Essai Dacia Sandero Stepway GPL

Essai Dacia Sandero Stepway GPL ECO-G : presque comme une grande

De plus en plus de constructeurs et clients boudent le diesel, tout comme cette dernière génération de Sandero Stepway. Mais pour satisfaire les gros rouleurs qui cherchent à faire quelques économies à la pompe, voici la réponse de Dacia : la Sandero Stepway ECO-G qui tourne à l’essence et au GPL. Place dès maintenant à l’essai.

Commençons tout d’abord par quelques présentations. Après 8 années de carrière la Sandero deuxième du nom, a laissé place fin 2020 à une toute nouvelle génération bien plus moderne. Tout comme pour cette version plus baroudeuse nommée Stepway. Très rapidement, on remarquera surtout une signature lumineuse aujourd’hui très travaillée, mais aussi ses lignes devenues plus anguleuses. La citadine se muscle légèrement, et, avec une livrée Orange Atacama comme ici, elle parvient à produire son petit effet. Pour la petite info, la Stepway, qui n’a plus de secret pour vous avec ses quelques appendices typés 4×4, pour jouer sur la mode du SUV, dispose d’une garde au sol surélevée de 4 cm. De quoi se la jouer un peu sur un parking forestier accidenté…

L’intérieur se modernise nettement lui aussi, tout en ajoutant un aspect plus qualitatif. Ainsi, dans les finitions hautes, on bénéficie d’un écran tactile 8 pouces idéalement placé et toute la console centrale se montre ergonomique. Surtout avec la présence d’Android Auto et Apple Car Play. On retrouve en prime des petites touches alu et des commandes de clim, présentes également sur la nouvelle Clio 5, qui apportent une certaine qualité perçue très agréable en s’installant à bord ; en plus de s’avérer très pratique. Si on regrette les nombreux plastiques durs qui tombent sous les yeux, inévitables pour ce constructeur, on apprécie les rappels de couleurs de la carrosserie, le tissu original sur la planche de bord ou encore le ciel de toit clair qui apporte un peu de luminosité. En revanche, si à ce prix on peut encore largement accepter un compteur à aiguilles, le volant n’est vraiment pas joli. Ce n’est pas très grave vous me direz, mais c’est quand même dommage dans un habitacle devenu dans l’ensemble très sympathique. Mention spéciale d’ailleurs pour le support de smartphone (en option) installé aux petits oignons.

Grâce à ses dimensions quelque peu plus importantes, elle offre une habitabilité légèrement plus avantageuse que sa cousine Clio. Et c’est vrai qu’on s’y sent bien dedans, même à l’arrière, où un grand gaillard (pas trop quand même) pourra trouver de la place pour ses jambes et sa tête. Évidemment, à moins de trimballer trois très jeunes enfants, la place centrale n’est pas vraiment à considérer. Enfin côté coffre, elle perd cette fois-ci la bataille en proposant une malle de 328 litres contre 391 L pour la Clio. Elle fait moins bien qu’une Polo à 351 L, mais mieux qu’une Peugeot 208 à 309 L.

En parlant de coffre, vous ne trouverez pas de roue de secours dissimulée dans cette version ECO-G, mais un réservoir de GPL. Si cette technologie vous est inconnue, le GPL est un gaz liquéfié, qui, après quelques adaptations, permet de faire tourner un moteur essence classique. L’avantage ici est de bénéficier d’une bicarburation, le moteur fonctionnant indifféremment au Sans Plomb ou au GPL. Un simple bouton vous permet de switcher en quelques secondes. La consommation est en moyenne 20% plus élevée qu’au SP95 mais avec un prix moyen d’environ 0,85€ au litre, les économies se font vite ressentir. En termes de chiffres, nous avons relevé une consommation aux alentours des 7,5 litres aux 100 km sur notre parcours (mais qui peut facilement s’envoler à plus de 8 litres…) et 9 L/100 en GPL. Avec des réservoirs de 50 litres essence et 40 litres GPL, la Sandero s’offre une autonomie de plus de 1000 km.

Aux commandes, est-ce que le ramage se rapporte au plumage ? La réponse tend à première vue plutôt vers le oui. Premièrement, le réglage du volant et du siège permet de trouver facilement sa position de conduite idéale. Et ça, ce n’est pas toujours gagné. Ensuite, en conservant un petit côté rustique (pas si désagréable d’ailleurs) elle prouve qu’elle a tout d’une grande, en proposant un bon agrément au quotidien. Avec 100 chevaux sous le capot pour notre modèle d’essai, il ne faudra pas hésiter à tomber un petit rapport pour relancer, mais elle disposera ensuite de suffisamment de gouache pour s’insérer ou dépasser. En bonus, la boîte est franchement agréable à manipuler, bien courte et précise. On se croirait presque dans une bombinette. Évidemment, au premier virage, on se ravisera sur ses prétentions. Car tout en proposant une tenue de route tout ce qu’il y a de plus sécuritaire, elle se vautre un peu dans les courbes, calmant vite nos ardeurs. Avec ce type de voiture, il n’est en effet pas toujours simple de trouver le juste milieu entre confort et dynamisme. Mais avec un poids contenu à un peu plus de 1200 kg, elle reste suffisamment agile en toutes circonstances, tout en chouchoutant convenablement ses passagers. On apprécie au final tout ce que la nouvelle plate-forme CMF-B apporte à cette Sandero : une direction 100 % électrique plus précise, une meilleure tenue au roulis et une sécurité accrue.

Cette bicarburation ne changera pas vos habitudes, la Sandero se comporte presque de la même manière. On relèvera simplement que le passage en essence la rend un peu plus réactive à la pédale, le GPL ayant quelques millisecondes de latence, mais à l’inverse, elle sera ensuite plus énergique une fois lancée. Pour terminer, bien qu’améliorée par rapport à la précédente génération, l’insonorisation reste encore perfectible. Le trois cylindres de la Sandero Stepway raisonne trop dans l’habitacle, surtout en pleine charge, mais elle redevient assez discrète à vitesse stabilisée ; et sur voie rapide, aucun bruit de vent ou roulement parasite ne vient troubler les trajets.

Si la Sandero débute ses tarifs à 8890 € (Access 65ch), la Stepway elle, attaque à 13 090 € (directement en Essentiel). À titre de comparaison, la Clio V c’est minimum 15 900 € qu’il faudra débourser. Mon modèle d’essai quant à lui débute à 14 390 € en finition Confort (Écran 8”, Clim automatique, barres de toit modulables, …), auxquels on peut ajouter une peinture à 500 €, des jantes 16” à 200 €, le Pack City avec Caméra de recul et le Pack Confort avec accès mains libres à 400 € chacun, ou encore le Media Nav avec le support de téléphone et 6 haut-parleurs à 200 €. Le tout pour un total de 16 090 €.

Passe partout jusqu’alors, la Sandero Stepway est devenue maintenant presque désirable. Tant à l’extérieur, qu’à l’intérieur. En la vendant au même prix qu’avec le bloc essence TCe 90, Dacia fait de cette Sandero Stepway GPL un de ses principaux arguments de vente. Et si forcément avec des tarifs aussi contenus, le plaisir de conduite reste en retrait face aux références de la catégorie, elle n’en reste pas moins très agréable et confortable.

Fiche technique Dacia Sandero Stepway GPL :
Puissance : 100 ch
Couple : 170 Nm
0 à 100 km/h : 11,9 secondes
Poids à vide : 1134 kg
Longueur : 4099 mm
Largeur : 1848 mm
Hauteur : 1587 mm
Empattement : 2600 mm
Tarifs : à partir de 13 090 €

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)