Dans la gamme complète d’un constructeur, chaque modèle possède de nombreuses variantes, que ce soit moteur, carrosseries ou finitions. Par manque de temps, entre autre, nous avons rarement l’occasion d’en essayer plusieurs. C’est pourquoi j’ai choisi exceptionnellement d’opposer deux philosophies bien différentes de la Mercedes-Benz Classe A présentée en 2018. L’une dispose d’un sage moteur diesel quand l’autre embarque un méchant bloc essence : laquelle attirera vos faveurs ? A vous de nous lire à la fin de cet essai !

Tada

Débutons par les présentations. La Mercedes Classe A est disponible en deux types de carrosserie, compacte et berline. Notre modèle gris ici présent ajoute donc une malle à l’arrière pour faire passer le volume de coffre à 420 l (contre 370 l). Ce dernier ne semble pas très pratique pour faire entrer de gros bagages, mais aura le mérite de pouvoir charger tout de même pas mal de courses ou de sacs.

Côté style j’ai justement une préférence pour cette version berline en raison d’un dessin arrière qui parait un peu triste sur la sœurette. Mais, le pack aéro disponible sur l’A35 AMG du jour offre ce qu’il faut pour la rendre plus piquante. Un peu kéké sur les bords, faut bien le reconnaitre (mais j’aime ça), surtout en Jaune Soleil comme ici, elle se montre quand même impressionnante et fait tourner quelques têtes.  Sans aller dans cette version plus extrême, la Classe A peut offrir un mélange de classe, raffinement et sportivité si tant est qu’on n’opte pas pour la première finition. Le choix des jantes sera également décisif.

Waouh

L’habitacle très moderne des dernières productions à l’étoile atterri également dans la petite Classe A. On retrouve ainsi les deux grands écrans de 10 pouces la plongeant dans un fort univers technologique. Mon appréhension de les retrouver dans ce modèle s’est peu à peu dissipée et j’appréciais monter à bord. Avec de beaux matériaux, une assise enveloppante dans les deux exemplaires, et une qualité de finition remarquable on se sent dans un joli cocon bien feutré. Bon, on a quand même un peu de plastique peu avantageux à certains endroits, à ce niveau de prix ça fait tâche ; mais c’est à la mode en ce moment alors je ne peux pas vraiment la blâmer.

Accueillante et avec une habitabilité en hausse, elle logera aisément 4 adultes pour tous vos trajets avec un espace aux jambes ou à la tête très satisfaisant partout à l’intérieur. A la nuit tombée, petits et grands seront toujours émerveillés – le mot est peut-être un peu fort – une fois que l’éclairage de la couleur que vous souhaitez fera son apparition. Choyer et bien assis, aucun passager ne restera insensible à cette nouvelle Classe A.

Enfin, la star de la publicité télévisée, la commande vocale « Hey Mercedes », bien qu’amusante est assez gadget avec pour l’instant trop peu de réponses de la madame et quelques incompréhensions. Mais franchement elle sera très utile pour commander la ventilation ou demander une destination, en pensant à bien articuler. Et c’est déjà bien suffisant !

Vroum

Là où leur personnalité va véritablement se montrer radicalement différentes c’est bien évidemment derrière le volant. Quand l’une fera la part belle au confort, l’autre vous montrera toute sa hargne à arracher le bitume. Car oui la Classe A, aussi petite soit-elle, reste une Mercedes, et est donc très confortable. Au quotidien, notre 180d équipé du petit 1,5 d’origine Renault de 116 ch se montre vraiment agréable. La boite automatique ici à 7 vitesses est toujours aussi excellente, égrenant les rapports sans aucune secousse et avec justesse. Le tout dans un calme plutôt agréable, grâce à une bonne insonorisation, bienvenu pour un bloc diesel. Peu gourmande en carburant, moins de 6l/100 km sur ces quelques jours d’essais, et bien maniable elle se montre idéale pour qui recherche de l’onctuosité sans débauche de puissance.

Essai Mercedes Classe A 180d berline

En passant à l’AMG, même si le confort reste toujours plutôt de mise – votre dos ne vous en voudra pas de voyager en sa compagnie – il faut naturellement s’attendre à quelque chose d’un peu plus tape-cul. Et quand elle vous aura montré de quoi elle est capable, vous ne lui en voudrez pas trop. Car avec ses réglages aux petits oignons et ses 306 chevaux (400 Nm) sous le capot, elle décoiffe ! Dans les petits virolos normands j’ai été bluffé par ce qu’elle pouvait proposer. Elle enroule tellement bien qu’on aurait l’impression d’avoir 4 roues directrices, les trains avant et arrière sont soudés au sol et le roulis totalement jugulé renvoie un beau sentiment de sérénité aux commandes. Avec en plus 4 roues motrices, les pertes d’adhérence sont quasi-inexistantes et il sera difficile de la mettre en défaut.

Je repense à sa cousine Golf R et me demande si l’AMG livre plus de sensations. Je pense que oui, mais ces jouets sont toujours d’une efficacité redoutable sans pour autant être de grand vecteur d’émotions. C’est aussi ce qu’on aime, cette faculté à passer tellement fort partout sans la moindre hésitation ou même frayeur chez le conducteur. La direction d’une précision chirurgicale, presque trop parfois (façon de parler) car on cherche à l’emmener en courbe un peu trop, et la motricité plus qu’énergique sont tout autant d’ingrédients qui permettent d’envoyer furieusement. Ça freine court puis ça repart en trombe comme si rien ne pouvait l’arrêter. Puis, avec un 0 à 100 km/h abattu en 4,7 secondes et des relances tout aussi écrasantes forcément ça pousse « very hard » comme le dit si bien Marc Marquez.

Un petit regret ? On aimerait une sonorité qui ne manque pas de caractère. Alors certes en mode Sport+ elle nous sort parfois quelques vocalises très très sympas. Pop pop pop (je le fait bien hein ?) et le sourire s’allonge un peu plus sur le visage. Mais ce fameux mode Sport+ n’est pas adéquat dans de nombreuses situations et elle devient alors plus silencieuse en switchant. Un petit bouton pour ouvrir les valves sur commande ne serait pas de trop, il ne se passe rien au démarrage ou pour le ralentis par exemple. Dommage !

Heureusement que la prise en main s’est faite en premier sur le petit mazout car avec elle ce n’est plus la même histoire. Le moteur bien qu’onctueux en conduite souple est un peu poussif quand on a besoin d’aller chercher de la ressource. On remercie le couple du diesel (260 Nm) pour la rendre quand même assez dynamique mais les accélérations notamment passé 100 km/h ne sont pas sensationnelles et la puissance a un peu de mal à passer aux roues, avec un peu de patinage au démarrage. La direction est en revanche toujours aussi irréprochable, la Classe A se conduit d’une main tellement elle est précise et agile. Avec une excellente position de conduite, on arrive à la placer rigoureusement où l’on veut pour avaler les km à un bon rythme. Un bon rythme aussi sur autoroute d’ailleurs, ça reste une allemande. Car même si elle a plus l’allure d’une citadine elle a de nombreux atouts d’une grande berline. Sa polyvalence vous permettra sans soucis de l’utiliser tous les jours pour aller travailler ou pour de plus longs périples sans avoir à la subir.

Aïe

Du côté de la facture, un petit gap se créé là aussi, du simple au double. La Classe A débute à 28 399 € avec le moteur essence 109 ch et 30 699 € en 180d. Et il faudra ajouter en général 650 € pour passer en version berline. Quant à notre 35 AMG ici présente, bien que débutant à 51 149 €, elle s’établit à plus de 65 000 € après le jeu des options. En vrac, les jantes 19’’ à 1150 €, le pack aéro à 1900 € ou encore un gros pack premium (clé main-libre, sono Burmester, toit ouvrant, ….) à 3850 €. Sans oublier le malus qui vous soutirera quelques milliers d’euros supplémentaires.

Dans un monde où les autos plaisir disparaissent, avec cette Classe A on apprécie retrouver dans une gamme deux philosophies d’une même voiture. À la fois la voiture de monsieur tout le monde, confortable et polyvalente mais aussi une auto qui peut afficher à l’opposé toute sa rage pour se montrer très efficace. Alors si des défauts subsistent pour les deux modèles, avec un bon choix de moteur et une finition adaptés à ses besoins, la Mercedes Classe A est sans aucun doute une compacte premium très attachante.

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)