Essai Skoda Fabia 1.0 TSI 110 : délicieusement pertinente

La Skoda Fabia est un pur produit du groupe Volkswagen. Depuis 1999 et l’apparition de la première génération, la citadine tchèque repose en effet sur une plateforme partagée avec la Volkswagen Polo ainsi que la Seat Ibiza. 22 ans après, le succès continue avec la présentation en mai 2021 de la nouvelle Fabia. Cette dernière aura fort à faire : à la fois montrer ses différences avec ses cousines du groupe mais surtout aller chatouiller les ténors de la catégorie tout en justifiant un prix plutôt élevé. Ses arguments sont-ils suffisants pour convaincre ? Essai !

Reposant sur la même plateforme MQB A0 que les Audi A1, Seat Ibiza & Arona, Skoda Kamiq & Scala, Volkswagen Polo, T-Cross & Taigo, la Fabia reprend logiquement le même éventail de motorisations. On retrouve ainsi uniquement des blocs essences non-hybridés (même pas de micro-hybridation) 3 et 4 cylindres.

En entrée de gamme, le 3 cylindres 1.0 L MPI est disponible en 65 et 80 ch, associé à une BVM5. Le milieu de gamme est composé du 3 cylindres 1.0 L TSI de 95 ch en BVM5 ou 110 ch en DSG7 (notre modèle d’essai). Enfin, on retrouve au sommet le 4 cylindres 1.5 L TSI 150 ch associé à la DSG7 (déjà éprouvé sur le Karoq et le Kamiq à travers nos pages). La Fabia marque ici une première grosse différence avec sa cousine Polo qui culmine quant à elle (pour le moment) à 110 ch hors GTI. 

La Fabia marque aussi ses différences en termes de dimensions en proposant par rapport à l’allemande 2.5 cm de plus en longueur, 3 en largeur et 2.5 en hauteur. Si l’habitabilité y gagne grandement (nous aborderons ce chapitre par la suite), le volume de chargement est sans aucun doute LE grand gagnant dans l’opération avec pas moins de 380 litres disponibles contre 330 pour la cousine germanique. 

Attaquons dès à présent le volet tarifs pour ne pas laisser durer le suspense trop longtemps. Oui, la Fabia fait payer cher (voire très cher) ses prestations. Si l’entrée de gamme s’affiche à partir de 17 070 €, la Fabia peut également afficher un tarif catalogue frôlant à quelques euros près les 32 000 €. Il faut dire qu’entre une Fabia Active avec le 1.0 L MPI de 65 ch et une Monte Carlo full options équipée du 1.5 L TSI 150 ch, on change carrément de dimension. 4 niveaux de finition sont ainsi proposés :

  • Active : 1.0 L MPI 65 / 1.0 L MPI 80
  • Ambition : 1.0 L MPI 65 / 1.0 L MPI 80 / 1.0 L TSI 95 / 1.0 L TSI 110 DSG7
  • Style : 1.0 L TSI 95 / 1.0 L TSI 110 DSG7 / 1.5 L TSI 150 DSG7
  • Monte Carlo : 1.0 L TSI 95 / 1.0 L TSI 110 DSG7 / 1.5 L TSI 150 DSG7

Notre modèle d’essai est une Fabia 1.0 L TSI 110 DSG7 en finition Style, configuration à laquelle s’ajoutent quelques options supplémentaires. Prix catalogue affiché : 26 805 € (lien vers notre configuration ici).

Design : classicisme haut en couleurs

Si la Fabia évolue largement côté prestations & tarifs, son style reste quant à lui très consensuel, bien plus que celui d’une Clio 5, c’est dire. La face avant est tout ce qu’il y a de plus typique d’une Skoda avec une calandre qui gagne en importance et reprend le style massif inauguré sur l’Enyaq. Les optiques s’adoucissent tandis que les projecteurs anti-brouillard et l’ensemble de la partie inférieure du bouclier affichent des lignes bien plus marquées. Pas de fioriture sur le profil, la Fabia ressemble à n’importe quelle citadine du segment, difficile compte tenu de la taille de se démarquer ailleurs que sur le dessin des optiques. Les jantes de 16 pouces de série sur cette finition Style sont plutôt élégantes et les inserts décoratifs en plastique foncé se marient bien avec la superbe teinte Orange Phoenix (une véritable réussite, surtout sous le soleil).

À l’arrière, la Fabia démontre une certaine maturité dans le design de la marque. Les feux arrières deviennent horizontaux et rappellent ceux de la Scala. Le logo Skoda disparait au profit d’un lettrage chromé inspirant un petit côté premium. Enfin, on remarque une arrête saillante sur le hayon au niveau de la démarcation lunette/malle. La lunette arrière est d’ailleurs bien entourée entre le becquet et les ajouts latéraux en plastiques.

À l’intérieur : tout d’une beaucoup plus grande !

Sur le plan de l’habitabilité, la nouvelle Fabia frappe un grand coup et met une claque au reste du segment. L’empattement rallongé et la ligne parfaitement horizontale du pavillon autorisent à 4 adultes (d’1m85) de prendre confortablement place à bord, et pas seulement pour des petits trajets. Le conducteur peut régler sa position de conduite particulièrement bas, en bref, la Fabia n’a pas peur des grands gabarits bien au contraire. Premier très bon point pour la citadine tchèque qui disons le, grâce également à ses 380 litres de coffre, répond aux attentes de bien des petites familles en termes d’espace à bord. Il faut dire que la Skoda Fabia est incontestablement en tête du classement des citadines les plus volumineuses. Pour ne rien gâcher, l’impression d’espace à bord est largement renforcée par le surplus de luminosité obtenu grâce à l’option toit panoramique de notre modèle d’essai. Seul point noir après un passage de 4 jours dans le Sud de la France par une météo caniculaire : l’absence de store occultant. Je ne vous raconte pas l’étuve après quelques heures en plein soleil…

Allons jeter un oeil aux “couleurs et matières”, autrement dit plus vulgairement : la qualité de finition. Je dois admettre que la Fabia de quatrième génération est un peu en deçà de mes attentes sur ce plan, surtout compte tenu du tarif élevé. La présentation générale est tout ce qu’il y a de plus sobre malgré quelques petites touches chromées ça et là. La partie supérieure de la planche de bord, c’est à dire les zones où le conducteur et le passager ont une vue directe, est de très belle facture. On y retrouve des plastiques moussés ainsi qu’une applique en tissu parcourant horizontalement l’habitacle. Très peu de zones se voient recouvertes du fameux “piano-black”, seulement les parties extérieures de la casquette du tableau de bord, hors de portée et donc à l’abri des traces de doigts, sauvé ! Lorsque l’on baisse un peu le regard en revanche, on retrouve beaucoup de plastiques durs, pas forcément très flateurs bien que les ajustements ne souffrent d’aucune critique (absolument aucun bruit de mobilier quelles que soient les conditions de roulage tout au long de notre essai). Les contreportes affichent une légéère zone recouverte de tissu au niveau des accoudoirs mais ces derniers marquent facilement, ils devraient s’user (voire se trouer) rapidement. Le design global est fluide, épuré et ne sacrifie en aucun cas l’ergonomie, un sujet qui m’est cher et qui comme d’habitude chez Skoda, me satisfait pleinement.

On bascule d’ailleurs peu à peu vers le chapitre technologies & connectivité. Là encore, l’ergonomie prime avant tout. Les menus du système de divertissement (accessible via l’écran 8 pouces du système multimédia, disponible dès la finition “Ambition”) sont clairs, la navigation etre les menus totalement fluide et le nombre de clics réduit au maximum pour accéder à l’ensemble des fonctionnalités. Toutes les aides à la conduite que l’on peut attendre sur une voiture en 2022 sont présentes : régulateur adaptatif, freinage automatique d’urgence, avertisseur d’angle-morts, assistant de trajectoire, le tout controlé directement via un menu unique accessible en un clic depuis le menu principal de l’écran multimédia central, pratique et intuitif.

En revanche, contrairement à la Polo, la Fabia fait l’impasse sur la conduite semi-autonome de niveau 2, sans doute dû à une stratégie de groupe. Bien évidemment, la Fabia est compatible Apple Car Play / Androïd Auto et ce dès l’entrée de gamme sans supplément, il vous faudra en revanche veiller à vous munir de votre câble de recharge smartphone USB-C pour assurer la connexion (bien que notre modèle d’essai propose la recharge à induction, qui aurait donc pu être accouplée à CarPlay sans fil). À plus de 26 000 €, ma Fabia est à ce propos dépourvue de l’option Navigation. Personnellement cela ne me pose aucun problème vu que je suis un adepte convaincu d’Apple Plans, Waze et Coyote. Un peu pingre en revanche de faire figurer la navigation comme une option à ce niveau de prix et de finition. Enfin, cerise sur le gâteau, la finition Style embarque le Digital Cockpit configurable à l’envie avec pas moins de 5 modes d’affichages différents.

Sur la route : petite mais routière

Balayez vos préjugés. Je le crie haut et fort depuis quelques temps déjà, les citadines d’aujourd’hui (surtout à ce niveau de prix, d’équipement et de motorisation) n’ont rien à envier aux compactes en termes de prestations routières, bien que l’agrément soit un poil en retrait. Les citadines n’ont d’ailleurs de cesse de grandir. +13 cm en longueur pour la Fabia en un peu plus de 20 ans mais surtout, +14 cm en largeur !! Ces changements bénéficient forcément à la taille des trains roulants et des pneumatiques démultipliant ainsi les atouts d’une routière au long-court. Sur ce plan là, la Fabia n’a en effet pas du tout à rougir puisqu’après près de 1200 kilomètres d’autoroute à son bord, le confort ressenti tout comme les chiffres affichés sont tout à fait éloquents :

  • Yvelines -> Montélimar : 601 km – 115 km/h de vitesse moyenne – 5.4 L / 100 km
  • Montélimar -> Yvelines : 604 km – 114 km/h de vitesse moyenne – 5.4 L / 100 km

Le petit 3 cylindres de 110 ch remplissait parfaitement son rôle avec des relances largement suffisantes pour s’échapper du péage ou s’insérer sur l’autoroute après une pause à une station service. Lors de ces phases d’accélération cruciales, la boite automatique à double embrayage à 7 rapports démontre tout son potentiel avec des changements de rapports éclairs (en tout automatique) et surtout on ne peut plus discrets. Toujours sur les mêmes rubans interminables de l’autoroute A6, la Fabia se comportait admirablement avec une tenue de cap satisfaisante et une sensibilité au vent latéral mesurée tout en proposant aux occupants un niveau d’insonorisation digne du segment supérieur et un confort d’amortissement très finement dosé, un mélange idéal entre fermeté et souplesse. La cerise sur le gâteau ? Une consommation moyenne de 5.4 L / 100 km en flirtant en permanence avec les limitations de vitesse.

Le tableau est un tout petit peu moins reluisant en ville et sur le réseau secondaire. La seule et unique raison de ce constat plus réservé ? La boite de vitesses… Si elle démontre tout son potentiel une fois la Fabia lancée, lors des reprises de gaz à un stop ou bien lors des manoeuvres, c’est une autre histoire. Difficile de doser la pression sur la pédale d’accélérateur pour rester doux en toutes circonstances, certainement en raison d’un turbo qui semble souffler fort mais un peu tard (au dessus de 2000 tr/min) et de la typologie même du moteur et de son acyclisme, forcément c’est un 3 cylindres. Le problème, c’est que les changements de régimes en ville et sur le réseau secondaire sont permanents, dommage que Skoda n’ait pas pu effectuer un meilleur réglage sur ce chapitre, encore plus lorsqu’il s’agit d’une citadine. Ne vous y méprenez pas, la Fabia reste tout de même un outil admirablement construit quel que soit le profil de route, mais la moindre erreur se paye cher sur ce créneau concurrentiel et il est utile de mentionner chacune d’entre elles.

Le point sur la concurrence

Parlons-en de la concurrence justement, mais surtout parlons chiffres ! Sur le premier trimestre 2022, la Skoda Fabia de quatrième génération s’est écoulée à 19 958 exemplaires sur le vieux continent (source @carindustryanalysis sur Instragram) trustant ainsi la 41ème place du classement des voitures les plus vendues en Europe. La Peugeot 208 reste ainsi le maitre incontesté avec 51 890 exemplaires (1re position au même classement). La Citroën C3 (39 320 exemplaires) s’offre quant à elle le luxe de devancer d’une courte tête la plus récente Renault Clio (38 076 exemplaires) suivie de près par la Toyota Yaris (36 780 exemplaires). On retrouve plus loin derrière la cousine allemande Volkswagen Polo avec “seulement” 26 461 unités. Il faut dire que cette dernière fait payer cher ses nombreux atouts.

Si la Skoda Fabia ne semble manquer d’aucun atout au premier abord, les offres Diesel comme Hybride restent aux abonnés absents, un pari plutôt osé en 2022 (surtout pour les version hybrides, voire micro-hybridées) bien que l’avantage économique / écologique d’une version hybride soit parfois totalement anecdotique voire inexistant avec un prix à l’achat souvent plus conséquent. En outre, la Fabia se situe dans la fourchette haute du marché en termes de tarifs, bien qu’elle soit sans aucun doute la citadine la plus habitable qu’il m’ait été permis d’essayer. Mais alors que l’une des raisons principales d’achat d’une voiture demeure encore et toujours le design, la citadine tchèque se contente d’une grande sobriété sur ce plan malgré une palette de coloris flashy fournie, une raison supplémentaire pour certains acheteurs de se désintéresser de la proposition de Skoda. La Fabia n’a ainsi plus qu’à compter sur sa grande homogénéité pour séduire. Rien ne dépasse, sauf peut-être le prix. Tentez ainsi de négocier une petite (pourquoi petite ?) ristourne auprès de votre concessionnaire pour achever de vous convaincre.

Quelques chiffres

Dimensions : 4108x1780x1459
Poids à vide : 1112 kg
Volume coffre :  380 L
Volume réservoir :  45 L 
Consommation mixte annoncée (WLTP) :   5.6 L/100 kms 
Rejet CO2 moyen annoncé (WLTP) : à partir de 127 gCO2 / km 
Moteur : 3 cylindres essence 999 cc
Puissance max combinée : 110 ch à 5500 tr/min
Couple max : 200 Nm de 2000 à 3000 tr/min
Vitesse max : 205 km/h
0 à 100 km/h : 9.9sec

Crédits Photos : Maurice Cernay

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