En scrutant nos statistiques, vos commentaires ou encore interactions sur les réseaux sociaux au sujet de Peugeot, on remarque un intérêt grandissant pour les derniers modèles. Avec ses 300 000 exemplaires encore vendus cette année à travers le monde, la nouvelle Peugeot 208 ne déroge pas à la règle, au contraire ! Alors c’était avec impatience que nous attendions les essais internationaux prévus depuis quelques mois déjà du côté de Lisbonne.

Un style résolument moderne

Pour débuter je ne vais pas faire dans l’originalité en vous re-re-re-re-présentant le nouveau design extérieur. Mêlant histoire de la marque et touche de modernité, il faut reconnaître que sur la route cette nouvelle Peugeot 208 sait se faire remarquer, elle impressionne presque. La signature lumineuse est notamment très esthétique ; en reprenant les « crocs » vus sur la 508 et inaugurant 3 nouvelles griffes à l’avant, elle se repère de loin et intimide en l’apercevant dans le rétro. Les lignes, plus tendues que la précédente génération, lui donnent un aspect sportif sans recourir à des artifices inutiles. Si l’avant et le profil sont une totale réussite c’est à l’arrière que des doutes subsistent. Alors qu’en photo, même en triant mes propres images, je la trouve assez disproportionné, en réel ce n’est finalement pas si flagrant. Certes le pare-chocs est très imposant, les feux à LED trop petits et on s’interroge sur l’intérêt de la bande noire mais l’ensemble est plutôt cohérent. Quoi qu’il arrive, elle mérite des configurations hautes en couleur, on ne passe vraiment pas inaperçu dans la campagne portugaise. Et si les 208 blanches ou grises sont elles aussi plutôt jolies, les Bleu Vertigo ou Jaune Faro siéent à merveille à la voiture. Il ne faudra pas hésiter à se lancer au moment de passer commande.

Un habitacle résolument futuriste

En montant à bord, dans les hautes finitions, n’importe quel conducteur prendra une petite claque. La nouvelle itération du célèbre iCockpit inaugure un combiné 3D faisant ressortir les informations les plus importantes. Grâce à un double écran et une belle dose de créativité, on semble faire face à un hologramme. C’est du plus bel effet ! A cela s’ajoute les jolies touches pianos, de magnifiques assises ou encore un dessin de la planche de bord très travaillé. En cherchant bien, avec quelques ajustements aléatoires ou encore des plastiques disgracieux sur les garnitures de portes, il reste encore des efforts pour s’approcher de la perfection. Mais entre nous, la concurrence – même allemande – ne fait pas toujours mieux. Dommage cependant que l’écran tactile ou les touches de raccourcis ne soient pas toujours très fluides, et la caméra de recul reste catastrophique. Mais le design tellement travaillé et l’attention portée aux détails arrivent presque à nous faire oublier ces petits couacs.

Au sujet de la vie à bord, après avoir oublié la légère sensation de confinement du début (corrigée par un toit panoramique ou un pavillon de toit plus clair) l’espace aux jambes et à la tête semble sans reproche pour 4 adultes. Notamment à l’arrière avec une banquette plus inclinée et une assise bien creusée ; avec le tunnel entre les jambes la cinquième fait seulement office de bonus. On regrette cependant que le coffre soit dans la moyenne basse de la catégorie avec seulement 265 litres de chargement ou que les rangements à l’intérieur aient été un peu négligés.

Une conduite résolument sportive (mais pas que…)

Avec la réputation de Peugeot et les derniers cartons essayés (3008 et 508 SW en tête), le curseur de l’attente est forcément à son maximum. Pour cet article, j’ai choisi de me concentrer sur le PureTech 130 que j’ai eu le plus en main pendant ces deux jours d’essais*. Bien connu, ce bloc 3 cylindres de 130 chevaux et 230 Nm de couple promet de belles performances pour une si petite auto. Et sans surprise, côté chiffres, c’est le cas. Avec un honorable 0 à 100 km/h abattu en 8,7 secondes ou de belles reprises, cette nouvelle Peugeot 208 se montre idéale dans de nombreuses situations et surtout polyvalente. Côté sensation, c’est moins le cas. Uniquement associé à la boîte automatique EAT8, qui fait habituellement des merveilles, elle lisse ici trop les accélérations. On ne se rend vraiment compte du potentiel de cet excellent PureTech 130 qu’en jetant un œil au compteur. Pas si grave me direz-vous, et vous auriez raison, car malgré une robe GT Line cette petite puce et quand même destinée à de la ville.

Pourtant, le caractère sportif d’une Peugeot demande toujours à ressortir à un moment ou à un autre. Si elle se trouvera un peu à la peine sur des paysages montagneux elle arrivera à s’exprimer pleinement quand le tracé s’aplanit. En mode Sport, la réponse à l’accélérateur est plus vive et les rapports montent plus dans les tours, mais la direction ne se durcit pas assez à mon goût. Contrairement aux grandes sœurs je perds un peu en ressenti notamment dans du sinueux lent. Chaussée de Pilot Sport 4 elle a en revanche du grip à revendre. Dans la plupart des cas cette nouvelle mouture se veut très sécurisante avec un train arrière qui ne bronche pas, tant qu’on ne cherche pas à atteindre les limites. A partir de là elle commencera à chasser un peu de l’arrière avant de vous remettre dans le droit chemin avec une facilité déconcertante, c’est ce qui m’a bluffé dès les premiers tours de roues.  Alors qu’on est encore loin d’une GTI, on ressent donc facilement le savoir-faire de Peugeot avec un châssis très affuté.

Mais là où elle est très forte cette nouvelle Peugeot 208 c’est qu’elle saura s’assagir une fois retrouvée la jungle urbaine, sa terre de prédilection. Alors oui, telle l’Audi A1, ce comportement sportif n’est pas sans conséquence et entraine une certaine raideur des suspensions. Pourtant on s’y sent bien et le handicap que je citais plus haut, l’EAT8, devient ici une alliée. Douce et invisible elle permet de se concentrer uniquement sur ce qui nous entoure. Puis, avec sa direction souple et son excellente maniabilité pour se faufiler mais aussi pour manœuvrer, elle donne envie d’en profiter. Enfin, bien que perfectible dans certaines situations, l’insonorisation est plutôt bien travaillée pour des voyages plus sereins.

Le gros plus aujourd’hui, c’est que même ces petites citadines vous permettent de rouler partout où vous le souhaitez sans craindre de prendre l’autoroute. Telle une grande berline on ne sent pas la vitesse, n’oubliez pas de surveiller votre compteur, et le confort permet de voir défiler les kilomètres sans trop s’en soucier. Ici, quelques bruits de vent apparaissent si on tend l’oreille, l’excellente sono (non estampillée) sera idéale pour oublier ce désagrément et voyager en toute sécurité. D’autant plus qu’avec tout l’attirail technologique qu’elle peut embarquer, oui, vous serez en sécurité. En vrac, alerte d’attention conducteur, reconnaissance des panneaux, alerte de franchissement ou maintien de ligne, régulateur : elle a tout d’une grande !

Un modèle résolument portée sur l’avenir

Dès l’annonce de cette nouvelle 208 c’est probablement sa version électrique qui aura suscité le plus d’attente et d’interrogation. Que ce soit des lecteurs, potentiels acheteurs ou journalistes/blogueurs. Autant vous dire que nous étions également très pressés d’enfin en prendre les commandes. Les modèles devant nous étant encore des préséries et la logistique plus compliquée à gérer, le parcours n’était alors pas idéal. C’est pourquoi cet article se contentera de vous donner les premières impressions à son volant et il faudra patienter encore quelques semaines avant de retrouver un article plus complet. JB, est-ce que tu m’entends ?

Si au premier coup d’œil il ne sera pas aisé de différencier cette version, quelques détails pourront vous mettre sur la piste. Évidemment le logo e-208 sur la malle, mais aussi le petit « e » sur le montant C et surtout la calandre couleur carrosserie ou l’absence de pot d’échappement seront tout autant d’indices qui pourront vous mettre la puce à l’oreille. Mais ce n’est pas tout. Si devant vous au feu rouge ou sur une côte abrupte une 208 vous distance en quelques secondes, ce sera à coup-sûr une e-208. Car oui, le punch de l’électrique est toujours d’actualité et permet à cette nouvelle auto d’être très dynamique. Grâce à cette nouvelle plateforme modulable, la batterie de 50 kWh (garantie 8 ans ou 160 000 km) est disposée sous le plancher et permet d’abaisser le centre de gravité. Par conséquent, l’agilité est encore améliorée ; dans les virolos de l’arrière-pays lisboète on vire à plat, on se sent comme sur des rails, de quoi la rendre toujours plus fun. Et malgré un petit temps de latence à la pédale, même en mode sport, une fois que c’est parti c’est assez impressionnant, surtout en relance, instantanées évidemment. Avec ses 100 kW (136 ch) de puissance et 260 Nm de couple, elle claque le 0 à 100 en 8,1 secondes et accélère sans peine jusqu’à sa vitesse de croisière autoroutière.

On remarque rapidement qu’elle sera idéale en ville car, outre son agilité donc, son silence de fonctionnement et le confort général nous mettent vraiment à l’aise. A plus haute vitesse, quelques bruits de vent viennent gâcher notre silence mais sont vite masqués en lançant un peu de musique. En oubliant le tarif ou votre utilisation précise, cette e-208 propose la cinématique idéale pour cette voiture. Elle se conduit en plus absolument comme une voiture lambda, automatique évidemment. De quoi, je pense, séduire une clientèle toujours plus variée.

Pour terminer sur quelques chiffres, selon Peugeot, 80% des clients réalisent seulement 50 km par jour. L’autonomie annoncée de 340 km, bien qu’utopique malgré le WLTP, devrait dans la vie réelle vous accorder la possibilité de laisser s’écouler une semaine sans passer par la case recharge. Recharge qui, selon votre installation préférée se fera entre 30 minute (80 % sur borne 100 kW) et 16h (complète sur prise publique), comptez 5h sur une Wallbox en triphasé.

En plus de prendre un peu d’embonpoint (4m06 contre 3m96), la nouvelle Peugeot 208 augmente surtout ses tarifs. Alors que l’entrée de gamme en PureTech 75 finition Like débute à 15 500 €, la PureTech 130 EAT8 grimpe à 26 300 € en GT Line, hors option. Évidemment, l’e-208 fait grimper encore plus la facture entre 32 100 et 37 150 € selon la finition choisie. Mais le bonus de 6000 € et les diverses aides régionales peuvent alléger la facture. Sans oublier les économies de carburant à bien calculer selon votre ménage. Côté option on recommandera surtout les feux à LED sur finition Allure (1200 €), une jolie teinte à 750 € (hors Jaune Faro de série), le toit panoramique à 550 € ou le pack cuir à 1600 €.

Et si je ne cherche plus à faire de « test conso » lors d’opération internationale comme celle-ci, voici tout de même quelques informations importantes. En cycle mixte, les essence PureTech 100 et 130 sont annoncés en NEDC à 4,3 et 4,5 et le diesel BlueHDI 100 à 3,2 l/100. Comme vous le savez désormais, vous pouvez ajouter un minimum de 2 l/100 en condition réelles. Lors de l’essai, les consos ne s’envolaient pas outre mesure même en haussant le rythme.

Si quelques défauts viennent entacher l’enthousiasme qui entoure cette nouvelle Peugeot 208, son style audacieux et son agrément de conduite viennent distribuer quelques très bon points. Bien dans son temps et agréable en main, elle prouve être une candidate sérieuse dans ce segment B très concurrentiel. Pourra-t-elle détrôner la rivale Renault Clio ? Seul l’avenir nous le dira, mais les arguments pour y parvenir sont bien présents.

*J’ai eu l’occasion de conduire d’autres motorisations (BlueHDI 100 et PureTech 100, tous deux en boîte manuelle), si vous avez des questions sur ces configurations n’hésitez surtout pas à utiliser les commentaires juste en dessous. Spoil : Malgré de plus faibles puissances, avec la boîte manuelle c’est franchement pas mal !

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)