Né en 2011, l’Evoque avait fait sensation avec un style de coupé dans un univers encore peu fourni en SUV. Quand une recette fonctionne, il n’est pas conseillé de la changer radicalement. C’est pourquoi le nouvel Evoque fait cette année peau neuve et se modernise sans chambouler ses codes. Essai !

Extérieurement, cette nouvelle génération ne révolutionne pas son style et reste facilement identifiable. Pourtant, pas mal de petits détails changent. En optant pour plus de fluidité et rondeur il reprend les codes du très joli Velar. On remarquera surtout la diminution des arêtes vives, du jeu entre les panneaux de carrosserie ou encore l’apparition de poignées de portes affleurantes. Pour certains il perd en caractère, pour moi il gagne en raffinement. Et en optant pour une jolie configuration comme cette peinture métallisée Kaikoura Stone (935 €) et de très jolies jantes grises (miam) de 20 pouces (1680 €) il ne laisse toujours pas indifférent.

C’est au moment de grimper à bord qu’un actuel possesseur d’Evoque prendra surtout une claque, en découvrant une planche de bord très moderne et soignée. C’est vraiment mon coup de cœur de l’essai avec une couleur peu habituelle, un volant original et très agréable mais surtout un véritable effort de finition. Jusqu’aux commodos qui arborent une extrémité chromée du plus bel effet. Le sens du détail porté à cet habitacle fait vraiment toute la différence. D’autant que malgré la présence de plastique dur sur les contre-bas, il n’est pas disgracieux et se fond bien dans l’ensemble.

Côté infotainment, le design général est vraiment très beau et travaillé, mais malheureusement un certain manque de fluidité vient gâcher l’expérience. Et si tout ça est très joli, au quotidien, on s’aperçoit que l’écran central est peut-être un poil trop étroit pour profiter par exemple de la caméra de recul ou du GPS. Quelques petits défauts qui, évidemment, ne viendront pas contrarier le plaisir de monter à l’intérieur. Surtout que, malgré cet aspect de coupé et les petites surfaces vitrées, l’espace à bord est plus que convenable et accueillant. Les passagers bénéficieront en effet d’une banquette arrière bien creusée offrant une très bonne marge au-dessus de la tête alliée à une assise très agréable. La place aux jambes est suffisante pour emmener toute votre petite famille et pour une fois, même le tunnel de transmission central n’est pas trop imposant. En plus d’un honorable coffre de 591 litres, l’Evoque se veut pratique en proposant une banquette fractionnable 40/20/40.

Au volant, mon ressenti est un peu plus mitigé. La tenue de route est irréprochable avec un grip au-delà de mes espérances mais avec un caractère pas du tout typé sportif, plutôt pataud. Dommage avec une telle ligne. Surtout qu’avec tout de même 240 chevaux sous le capot on arrache le bitume facilement. Le 0 à 100 km/h est abattu en seulement 7,7 s, mieux qu’une Swift Sport, et grâce à l’énorme couple de 500 Nm les relances sont excellentes. Mais le poids démesuré, environ 1900 Kg sur la balance, est le principal facteur de ce manque de dynamisme ; tout comme la boîte 9 rapports plutôt lente quand on veut hausser le rythme. Heureusement elle est plutôt lisse en conduite coulée, j’y reviendrai juste après, et il est possible de rattraper les erreurs avec des palettes en option (211€). Enfin, dernière critique, j’ai eu du mal à communiquer avec la direction, même en mode sport. Elle est élastique et ne remonte alors pas correctement ce qu’il y a sous nos roues, privant le conducteur de feeling avec l’auto.

Sinon, au quotidien, c’est un véritable salon roulant qui invite à l’évasion. Le confort nous place dans un cocon apaisant même si la jungle urbaine fait rage à l’extérieur, on s’y sent bien et son côté pataud devient ici un avantage. La boîte se montre plus à son aise et l’excellent frein moteur permet de pas être pendu à la pédale “centrale”. En plus d’être maniable, son inédit “rétroviseur-caméra” vous laissera une visibilité optimale pour toujours plus de sérénité. Ensuite, après s’être échappé de la ville il réussira également à vous séduire sur autoroute avec une insonorisation travaillée et un amortissement léger, contribuant à de longs trajets exécutés en toute tranquillité. Puis ce n’est pas fini, contrairement à bon nombre de SUV urbains, l’Evoque profite de l’expérience en tout-terrain de Land Rover pour proposer de vraies capacités off-road. Ce n’est pas un grand franchisseur évidemment, mais tout son attirail technologique ainsi que la garde au sol (21 cm) et ses angles d’attaque/fuite (22.2°/30.6°) lui permettent de s’aventurer bien plus loin que de simples chemins et de se sortir de nombreux situations difficiles.

Le poids dont je vous parlais un peu plus haut entraîne un autre gros point noir, sa forte consommation. Malgré l’installation d’une hybridation légère, récupérant l’énergie en freinage ou décélération, ce nouvel Evoque boit pas mal de carburant. Mes quelques centaines de km d’essai en région parisienne s’achève sur une moyenne d’un peu plus de 10 litres aux 100 km. Alors s’il est possible de baisser ce chiffre dans certaines situations, les 5,9 l/100 annoncés en NEDC sont parfaitement illusoires.

A l’achat, il n’est toujours pas donné. Il faudra compter au minimum 39 750 € avec le D150 pour mettre la main sur un exemplaire (ou 46 050 € avec le P200 essence) et jusqu’à 54 950 € avec le P300. Tout ça hors option évidemment. L’exemplaire que vous avez sous les yeux, D240 en finition S, débute à 55 350 € avec de série le freinage d’urgence, des aides au tout-terrain ou la caméra de recul (entre autres…). Sinon, pensez à rajouter le toit panoramique fixe à 1482 €, le tableau de bord virtuel à 706 € ou les suspensions adaptatives à 1155 €. Total ici : 69 833 € hors malus de 4890 €.

S’il ne m’a pas totalement convaincu derrière le volant, de par son poids et sa consommation, il faut reconnaître qu’il rempli totalement son job de SUV urbain : confortable, agile et habitable. Le raffinement et le luxe en bonus.

Crédit photos : Thomas D.