir.

Il y a quelques semaines, BMW nous a invité dans la région de Cognac pour la découvrir avec à l’essai, les 4 cylindres essence et diesel. C’est vrai que dit comme ça, ce ne sont pas les motorisations qui font le plus rêver… Mais ce sont les motorisations de lancement en attendant les traditionnels 6 en ligne de la marque bavaroise. Pour commencer, faisons un tour de la voiture avant de prendre la route.

La gamme BMW se renouvelle et c’est bien. Cette nouvelle génération, depuis la Série 8, change radicalement les choses. Au cours de son histoire, la Série 3 a été vendue à plus de 15,5 millions d’exemplaires dans le monde. Pour continuer sur cette lancée, BMW se devait de rester à la page.

Il faut dire que la nouvelle génération a fait couler beaucoup d’encre. Le double haricot à l’avant prend en épaisseur. Les phares sont effilés. A l’arrière, ils reprennent le style des feux déjà vus sur la Série 8 ou encore le X4. Plus modernes, tranchant avec ceux de la précédente génération, ils sont l’une des principales cibles de critiques qui leur reprochent un faux air de Lexus IS. Personnellement, je trouve que c’est un peu exagéré.

Cette nouvelle génération, comme d’habitude, gagne en taille. Elle s’allonge de 7,6 cm pour atteindre 4,71 m. Plus grande que la précédente, elle dispose d’une habitabilité en hausse. Elle est aussi 1,6 cm plus large (1,83m) ce qui, nous allons le voir plus tard, participe encore plus à son dynamisme. Son coffre reste quant à lui à 480 litres, dans la moyenne basse de la catégorie.

Il est vrai qu’en la voyant pour la première fois au salon de Paris, j’ai été un peu perturbé par l’arrière. Mais, en la cotoyant, j’ai adoré ce style moderne.

Passons à l’intérieur. Si vous avez lu mes essais de la Série 8 ou de la nouvelle BMW X5, vous ne devriez pas être perdus. On prend les mêmes et on recommence. On retrouve ainsi cette nouvelle instrumentation 100 % numérique (BMW Live Cockpit Navigation Pro à 1 650 € ou de série à partir de la finition Business Design).

Elle est composée d’un écran de 12,3 pouces avec les principales informations de conduite. Le rappel du GPS est au milieu, en mode simplifié. Pas de fioriture ou de vue satellite pour vous distraire. Il y a également un écran tactile de 10,3 pouces au centre avec le nouveau système d’exploitation 7.0 qui, on le verra plus loin, dispose d’une fonctionnalité innovante, disponible pour la première fois sur cette voiture.

Leitmotiv chez BMW, la Série 3 dispose d’une ergonomie optimale. Tout est fait pour que vous ne quittiez jamais la route des yeux. Que ce soit l’affichage tête haute de 11,3 pouces (1 150 €), le plus complet que j’ai vu sur une voiture, l’iDrive pour piloter l’écran central sans quitter la route des yeux ou encore la commande gestuelle (300 €), certes un peu gadget, mais terriblement astucieuse à force de l’utiliser.

La finition est montée en gamme par rapport à la génération précédente. La marque a fait un réel effort sur ce chapitre et ça se ressent à l’intérieur. Les ajustements et les matériaux utilisés sont de meilleure qualité. Les sièges de nos versions MSport ne souffraient d’aucun problème de confort. Une position de conduite toujours au top : on peut s’asseoir très bas pour faire corps avec la voiture. Transition toute trouvée vers ce qui fait la force de la Série 3 depuis la première génération, le dynamisme de l’auto.

La G20 est en moyenne 55kg plus légère que la génération précédente. De quoi gagner en dynamisme n’est-ce pas ? Mais ce n’est pas tout : sur le papier, cette voiture dispose d’une répartition idéale du poids de 50-50, ainsi que d’un centre de gravité abaissé de 10mm et d’un châssis plus rigide. Elle devrait donc garder sa place de référence en terme de plaisir de conduite, non ? Et bien oui !

Au fil des kilomètres à son volant, la voiture se montre terriblement agile. La voiture se place sur des rails et rien ne peut l’en faire sortir. C’est réellement impressionnant. A tel point que lors de l’essai, en duo avec JB du Billet Auto, en passager, je sens mon acolyte arriver sur un virage assez vite, trop vite selon moi. Mais en tant que conducteur, il ressent tellement la voiture qu’il enquille parfaitement les virages en faisant corps avec la voiture avec une facilité déconcertante.

Alors, bien sûr, la voiture peut se conduire à allure plus réduite et c’est normal, mais sa capacité à enrouler les courbes à haute vitesse est si bonne qu’on ne peut qu’attendre la version M340i, qui arrivera à la fin de l’année.

La nouvelle Série 3 dispose également d’un pare-brise mieux insonorisé. Je vous conseille de prendre l’option des vitres avant latérales également : 250 € en plus mais un confort acoustique de grande qualité. A 130 km/h, vous subirez un bruit équivalent à celui d’une voiture classique lancée à 90km/h.

On a donc essayé les deux plus grosses motorisations 4 cylindres disponibles sur le marché : le diesel 320d avec ses 190ch en xDrive et l’essence 330i fort de 258ch en propulsion.

Commençons par le plus économe, le diesel qui dispose d’un couple généreux de 400 Nm et surtout, grâce à l’insonorisation en hausse sur cette nouvelle génération, d’un bruit de fonctionnement totalement imperceptible. Le 0 à 100 km/h est expédié en 6,9 s avec la consommation d’une personne au régime. Sur autoroute, stabilisé à 130 km/h, on ne consomme que 4 litres au 100 km… Sur autobahn, celle-ci passe à 5 litres à 150 km/h.

Passons à la plus surprenante, la version essence. 30i, à une époque c’était la signification d’un 6 cylindres en ligne. Aujourd’hui, au jeu des nomenclatures, ce n’est plus qu’un 4 cylindres… A première vue c’est décevant et c’est ce que je pensais en arrivant à l’essai. Mais lorsque l’on démarre la voiture, on est tout de suite charmé par une sonorité très flatteuse.

En effet, l’échappement de cette version pétarade même légèrement en version sport. Un moteur étonnamment chantant et très peu gourmand. Lors de notre essai, nous avons consommé en mixte 7,2 litres/100 km.

Arrive en ce moment même en concession la 30d, la version routière par excellence de cette Série 3, qui sera à essayer très rapidement. Dans quelques semaines, arrivera la baby M3, la M340i. Le 6 en ligne de 3.0 litres avec le turbo à double entrée fort de 374 ch et 500 Nm nous fera patienter jusqu’à la reine des berlines polyvalentes, la M3.

Parlons un peu de technologie. La Série 3 dispose d’une fonction pour vous faciliter la vie : la marche arrière automatique, comme sur le BMW X5. Plus besoin de vous inquiéter pour vos jantes : la voiture enregistre, en dessous de 39 km/h, vos 50 derniers mètres et vous les refait automatiquement, sur demande, jusqu’à 9 km/h en marche arrière. Bluffant.

Une nouvelle fonction fait son apparition, la digital key. En d’autres termes : la possibilité de (dé)verrouiller sa voiture avec son téléphone, pour l’instant uniquement disponible sur un Samsung tournant sous Android. Une fonction activable uniquement en concession pour plus de sécurité. Cela fonctionne bien : pour l’essai la marque nous avait seulement fourni des téléphones, pas les clés des voitures comme à son habitude.

Alors que penser de la nouvelle Série 3 ? Je vais couper court au suspense, c’est le retour de la référence. Face à des concurrentes de plus en plus acérées dynamiquement comme l’Alfa Roméo Giulia, plus technologiques ou plus confortable, comme l’Audi A4 et la Mercedes Classe C, la nouvelle Série 3 progresse sur tous les tableaux.

Le châssis, plus tranchant que jamais, le confort amélioré (notamment phonique, grâce au travail sur les vitrages) ou, enfin, le coté technologique avec l’assistant personnel, la marche arrière automatique auto-reverse ou encore le déverrouillage avec un téléphone portable devraient vous convaincre.

Face à ces concurrentes, la Série 3 est mieux armée que jamais. Et si vous cherchez une berline 4 portes à la fois bonne routière, dynamique et avec une large gamme de moteurs, la Série 3 génération G20 est faite pour vous.

Merci à BMW France pour l’invitation et JB pour la coolitude !

Crédit Photos : Ugo Missana