Il est le petit fils de Ferdinand Porsche. Il fait partie de la via automobile allemande et mondiale depuis plus de quatre décennies. Il dirige Volkswagen Group depuis 20 ans (Directeur général jusqu’en 2002 et Président du conseil de surveillance depuis) et vient d’annoncer que ce n’est pas demain qu’il va s’arrêter car bien qu’âgé de 75 ans, il vient de faire savoir qu’il ne comptait pas se retirer des affaires et il compte toujours peser sur les décisions du puissant groupe allemand.

Aussi vient-il d’être reconduit à son poste de Président du Conseil de Surveillance au moins jusqu’à la fin 2016. Il dit d’ailleurs qu’il se voit encore aux affaires entre 5 et 7 ans… jusqu’à la Golf 8 ! C’est à dire qu’il compte céder sa place en 2017, 2018 ou 2019. Ce n’est donc pas pour demain. Il faut aussi reconnaitre, quand on a une juste idée du personnage, que cette très longue prolongation est presque normale car elle permettra à Ferdinand Piëch de mener à bien le plan qu’il a mis en place et qui doit mener fin 2018, Volkswagen à la place de n°1 mondial du secteur automobile.
Dans la discussion, le Dr Piëch dit aussi qu’il reste en place car au sein du groupe wolfsbourgeois il y a encore une place pour une marque et qu’il veut être là pour participer à l’intégration de cette marque au sein de l’entreprise. On aura tous compris qu’il parle probablement de la firme milanaise au biscione, Alfa Romeo… à moins que ce ne soit de la possible marque low cost du groupe VW dont il a rien dit dans l’interview. L’homme est opiniatre, entêté et persévérant et avec la complicité de Martin Wintekorn, on peut compter sur lui pour mener à bien cette affaire. Il est un grand amateur de motos, il voulait Ducati, il l’a eu ! (NDLA : des personnels du groupe VW étaient encore en Italie il y a très peu de temps et ce n’était pas pour faire du tourisme !)

Au fil de l’entretien, l’ingénieur Piëch refait surface et il aborde le sujet des voitures de l’avenir. Il s’exprime clairement sur le sujet des automobiles électriques et il explique que pour plusieurs raisons (que nous connaissons tous), il n’y a pas de grand avenir pour les autos  100% électrique. Au mieux les voit-il se développer un petit peu dans les zones urbaines mais il maintient qu’elles ne dépasseront jamais quelques % du marché tant en Europe que dans le reste du monde. Il est par contre plus optimiste quand il parle des hybrides, des hybrides Plug-in et des autos électriques avec Range Extender. Il est beaucoup élogieux et impliqué dans ces technologies auxquelles il croit dans dans lesquelles le groupe VW semble engagé à court et moyen termes. Sans donner de détails, le puissant patron laisse entendre que dans la décennie à venir elles prendront une importance non négligeables sur le marché aux cotés des autos équipées de moteurs thermiques de nouvelle génération.

En fin d’entretien, Ferdinand Piëch qui n’est pas coutumier du fait, se laisse aller à une quasi confidence qui prend la forme de l’aveu d’une erreur et d’un vrai regret. Si il dit ne pas regretter certains départs de l’entreprise, il concède une erreur du temps de sa  période en temps que DG de Volkswagen, le départ de Peter Schreyer qui à l’époque était le patron du design d’Audi et le père du TT Mk1 (le plus séduisant !). Ferdinand Piëch de concéder : « Quoique cela aurait pu nous coûter, nous n’aurions jamais du le laisser partir ! ». Peter Schreyer est depuis 6 ans le patron du style de Kia.
 Un rare aveu d’échec de cet homme à la forte personnalité et à l’égo surdimensionné qui est et restera l’homme de l’essor du groupe Volkswagen et un des noms importants de l’histoire de l’automobile de par sa filiation mais aussi par son travail et ce qu’on apprécie ou non le groupe allemand, qu’on soit ou non d’accord avec les objectifs du groupe ou de sa position vis à vis notamment de Fiat (NDLA : le constructeur turinois a eu son grand patron, il s’appellait Gianni Agnelli).

Une chose est sure, en prenant de l’âge, Ferdinand Piëch apparait un peu plus humain mais toujours passionné et obstiné !

Via Automotive News.