Alors ça, c’est un titre méga provoc’ ! Cependant la réponse n’est pas gagnée d’avance, car en fait, je l’aime bien, cette 124 Spider BVA… Explications.

Ca, c’est de la bonne titraille provoc’ à deux balles, et j’assume. Mais c’est de bonne guerre : la ligne éditoriale de ce mirifique blog, tenue avec un sourire Colgate, un brushing Jean-Louis David et néanmoins une main de fer par notre sémillant Gonzague (puisse-t’il procréer plein de mini-Lui et rehausser ainsi le sort d’une humanité en perdition !) nous interdit de poster des vidéos de chatons et de mettre des photos de nichons dans nos essais. Si, à titre personnel, je le déplore au plus haut point, cela nous permet de rester concentré sur l’essentiel : les bagnoles et le plaisir qu’elles nous procurent. Du coup, on compense avec les titres pour faire du clic, car le clic, c’est la vie.

Et pour le plaisir (© Herbert Leonard-Julien Lepers), on a une bonne cliente : la Mazda MX5.

La quête du graal

En effet, et sans qu’aucune de ces publications ne soit « sponsorisée » (la gangrène du web 2.0 – ou alors, message à la compta : j’ai pas reçu mes virements !), la MX5 est certainement, et je le dis en en prenant la responsabilité devant tous mes petits camarades, l’automobile préférée du blog. Entre ceux qui en ont acheté une et les autres, qui cherchent toutes les excuses possibles, y compris les plus faciles, pour en prendre le volant, le petit roadster japonais a bonne presse chez nous et c’est entièrement mérité.

De mon côté (c’est ma dimension « chevalier de la table ronde »), je me demande laquelle est la meilleure, car l’offre de MX5 est quand même assez plétomorphe. C’est un nouveau mot que je viens d’inventer, contraction entre polymorphe et pléthorique. En effet, cette auto se retrouve sous 3 blasons, 5 niveaux de motorisation, 2 transmissions, 2 carrosseries, et plein de finitions différentes. Et deux tailles, aussi : si la Mazda fait 3,91 m de long, la Fiat émarge à 4,05 m.

De fait, les autos ont chacune leur identité. Et j’avoue ne pas être insensible à celle de cette Fiat. Belles jantes, beau cuir, avec des parements sur le tableau de bord et les contre portes qui font plus quali que sur la Mazda. Ca me parle.

140 ch et 225 Nm, pas si mal !

Laquelle est donc la meilleure ? Pour répondre à cette question, j’en essayé trois et à chaque fois, on était proche du but, mais pas tout à fait. Premier acte : une virée en Bretagne avec une MX5 ND 1.5 : sympa, mais ça manque quand même un poil de couple. Second acte : un essai francilien d’une 2.0 RF BVA. Cool, mais la BVA, bof. Troisième tentative : une virée en Alsace avec une Abarth : extra, mais pas donné. Ouais, je sais, jamais content, le mec.

D’où ce regain d’intérêt pour cette 124 Spider. Elle présente bien, même un peu mieux qu’une MX5 standard, et son 1.4 offre à la fois un peu plus de puissance et de couple qu’une même MX5 standard, pour un prix qui n’est pas délirant. On est en effet à 28 290 € pour un Spider 124 Lusso, avec le cuir qui va bien (mais si vous pouvez vous en passer, alors la version d’entrée de gamme est à 26 290 €), tandis qu’une MX5 1.5 débute à partir de 25 900 €. On le voit : ça se tient.

C’est (pas) dans la boite !

Sur le papier, la fiche technique donne l’avantage à « l’italienne » : certes, le surcroît de puissance peut paraître négligeable (140 ch à  5000 tr/mn au lieu de 131 à 7000 tr/mn, ok, d’autant qu’une MX5 reste plus légère de quelques dizaines de kilos), mais côté couple, on ne joue pas dans la même catégorie. En effet, là où une MX5 1.5 sort un maigrichon 150 Nm (à 4800 tr/mn, en plus), la 124 Spider déballe ses 240 Nm à 2250 tr/mn. C’est donc une petite qui, dans le cadre d’une vraie vie quotidienne (et pas des tests sur une piste d’essais) joue dans la cour des grandes ; en effet, une MX5 2.0 2018 n’arrive pas non plus à rivaliser, avec ses 188 Nm à 5000 tr/mn. Et toc.

Ceci étant posé, l’équation reste incomplète : car le moteur c’est bien, mais ce qui compte pour beaucoup, c’est comment la puissance passe à la route.

Et disons-le tout de suite : la BVA de cette Fiat, c’est pas trop ça. Lente et indolente, elle donne en plus des à-coups en ville et à basse vitesse. Du coup, fin de l’histoire : on la ramène fissa au parc presse, on bredouille une excuse à deux balles et on se quitte bons amis ?

Attachante malgré tout

Non : car la Fiat 124 Spider BVA, malgré ses imperfections, n’en reste pas moins attachante. Car si la BVA n’est pas parfaite, elle colle finalement assez bien au tempérament du moteur. Celui-ci reste un peu creux à bas régimes, pour dévoiler une belle disponibilité entre 3 et 5000 tr/mn. Au besoin, on peut avoir recours aux palettes (il n’y a pas de mode « sport », contrairement à l’Abarth), qui sont relativement efficaces, mais le couple assez généreux, les sièges en cuir assez confortables et les suspensions plus souples (ressorts et barres antiroulis sont en effet adoucis) que sur la Mazda et l’Abarth rendent un cruising « effortless cool » finalement assez sympa à vivre.

Au final, j’ai été conquis par l’esprit de cette Fiat 124 Spider BVA. Dans les moments un peu funky, j’ai compensé en utilisant les palettes au volant, tout en bénéficiant des avantages intrinsèques de la MX5, à savoir la position de conduite parfaite, une direction précise, le centre de gravité au ras du sol, les fesses sur l’essieu arrière, tout cela débouchant sur une connexion avec l’auto rarement atteinte ailleurs sur le marché.

Bref, la boite est pas terrible et pourtant l’auto est sympa. Elle est certes plus bourgeoise, plus confortable, elle incite à rouler sur le couple, le coude à la portière. Un peu comme on le ferait avec une MG B, auto historique dont la MX5 se veut la réinterprétation moderne… De quoi réfléchir, en fait…

Photos : Gabriel Lecouvreur