Historic Racing by Peter Auto : petit Le Mans Classic

Même pas un mois, vous rendez-vous compte ? Après plus d’un an fait d’annulations et reports, nous avons suivi un second évènement automobile public en l’espace de 4 semaines. Après le circuit de Dijon-Prenois (voir notre reportage dédié), nous avions rendez-vous sur la plus mythique des pistes françaises, celle du Mans.

Bon, COVID-19 oblige, nous n’avons eu droit qu’au Bugatti et pas à la vraie piste des 24h. Le meeting répondait également au doux nom d’Historic Racing by Peter Auto en lieu et place de la folie du Mans Classic. De quoi je me plains ? Dans une vie qui se limite trop à l’essentiel, un peu de futilité, même moins fantasque que prévue, cela ne se refuse pas.

On s’est donc levés tôt, avec le sourire, on a pris la route et présenté nos pass sanitaires pour accéder au circuit. Capacité maximale pour le public : 5 000 personnes, toutes testées ou vaccinées. On ne va pas se mentir, les membres du personnel chargés de contrôler la jauge ont dû s’ennuyer ferme. Pourtant présents le samedi, nous n’avons croisé que quelques dizaines de personnes. Le domaine est grand mais je pense que moins de 1 000 spectateurs étaient présents. C’est bien dommage, à la fois pour ceux qui n’ont pas osé se déplacer et pour l’ambiance, à 1000 lieues de l’effervescence du Mans Classic.

Et pourtant, tout y était. Chose rare, toutes les séries Peter Auto étaient représentées pour Historic Racing. C’est assez inédit pour être signalé. Roulaient donc sur la piste les voitures du Groupe C, celles du Greatest Trophy et d’Endurance Racing Legends pour les plus notables, CER1 et CER2, Fifties Legends, Sixties Endurance, Heritage Touring Cup et la 2.0 Cup qui ne regroupe que des 911.

Pour tous ceux qui étaient déjà là avec nous à Dijon, vous ne serez pas surpris par le plateau. De nombreux concurrents restent fidèles à Peter Auto tout au long de la saison. Parmi les inédites notables, on peut citer une Alfa Romeo Giulia TZ2 (certes, une copie sur base de TZ1 mais une belle copie), les Jaguar XJR8 et XJR12 du Groupe C ou la Ferrari 512 BB LM.

J’en profite pour un aparté sur les voitures présentes et le petit (c) que vous avez peut être remarqué sur les listes d’engagement. Il signale les copies que Peter Auto accepte d’engager. C’est un premier pas vers la parfaite honnêteté. Il faut toutefois bien avouer qu’il est loin d’être complet. Je passe sur les continuations qui ne portent pas le (c). Après tout, ce sont d’authentiques productions de ceux qui possèdent les droits sur le modèle. Peu importe que l’on trouve cela déplacé ou non.

Mais pendant quelques semaines, une 250 GTO était sur la liste des engagés, sans aucun (c). Et là… l’authenticité aurait été totalement absente. Il s’agissait d’une réplique sur base de 250 GTE, passée sous le marteau à Londres il y a quelques années. Alors oui, le propriétaire possède bien une tout à fait authentique GTO. Mais il fait courir la copie, pas vraiment parfaite d’ailleurs, dans les différents meetings auxquels il participe. Vous me direz que ce n’est pas bien grave. Non, en effet, mais c’est dommage de ne pas aller au bout de l’idée de la transparence envers le public. Et puis, finalement, elle n’était pas là.

Ceci étant dit, les séries s’enchaînent, on regarde les voitures s’amuser en piste. On compare les styles de pilotage (aaah ces Corvette en balade), on disserte sur le caractère hautement mythique du lieu. On change de spot, on trouve un spot pas tout à fait autorisé mais on ne l’a su qu’après. Les heures passent vite et nos déambulations nous mènent à la chicane Dunlop. Cela sera notre dernier poste d’observation du jour pour la meute du Sixties Endurance et ses 60 voitures. Pour faire simple, des Cobra (dont 4 Daytona sans (c) parce que issus de la bonne usine), des Type E et pas mal d’anglaises.

C’est ici que nous subirons également un bel orage qui a rendu la piste totalement impraticable pour les pauvres Groupe C. Une interruption et un retour au stand plus tard, tout le monde a pu repartir pour sécher l’asphalte. De quoi prendre quelques jolies photos un peu plus originales, conclusion d’une non moins belle journée. Nous verrons si Historic Racing survivra au retour du Mans Classic en 2022.

Crédit photos : Régis Krol, Pierre Clémence